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CHAPITRE XXVI

TERRAIN CLYSMIEN (1).

Synonymie : Terrain diluvien. — Terrains de transport. Diluvium des géologistes anglais. — Neier pliocène ou veau pliocène de M. Lyell.

921. — Le terrain clysmien se divise en deux dépôts, d l’un est plus ancien que l’autre, mais qui ne sont jamais presque jamais superposés l’un à l’autre.

Dépôt ancien.

922.— Cailloux roulés et blocs erratiques. — Des dépôt cailloux roulés et des blocs de roches accupent, dans certan contrées, des plaines d’une immense étendue; ces dépé dont nous examinerons l’origine , sont évidemment le résui de causes plus puissantes que celles qui agissent aujourd’hu la surface de la terre ; car on remarque parmi les blocs appo erratiques , qui en font partie, des masses de 15 à 20 mé? de longueur , et qui sont quelquefois à une très grande dist de leur gisement primitif.

923.-—L'examen des roches dont se composent ces caill roulés et ces blocs erratiques , a servi à faire reconnaître ] origine : nous allons indiquer celle des dépôts les plus conr

924.— La vallée de la Seine nous présente, sur une ép} seur qui Varie entre 2 et 8 mètres, un exemple du dépôt cien du terrain clysmien. Il se compose de sable, de gravi de cailloux roulés et de blocs plus ou moins volumineux.

(x) Du grec Alysma lavage

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différentes roches. Ces fragmens sont disposés dans l’ordre de leur pesanteur, c’est-à-dire que le gravier domine dans la partie supérieure , les cailloux roulés plus bas, et les blocs erratiques dans la partie la plus inférieure.

925. — Plus on remonte vers le point de départ de ces débris , plus il est facile de reconnaître qu'une partie appartient au terrain jurassique de la Bourgogne , une autre aux montagnes du Morvan, et le reste aux collines qui forment Ja vallée de la Seine.

926. — Ils ont suivi d’abord la vallée de l’Youne jusqu’à Montereau, où celle-ci se réunit à celle de la Seine , et l’on peut les suivre dans cette dernière jusqu’au-delà des limites du nord-ouest du département de Seine-et-Oise.

927. — Dans la vallée de l'Yonne et jusqu'aux portes de aris, par exemple près de Clichy, on y reconnait facilement le calcaire compacte et les silex du terrain jurassique de la Bour- 3ogne ; le granite , le gneiss, la syénite et la protogyne des monagnes du Morvan ; les’silex de la craie qui domine et environne terrain supercrétacé parisien ; le calcaire grossier, le calcaire. d’eau douce de la Brie ; les grès de Fontainebleau et les meuières qui le recouvrent. Dans la plaine de Boulogne et dans e bois du Vésinet , ce sont ces deux dernières roches qui contituent les principaux blocs erratiques.

928. — On pourrait distinguer aussi, dans les environs de aris , des dépôts clysmiens de plusieurs époques : ainsi sur le lateau de Montrouge on remarque une couche , à la vérité peu ‘paisse, de galets siliceux ; près de la barrière dite de St.-Gerain à Versailles, sur l’emplacement qu'occupe l’abattoir, ous avons remarqué aussi des galets siliceux ; enfin à la butte u Houx, dans la forêt de St.-Germain, on trouve un dépôt semblable qui repose sur le grès dit de Beauchamp. Il est évient que ces dépôts placés à une hauteur de plus de r00 mères au-dessus du niveau de la plaine de Boulogne , doivent tre d’une autre date et probablement antérieure.

929. — Débris organiques du dépot ancien dans la vallée e la Seine. — On trouve quelquefois dans ce dépôt des dents, es ossemens et des défenses d’éléphans (Æ/ephas primigenius); es bois et des os du grand Élan d'Irlande (Cervus giganteus); es débris appartenant, soit à des espeees perdues , soit à des

genres qui ne vivent plus dans nos contrées ; enfin quelquef de gros troncs d’arbres ordinairement à l’état siliceux.

930. — L'Europe septentrionale nous montre le même pôt sur une très grande étendue : ainsi les îles Shetland, côtes de la Grande-Bretagne, les plaines de la Hollande, Hanovre , du Danemark , du Mecklenbourg, de la Poméranr: de la Westphalie, de la Prusse, de la Pologne et de l’Estl nie en sont en grande partie couvertes.

931. — Les blocs erratiques des îles Shetland et des cû orientales de l'Écosse et de l'Angleterre, sont partis de la : ninsule scandinave : en effet on en retrouve de semblables composés des même roches dans la Suède méridionale, d' l’on peut même suivre leurs traces jusqu'aux montagnes dont sont les débris.

932. — Ces traces consistent en longs amas de débris; différentes roches, qui s'étendent parallélement dans la dir üon du N.-N.-E. auS.-S.-0., et dont les crêtes sont tellema de niveau, que dans beaucoup de localités on a placé des roc sur ces crêtes comme sur une chaussée de sable que l’on aur faite exprès : telles sont celles d’Upsal à Wendel, de Link ping à Nora et de Hubbo. à Moklinta, etc. Ces longues ti nées sont appelées par les Suédois Oses qu’ils prononcent 44

933.— Ces collines de transport sont en général compos de cailloux roulés et de sable : on y remarque peu de blocs d: gros volume , parce qu’en effet les plus gros ont dû être trainés le plus loin du point de départ.

934. — Quant à ce point de départ, on le retrouve en : levant au-delà de ces ases et dans la même direction, jusqs des plateaux de gneïss et de granite ereusés de longs silld parallèles dont le fond et les parois sont unis, lisses et presc polis, ce qui indique évidemment l’action érosive des eaux transportaient les gros fragmens dont le frottement a poli sillons , principalement du côté où Paction était la plus forte

935. — Les mêmes courans ont transporté de la Suède d! la Hollande, le Hanovre , le Danemark , le Mecklenbourg ! Poméranie, la Westphalie, la Prusse et une partie de la ! logne, les blocs de granite ou de calcaire silurien que l’o trouve enfouis dans le sable des plaines. Dans le Hanovre e

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Hollande , les sables qui contiennent ces blocs erratiques sont souvent recouverts par de vastes tourbières.

| 936: — Le comte Rasoumowsky a reconnu ces blocs d’origine scandinave , épars jusque dans les environs de Grossen ; entre Breslau et Berlin , c’est-à-dire jusqu’à la distance de plus de 100 lieues géographiques, de la pointe la plus méridionale de la Suède , et à plus de 200 lieues de leur point de départ.

| 937. — Depuis Varsovie , en se dirigeant vers le nord-est, les blocs erratiques changent de nature: aux roches de la Suède succèdent’ celles de la Finlande. Ainsi entre la Dvina du Sud et le Niémen on trouve des masses de granite tout-à-fait semblables à celui de Vyborg ; d’autres blocs d’un grès rouge que l’on ne retrouve en place que près des bords du lac Onéga; enfin des fragmens de calcaire ancien qui viennent de l’Esthonie et de l’Ingrie. On retrouve ces mêmes blocs erratiques

u sud-est de Pétersbourg jusqu'aux environs du plateau de Valdaï et même jusque près de Moskou ; et au nord-est jusque sur es bords de la Dvina du nord, qui se jette dans la mer Blanche.

938. — Dépôts limoneux métallifères et gemmifères.— Pluleurs contrées présentent à la surface du sol des dépôts limoeux, composés de sable argileux et de galets, auxquels se trouent mêlées des paillettes et des pépites d’or, comme ceux qui e trouvent près de Goldberg dans la Silésie, aux environs de chweidnitz.

939. — D’autres sont auroplatinifères comme ceux qu’on xploite dans les monts Ourals , et dans lesquels on a trouvé n nombre assez considérable de pépites d’or et des pépites de latine pesant 6 à 8 kilogrammes. L’épaisseur de ces dépôts st de 1 à 2 mètres.

940. —- Dans les mêmes montagnes, ces dépôts limoneux contiennent non-seulement des métaux précieux, mais plusieurs. emmes ou pierres fines telles que des Ceylanites, des Grenats, es Zircons et même quelques petits diamans.

941. — Ces amas métallifères et gemmifères paraissent apartenir au dépôt ancien , puisque M. de Humboldt a reconnu ans ceux qu'il a signalés entrele 59e et le 60° degrés de latiude, la présence de débris d’éléphans.

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