‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 93 sur 171 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

PRÉCIPITATION GALVANIQUE DE QUELQUES ALLIAGES ET DES MÉTAUX, PAR M. H. DE RüOLZ.

Bronze. Le rapport fait à l’Académie, sur mes recherches, au nom de la Commission des prix Monthyon, par son illustre président M. Dumas [voyez page 25 1 ), contenait, à l’occasion de la possibilité de précipiter galvaniquement, nonseulement des métaux simples, mais encore des alliages, la I phrase suivante : « C’est un point de vue dont M. de Ruolz ne s’est pas occupé , mais que nous recommandons à son zèle et à i sa pénétration. »

En me laissant un souvenir de respectueuse reconnaissance, cette phrase m’a paru l’expression d’un ordre à exécuter , l’in- | dication d’un devoir à remplir.

Déjà les ingénieuses applications de l’électro-chimie à la métallurgie, faites par M. Becquerel, rendaient le succès probable. En persistant dans mes recherches, j’ai cru devoir m'attacher principalement à l’alliage le plus important peutj! être par ses nombreuses applications aux arts, celui dont des siècles d’expérience ont garanti les avantages sous le double rapport de la durée et de l’effet artistique, l’alliage des bou-

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ches à feu, le bronze. Il résulte de mes recherches que pour obtenir galvaniquement la précipitation simultanée de deux métaux, il faut remplir les conditions suivantes :

i° Que les deux dissolutions métalliques qu’il faut mélanger, ne soient pas susceptibles de se décomposer réciproquement , en donnant lieu à un composé insoluble quelconque.

2° Que, dans les proportions à adopter, il ne faut pas avoir égard seulement aux quantités relatives des deux métaux qui constituent l’alliage que l’on veut obtenir , mais encore à la loi de précipitation de chaque métal pris individuellement, ou à la puissance électrique nécessaire pour précipiter, dans un temps x , une quantité donnée de chacun d’eux.

Ainsi , dans le cas qui nous occupe , pour obtenir un alliage composé de : cuivre 90, étain 10, il faut employer une dissolution contenant ces deux métaux dans des proportions toutes différentes.

En effet , les divers échantillons de fer bronzé que j’ai l’honneur de soumettre à l’Académie, et qui, d’après les analyses que j’ai pratiquées sur des pièces analogues, contiennent, comme l’alliage des bouches à feu, 10 à 20 p. 0/0 d’étain, ont été obtenus en faisant agir la pile à courant constant sur une dissolution ainsi composée :

Prenez eau 5, 000 parties, faites-y dissoudre assez de cyanure de potassium pour marquer 4 degrés au pése-sel, la température étant de -j- 2 5° c.

Faites dissoudre, dans cette liqueur à une température de -j- 5o à 6o°, 3o parties de cyanure de cuivre sec ; puis faites dissoudre à la même température 10 parties de bioxyde d’étain. Une portion de l’étain réduit à l’état métallique apparaîtra sous forme d’une poudre noire, le reste sè dissoudra non pas (telle est du moins notre pensée) à l’état de cyanure double, mais à l’état de stannate de potasse, à la faveur de l’excès d’alcali contenu dans la solution de cyanure de potassium.

Nous pensons que cette application pourra offrir de l’intérêt pour tous les objets de serrurerie en fer, auxquels le cuivrage ne convient pas sous le double rapport de la couleur désagréable du cuivre rouge et de l’altérabilité de ce métal, ainsi que pour un grand nombre d’objets d’art en fonte de fer.

Plombage. N’ayant rien changé aux procédés de plombage que nous avons eu l’honneur de soumettre à l’Académie, nous ne le décrirons pas ici. Mais nous lui adressons un tuyau en

PRÉCIPITATION GALVANIQUE DE QUELQUES ALLIAGES. 307 fer recouvert à l’intérieur comme à l’extérieur de 2 kilog. (4 livres) de plomb. Nous pensons que cette application peut offrir un grand avantage pour la conservation des tuyaux de conduite d’eau, ainsi que pour certaines grosses pièces de machines, notamment des machines à vapeur, des paquebots exposés à l’action délétère de l’eau de mer. Le peu de facilité avec laquelle le plomb est attaqué par divers agents chimiques offre , à cet égard , toute chance de succès.

Nous joignons des échantillons d’ardoises en tôle fortement plombée. Elles sont taillées sur le modèle des ardoises ordinaires, et leur légèreté permet de les mettre au lieu et place de ces dernières sans être obligé de modifier le système de toiture des bâtiments.

Etamage. Nous avons aussi l’honneur d’adresser à l’Académie un morceau de corniche en fonte de fer recouvert d’une couche d’étain. La beauté de cet échantillon nous fait penser que l’on pourrait appliquer ce procédé à une foule d’ornement» de ce genre en les préservant des effets délétères de l’air et de l’humidité.

Examen comparatif du zincage et du plombage ou étamage. Nous terminerons par quelques considérations sur le zincage comparé aux deux applications dont nous venons de parler.

Nos recherches à cet égard nous ont conduit aux résultats suivants :

i° Le zincage galvanique est industriellement inapplicable aux grosses pièces , vu la dépense énorme de force électrique qu’il exige, on en jugera parle tableau suivant :

Plombage.

Le tuyau qui est sous les yeux de l’Académie , i Durée égale de deux opérations ,

Avec 6 éléments de notre pile, a pris 2 kilog. (4 livrés).

Zincage .

Un tuyau semblable,

Avec 3oo éléments de la même pile, a pris 5oo grammes (une livre).

20 Le zinc par son contact avec le fer devient positif, mais l’influence préservatrice qui en résulte, ne s’exerce que dans un très-petit rayon ; de telle sorte qu’une pièce étant zinquée, si une partie du fer se trouve mise à nu , cette partie se rouille avec autant de rapidité que si la pièce n’était pas zinquée sur

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le reste de sa surface. Nous avons fait à cet égard des épreuves réitérées.

3° Le zinc est par lui-même un métal facilement attaquable, et, sous ce rapport, très-inférieur à l’étain et surtout au plomb, auxquels il est facile d’ailleurs, par les motifs déjà exposés, de donner une épaisseur beaucoup plus grande.

4° Les inconvénients du zincage par immersion dans un bain de zinc sont connus, et le rapport de l’illustre académicien, que nous avons déjà cité, nous dispense de détails à cet égard.

Par suite de tous ces motifs, nous sommes convaincu que comme moyen préservatif du fer et de la fonte, le plomb ou l’étain , suivant le cas, doit être préféré au zinc.

Nous ajouterons que le prix du plomb est beaucoup moins élevé que celui du zinc, et que nous pouvons l’appliquer en augmentant très-peu la valeur du métal déposé. En effet, nous employons une dissolution de litharge dans la potasse ; cette dernière n’étant pas décomposée, le bain une fois fait peut servir indéfiniment et se trouve entretenu constamment au même état de saturation, soit en employant comme pôle positif une large feuille de plomb , qui se dissout en quantité équivalente au plomb précipité, soit en rechargeant le bain de litharge à mesure qu’il s’épuise. La main-d’œuvre est nulle, et l’on a vu que la dépense de l’électricité est minime.

Nous ajouterons que le plombage nous paraîtrait pouvoir s’appliquer avec avantage à la conservation des boulets, qui, s’altérant en mer, ne sont plus de calibre, et que l’on est dans l’usage, au retour des expéditions longues, de recouvrir mécaniquement d’un fourreau de plomb, moyen infiniment plus dispendieux que celui que nous proposons. Resterait même peut-être à examiner si , par suite de la flexibilité du plomb et de l’action qu’exercerait sur lui le refouloir, en faisant remplir hermétiquement l’axe de la pièce, la force d’impulsion ne serait pas augmentée.

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