L’assise moyenne est formée d’argiles et de marnes
d’un bleu grisätre que les Anglais nomment Gault ou Galt.
503. — L’assise supérieure consiste en une craie marneuse renfermant une grande quantité de glauconie.
5a4. — Dans beaucoup de localités, le grès vert propre-
ment dit prend seu] un grand développement ; il acquiert de
la solidité et alterne avec des couches de sable ; l’oxide de fe: devient abondant à la partie supérieure , et la couleur du grè et du sable passe du vert au rouge plus ou moins intense : on lui donne alors le nom de grès ferrugineux.
505. — Pour donner une idée de la variété des roches qu composent l'étage moyen, nous citerons les principales con: trées où on le voit avec d’autres caractères que ceux que nou venons d'indiquer.
506. — Dans le sud-ouest de l'Angleterre, la partie infé rieure du grès vert est formée de couches argilo-arénacées ren: fermant beaucoup de grains de glauconie. L’assise moyenne est un sable d’un brun jaunâtre. L’assise supérieure se com. pose d’un sable verdâtre et d’un grès jaune brunâtre conte nant quelquefois des rognons siliceux appelés chert par les An: glais.
507. — Dans la France septentrionale , et particulièrement aux environs de Boulogne sur mer , l’étage moyen se compose de grès ferrugineux , d’agglomérats très durs formés de grains de sable, de calcaire gris et de grains de glauconie, d’argilé grise coquillère alternant avec du calcaire gris ; le tout est re couvert par des grès calcaires passant du gris jaunâtre au gris bleuâtre.
508. — Plus au nord, dans les environs de Valenciennes . le grès vert est représenté par une variété de gompholithe , formée d’une pâte composée de sable, d'argile, de calcaire et de limonite , et d’une grande quantité de cailloux arrondis de quarz et de silex. Gette roche est nommée Tourtia , par les mineurs : elle repose sur le terrain houiller.
509.—Dans la France méridionale, le même étage, comme dans les environs de Rochefort , est représenté par des argiles schisteuses contenant beaucoup de petits cristaux de gypse, et passant à des schistes argileux légèrement micacés, par un grès ferrugineux et calcaire en partie solide et en partie friable : enfin par un grès calcaire schisteux et micacé d’un gris pâle léi gèrement verdâtre.
510. — Dans les Alpes du Salzbourg , aux environs de Gosau , la formation du grès vert se compose d’un agglomérat
grossier, rougeâtre , renfermant des couches de 20 à 30 pieds d'épaisseur, d’un grès marneux compacte, d’un gris noirâtre et à impressions de plantes qui paraissent être terrestres et monocotylédones, ainsi que de grès coquillers. Au-dessus il y a des agglomérats de grès rougeâtre à fragmens calcaires , ainsi que des marnes, et l’on y remarque cà et là des débris de polypiers. Toutes ces couches plongent au-dessous d’assises puissantes d’une marne argileuse grise et coquillère qui a toute l’apparence d’un dépôt supercrétacé, mais dont les espèces fossiles appartiennent bien à l’étage moyen.
511.— Les calcaires noirs compactes que l’on remarque à l'entrée du Valais près de Saint-Maurice; les calcaires marnosableux et bitumineux d’Entrevernes en Savoie, qui contiennent un combustible que l’on assimile à la houille , ont été reconnus comme appartenant au terrain crétacé, et c’est dans lPétage moyen que nous pensons qu’ils doivent être placés.
512.— Dans les Pyrénées , le même étage est représenté par des grès et des calcaires durs et compactes, accompagnés de poudingues. Près d’Irun , les calcaires renferment des couches d’anthracite. Enfin, la masse de sel que l’on exploite à Cardona est enclavée dans des grès rouges à grains quarzeux et à pâte argileuse qui font partie du même étage.
513. — Dans les environs de Vienne en Autriche, le grès à fucoides, que l’on nomme aussi grès viennois et que nous avons étudié sur les deux rives du Danube , nous a paru comme à M. le professeur Partsch, représenter l'étage ou la formation du grès vert. Il forme un groupe de couches de grès micacé à grains fins, de grès à gros grains, de calcaire noir, et de marnes à fucoides, On y remarque desfilons de chaux carbonatée cristallisée qui remplissent les fentes des couches. Dans les carrières que l’on exploite à Siewering, les couches de ce grès sont inclinées d'environ 30 degrés à l'horizon, et courent dans la direction du Sud-Ouest au Nord-Est.