‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 73 sur 171 · BAINS MÉTALLIQUES. S · texte numérisé non relu

BAINS MÉTALLIQUES. S

sous-carbonate de potasse ; on se sert alors du dosage suivant : chlorure d’or, i partie; cvano-ferrure, 6 parties; carbonate de potasse, 4 parties; sel marin, 6 parties; eau, io parties.

Ces mélanges sont soumis pendant quelque temps à l’ébullition , dans une capsule de porcelaine, et on décante pour l’usage la liqueur claire et de couleur jaune qui surnage.

N° 6. Bain d’or de M. Levol.

Pour dorer l’argent, M. Levol se sert de la dissolution suivante :

On fait dissoudre du chlorure d’or neutre , en y ajoutant une solution aqueuse de sulfo-cyanure de potassium, jusqu’à disparition du précipité qui s’était d’abord formé. La liqueur, ainsi éclaircie , doit conserver une réaction légèrement acide ; si elle l’avait complètement perdue, on la lui rendrait en ajoutant quelques gouttes d’acide chlorhydrique.

N° 7. Chlorure d’or de M. Fizeau.

M. Lerebours a employé avec succès, pour la dorure au moyen de la pile, la liqueur inventée par M. Fizeau, pour la fixation des images daguerriennes ( voir la composition de cette liqueur, dans le Traité de Daguerr éotypie , liv. II, chap. à).

N° 8. Autre.

Faites dissoudre î gramme (i 8 grains) de chlorure d’or sec dans 160 grammes (5 onces i gros) d’eau distillée; ajoutez-y peu à/peu une solution de carbonate de potasse dans l’eau distillée, jusqu’à ce que le chlorure d’or commence à se troubler. On peut employer immédiatement cette liqueur.

N° 9. Formule de M. de Briant.

Dissolvez 34 grammes (i once î gros) d’or dans l’eau régale, et transformez-les, par évaporation, en chlorure neutre d’or. Ce chlorure est ensuite dissous dans 4 kilogrammes (8 livres) d’eau chaude , à laquelle on ajoute 200 grammes (6 onces 4 gros 21 grains) de magnésie du commerce tamisée avec soin : l’or se précipitera uni à la magnésie. Ce précipité est séparé du liquide par filtration ou décantation, et bien lavé à l’eau pure. On le fait ensuite digérer dans 4° parties d’eau auxquelles on ajoute 3 parties d’acide nitrique pour enlever la magnésie. On lave alors l’oxyde d’or jusqu’à ce que l’eau 11e réagisse plus sur le papier de tournesol.

On dissout ensuite 4oo gram. ( 1 3 onc. 4 3 grains) de cyano-fer-

APPENDICE

rure de potassium et ioo gram. (3 onces 2 gros 11 grains) de potasse caustique dans 4 litres d’eau; on y ajoute l’oxyde d’or, et on fait bouillir environ 20 minutes : l’oxyde d’or se dissout, il se précipite un peu d’oxyde de fer que l’on sépare par filtration, et la liqueur, d’un beau jaune d’or, est prête à servir.

On peut opérer à chaud ou à froid.

§ III, bains d’argent.

Presque tous les bains d’argent sont préparés avec le cyanure blanc de potassium , et comme cette substance est d’un prix assez élevé, et qu’on n’est pas toujours à même de se la procurer, nous indiquerons d’abord , d’après M. Walker, le moyen de convertir le cyanure jaune en cyanure blanc.

Préparation du cyanure de potassium. (Méthode de Liebig. )

Pulvérisez dans un mortier 100 grammes (3 onces 2 gros 11 grains) de cyano-ferrure jaune de potassium. Séchez et pulvérisez de même 2 5 grammes [6 gros 38 grains) de carbo nate de potasse que vous mêlerez exactement avec le cyanure. Placez un creuset sur le feu, et lorsqu’il sera rouge, projetez-y le mélange. En maintenant la température, la poudre se fondra et deviendra incandescente; plongez-y alors de temps en temps une baguette de verre préalablement chauffée , la matière qui adhérera à cette tige, d’abord brune, puis jaune, deviendra enfin incolore et transparente. L’opération est alors terminée; on retire le creuset , et apres avoir laissé reposer la matière quelques instants, on la verse dans un autre vase.

Préparation des oxydes d'argent.

Le nitrate et le chlorure d’argent sont à peu près les seuls sels de ce métal que l’on ait employés jusqu’ici pour argenter; leur préparation est facile, et nos lecteurs nous sauront gré de la leur avoir fait connaître.

Nitrate d'argent.

Versez dans un vase contenant des fragments d’argent, parties égales d’eau et d’acide nitrique concentré, le métal sera bientôt dissous. A moins, que l’on n’ait employé de l’argent très-pur, la dissolution prendra une teinte verdâtre qui annonce la présence d’un alliage de cuivre. Plongez alors des morceaux de cuivre dans la solution , l’acide nitrique se combinera avec ce métal , et l’argent pur se précipitera sur le cui-

BAINS METALLIQUES. 211

vre en poudre grisâtre (1). Décantez le liquide et lavez à plusieurs reprises le précipité d’argent dans l’acide sulfurique étendu ; faites ensuite dissoudre de nouveau dans un mélange d’eau et d’acide nitrique, puis faites évaporer une partie du liquide dans une soucoupe chauffée par une lampe à esprit-de-vin , il se formera bientôt des cristaux de nitrate d’argent. Prenez alors de l’eau de chaux, que l’on obtient en agitant de la chaux dans de l’eau , et eu filtrant la dissolution ; jetez dans cette eau de chaux les cristaux de nitrate d’argent, qui prendront une teinte brune et se précipiteront sous la forme d’une poudre de même couleur; décantez le liquide et lavez le précipité. Pour s’assurer que tout l’argent a été retiré de la dissolution, on ajoute de nouvelle eau de chaux, et s’il se forme de nouveau un précipité brun, on décante une seconde fois.

L’oxyde d’argent, ainsi obtenu, doit être conservé dans un flacon plein d’eau.

Chlorure d'urgent.

Dissolvez de l’argent pur dans de l’acide nitrique ordinaire que vous faites chauffer dans un vase de porcelaine; dans cette dissolution versez, goutte à goutte , une solution de sel marin , jusqu’à ce que tout l’argent se soit précipité sous la forme de flocons blancs réunis au fond du vase. Ce précipité, qui est le chlorure d’argent, est lavé avec soin à l’eau pure, et on le sépare des eaux de lavage par filtration ou décantation. Il faut éviter de préparer le chlorure d’argent trop longtemps à l’avance.

N° i. Bain d' argent de M. Walker.

Faites dissoudre 60 grammes (2 onces) de cyanure blanc de potassium, obtenu par la méthode de Liebig indiquée précédemment, dans un litre d’eau distillée, agitez le liquide jusqu’à dissolution complète et laissez-le reposer. Ajoutez ensuite 7 grammes (2 gros) d’oxyde d’argent (nitrate d’argent) qui se dissoudra aussitôt, et peu à près le liquide deviendra clair et transparent.

N° 2 . Formule de M. Rockline.

Préparez du nitrate neutre d’argent en faisant dissoudre | l’oxyde de ce métal dans une solution d’acide citrique, évapo- }' rez jusqu’à siccité et mettez le sel formé dans un tube de porcelaine chauffé à 212 degrés Fahr. Faites passer dans le tube,

(1) Nous avons indiqué plus haut, Chapitre III, § III, les moyens d'obtenir l’argent à l'état de pureté.

212 APPENDICE

pendant quelques minutes, un courant d’hydrogène sec. Lorsque l’appareil est refroidi, retirez le sel que vous ferez dissoudre dans l’eau distillée froide.

M. Rockline assure avoir obtenu avec ce sel un dépôt d’argent bien supérieur à celui que donnent les autres sels du même métal.

N° 3. Formule du Docteur Frankenstein.

Une partie de chlorure d’argent; 5 parties de cyanure de potassium dissous dans l’eau; 5 parties de carbonate de potasse; 2 parties d’eau salée ; 5 parties d’ammoniaque et 5 parties d’eau.

Ce mélange est soumis à la chaleur pendant 3o à 4^ minutes. Pour opérer la dissolution des sels, on remplace l’eau à mesure de son évaporation. Enfin, on laisse refroidir la liqueur, et lorsqu’elle est devenue claire, on la décante pour la séparer de son dépôt, et on la conserve pour l’usage dans un flacon bien bouché.

Nous devons prévenir que cette liqueur, qui constitue une espèce d’ammoniure d’argent, doit être employée avec les plus grandes précautions ( voir M. Smee, N° 176).

N° 4- Bain de cyanure d’argent.

On dissout dans 100 grammes ( 3 onces 2 gros ri grains) d’eau distillée 10 grammes (3 gros) de cyanure blanc de potassium; on y ajoute ensuite par petites portions un gramme (18 grains) de cyanure d’argent dissous dans une quantité suffisante d’eau distillée.

Ces proportions sont celles indiquées par M. de Ruolz, mais on remarquera que le cyano-ferrure de potassium est remplacé par le cyanure blanc. Ce dernier bain est le plus généralement employé.

Page 1