‹ Nouveau manuel complet de géologie, ou traité élémentaire de cette scienceChapitre 67 sur 146 · DEL'ÉTAT DE LA TERRE À L'ÉPOQUE OU SE FORMA.LE TERRAIN CARBONIFÈRE · texte numérisé non relu

DEL'ÉTAT DE LA TERRE À L'ÉPOQUE OU SE FORMA.LE TERRAIN CARBONIFÈRE

219.— Pendant l’époque précédente, plusieurs chaines de nontagnes avaient été soulevées par les éruptions des granites, les syenites et des porphyres, ainsi que nous l'avons déjà dit 167). Cependant il n'existait point encore de continens , et es plus anciennes montagnes n'étaient pas d’une grände élévaion.

220. —— L'aspect de toute la surface du globe était semblale à celui que présente cette partie du monde que l’on nomme jcéanie : ce n’était qu’une immense suite de groupes d'îles, onc aucune n’égalait en étendue les plus grandes de celles de otre monde maritime.

221.— Ces iles se couvrirent de végétaux gigantesques ; et: mme tout porte à croire ainsi que l’a fait remarquer M. Ad. rongniart, que l’atrnosphère était saturée d’acide carboniue, c’est probablement en grande partie à cette cause jointe la température, qu’il faut attribuer l’activité de la végétation, : grand accroissement des plantes, la formation de l’anthracite de la houille, la grande abondance de calcaires qui alterent avec les roches schisteuses et surtout avec les couches de

formation houillère , le bitume qui a pénétré les végétaux cumulés, enfin le petit nombre d'animaux organisés pour. spirer l’air en nature.

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Si l'air atmosphérique avait été chargé d’oxigène autant! qu'il l’est aujourd’hui, les végétaux se seraient rapidement dé-composés.

Le bitume parait être dû à des substances végétales.

Les principaux êtres organisés pour respirer l’air en nature, | furent d’abord quelques sauriens et quelques tortues ; puis dess insectes, ainsi que nous l’avons dit.

222.— Les poissons, d’abord peu nombreux , aux époquess où se déposèrent le vieux grès rouge et le calcaire carbonifère, , le devinrent pendant celle qui vit se former les couches houillères, ce qui sembie indiquer un changement dans la tempé-rature, et peut-être aussi dans la nature chimique des eaux marines. Tous appartiennent à des genres inconnus.

223. — Parmi les molusques, il est facile de remarquer une: gradation qui n’est pas sans importance. Les premiers que l’on: voit paraître en nombre considérable sont conchifères ou à coquilles bivalves : le nombre de leurs espèces est d’environ 120 à r30, tandis que les mollusques proprement dits ou & “oquilles univalves, ne présentent qu’un nombre d'espèces moitié moins considérable. Et lorsque l’on considère que ces derniers , qui ont une tête , des yeux et même des moyens des locomotion, sont évidemment d’un ordre plus élevé que les conchifères, qui sont acéphales, on reconnaît dans le grand nombre de ceux-ci, une partie du plan tracé par le Créateur; qui semble avoir eu en vue de couvrir d’êtres organisés, la surface de la terre, à toutes les époques, et qui pour accomplir ce dessein a d’abord multiplié ceux dont les organes sont lee plus simples , parce qu'ils étaient plus appropriés à la nature chimique du milieu dans lequel ils devaient vivre , tandis que les animaux pourvus d’un plus grand nümbre . d'organes ne trouvaient point encore l’élément qui convenait à toutes les conditions d’existence et de reproduction.

En résumé, on connaît dans le terrain carbonifère 800 espe+ ces de fossiles, par mi lesquels les végétaux et les poissons ap partiennent tous à des genres éteints.

224. — Pendant la période carbonifère, les parties terress res étaient arrosées par des cours d’eau et renfermaient quell ques lacs d’eau douce, puisque l’on trouve à Zurdihouse prèt

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Edinbourg , dans le Mountain limestone qui appartient à la formation carbonifère , des animaux d’eau douce appartenant aux genres Cypris et Cytherina , et puisque dans la formation houillère , on connaît quatre espèces du genre Unio , genre qui ‘vit dans les rivières.

225. — Puisqu'il existait des cours d’eau dans es iles que formait le terrain carbonifère ; puisque ces îles devaient leur origine aux montagnes qui hérissaient une partie de la surface du globe, en un mot aux dislocations qu'avait éprouvées la formation carbonifère; on conçoit facilement que les côtes de ces îles pouvaient être entaillées par des golfes profonds , dans lesquels se jetaient les cours d’eau et les torrens. Ges cours d'eau chariaient dans les golfes, les végétaux qu’ils déraci- | naïent , ou que les éboulemens y accumulaient ; e’est ce qui se passe encore à l'embouchure de certains fleuves de l'Amérique.

226. — Quelques localités de la formation houillere nous montrent de grands végétaux encore placés dans leur position verticale : La même disposition se fait aussi remarquer dans les éboulemens qui ont lieu au bord de la mer, lorsque des

ortions de terre y sont entrainées , par suite de dégradations opérées par Les flots à la base des falaises.

227. — Les plis nombreux que présente la stratification de la formation houillère s'expliquent par les affaissemens et les soulèvemens produits à l’époque de cette formation par l’action des différentes roches plutoniques qui s’est fait sentir à la même époque. (PL. tr, fig. 6.)

228. — Ce qui confirme ce que nous venons de dire de l’origine des amas houillers , c’est la disposition la plus ordinaire qu’ils présentent. Ils occupent, nous le répétons, des bassins circonscrits par des montagnes , c’est-à-dire des détroits ou de longs golfes : ainsi le bassin houiller du nord de la France, est long de plus de 50 lieues et large de deux ; celui de Newcastle en Angleterre, a 21 à 22 lieues de longueur sur environ 6 de largeur; celui de Saint-Etienne a 11 à 12 lieues de longueur sur 3 lieues dans sa’plus grande largeur, et une demie dans sa partie la plus étroite,

229. — Les végétaux de la formation houillère sont tous ! analogues à ceux qui croissent dans les régions équatoriales : cependant il existe des dépôts de houille à des latitudes très | différentes : par exemple dans l'Océanie, à la Nouvelle ol: lande, sur l’ancien continent, dans l’Hindoustan, dans le bassin de l’Euphrate, dans celui du Don, en Allemagne, en France, en Belgique, dans la Grande-Bretagne et en Suède ; sur le Nouveau continent, au Pérou , au Mexique, aux États- Unis et au Groenland.

230. Comment toutes ces régions , aujourd’hui si différentes par leurs températures, pouvaient-elles être, à la même époque , soumises à une chaleur presque semblable ? On répondra sans doute que l’uniformité de cette température était due au peu d'épaisseur de l'écorce terrestre, qui permettait à Ja chaleur centrale d’exercer une grande influence sur la superfcie de la terre ; que par suite de cette faible épaisseur, comme l’a fait remarquer M. Elie de Beaumont; les glaces polaires ne devaient point exister; que les sources thermales et les jets de vapeur chaude étaient beaucoup plus fréquens qu’aujourd’hui ; que chaque fois que le soleil s’éloignait de l'horizon des pôles, le sol devait se couvrir de brouillards qui détruisaient le rayonnement nocturne et le rayonnement hivernal ; que ces brouillards tempéraient le froid des nuits et des hivers sans rien changer à la chaleur des étés ; que ces brouillards enfin contribuaient à élever la température moyenne, et se joignaient à l'influence d’une mer plus chaude et plus difficile à refroidir à sa surface, pour rendre le climat plus donx , plus uniforme , plus équatorial.

231. Mais une température généralement plus égale suffitelle pour expliquer la présence des mêmes végétaux à la Nouvelle-Hollande, au Pérou et au Groenland? Un savant botaniste, M. de Candolle, nous répond qu’elle est insuffisante et qu’il fallait encore à ces végétaux, l’action d’une lumière plus également répartie qu’elle ne l’est aujourd’hui dans ces contrées si éloignées les unes des autres; qu’il fallait en un mot dans les régions polaires, une lumière plus prolongée que celle que produit aujourd’hui le soleil ; et que cette lumière dont nous. ignorons la nature et qui pouvait tenir à des phénomènes phy-

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Siques dont les aurores boréales ne nous donnent qu’une faible idée , est attestée par la présence de ces végétaux fossiles que l’on retrouve intacts, sur les lieux même où ils ont existé, et qui n’y pourraient vivre aujourd’hui, quand même la chaleur du sol ÿ compenserait la différence des latitudes.

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