‹ Nouveau manuel complet de géologie, ou traité élémentaire de cette scienceChapitre 55 sur 146 · DE L'ÉTAT DE LA TERRE A L'ÉPOQUE OÙ SE FORMA LE TERRAIN GRANITIQUE · texte numérisé non relu

DE L'ÉTAT DE LA TERRE A L'ÉPOQUE OÙ SE FORMA LE TERRAIN GRANITIQUE

113.— La forme sphérique de la terre et l’aplatissement de ses pôles, sont d’après les calculs des plus célèbres géometres, exactement dansla pr oportion prescrite par le rapport de sa masse supposée fluide avec la vitesse de son mouvement de rotation. Il est donc évident que la terre a été originairement fluide ainsi que tous les corps planétaires.

114. — Cette fluidité a-t-elle été aqueuse ou ignée? Les physiciens armés du pendule , les géomètres et le savant Laplace appliquant le calcul aux expériences de la physique, s’accordent pour répondre aussi à cette question , et en considération de la régularité des couches terrestres et de leur densité croissante à mesure qu’elles sont plus inférieures , ils reconnaissent qu’en vertu d’une chaleur excessive, toutes les parties de la terre ont été primitivement fluides.

115.— Voilà donc la fluidité ignée de la terre prouvée par la physique et la géométrie : c’est-à-dire par des faits, puisque ces deux sciences s'appuient à la fois et sur les expériences et sur les calculs.

Mais la géologie qui se fonde aussi sur des 1" , en a de particuliers concernant cette question : ils sont refatifs à la nature minéralogique des roches qui ont formé la première croûte solide du globe , et à leur défaut de stratification ; et ces deux ordres de faits sont tels, ainsi que nous l’avous vu précédemment (60—61—63—6/,—), que sans le secours des physiciens et des géomètres, le géologiste est en droit d'affirmer que la fluidité de la terre a été ignée.

116.— Il n’est donc pas permis de douter, selon nous, que par l’action d’une chaleur intense notre globe a été originairement dans un état fluide. On peut conséquemment admettre comme très probable qu'il a d’abord commencé par être à l’état de rébuleuse, c’est-à-dire semblable à ces corps planétaires tellement fluides qu’ils ne paraissent former qu’une masse de vapeur. Cette hypothèse, qui est due à M. Whewel, offre la théorie la plus simple et conséquemment la plus probable de la condition première des élémens matériels qui constituent notre système solaire.

«17. L’immense atmosphère de cette nébuleuse se composait, non-seulement des fluides élastiques de l’atmosphère actuelle de la terre, mais de tous les corps simples et de tous les oxides métalliques , de telle sorte que les plus légères de ces vapeurs, telles que les élémens de l’eau et de l'air, se trouvaient dans les régions les plus éloignées du point central, oceupe principalement par les oxides métalliques.

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