Cet étage est compose essentiellement de ealeaire
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qui diffère ordinairement de texture et de couleur, suiva: qu’il occupe une hauteur plus ou moins considérable. De vient qu’on peut le diviser en plusieurs assises distinct au nombre de deux, de trois, de quatre, selon le développ ment qu'il présente dans certainés contrées.
515. — On peut en général partager cet étage en deux sises qui comprennent plusieurs variétés de calcaire.
516. — L'assise inférieure se compose de diverses varié: de craie plus ou moins chargées de grains verts ou-de silice de fer. Nous allons décrire les principales de ces variétés.
517. — Craie micacée. On exploite en Touraine v variété de craie qui est blanche, poreuse et parsemée d'u grande quantité dé paillettes de mica. Quelquefois elle n’of qu’un mélange de sable quarzeux et de sable calcaire micae agglutinés par un ciment argileux.
Par sa position et par ses caractères minéralogiques , elle: confond avec le grès vert dans sa partie inférieure , et avec craie tufau dans sa partie supérieure.
518. — Craie tufau. Cette craie a recu, dans la Touraim où elle est très commune , le nom de fufau, parce que faible consistance la rapproche des calcaires que l’on nomr vulgairement tufs.
519. — La craie tufau est plus ou moins chargée c'e gli conie. Tantôt elle est grisätre ; tantôt d’un blanc jaunâtre ,, quelquefois même tout-à-fait jaune. Elle est souvent micac comme quelques, autres variétés du même étage. Lorsqu’e est grisâtre et que les grains de glauconie y sont très abondax elle passe insensiblement à la craie glauconieuse et au sah vert.
520. — Quelquefois elle est imprégnée de silice; et da quelques localités de la Tourame, elle est tellement siliceus qu’on l’exploite pour le pavage.
Le plus ordinairement elle offre seulement la consistance : eessaire pour pouvoir être employée comme pierre à bâtir.
521. — Souvent elle présente une texture compacte. Er! elle est d’autres fois friable et sablonneuse.
__ 522. — La craie glauconieuse où chloritee est une roche | calcaire blanche ou grise , plus ou moins parsemée de glauco- | nie, et contenant des parcelles de mica blanc. Quelquefois aussi | elle est d’un beau jaune. Elle est tantôt dure et tantôt tendre. | Des rognons de silex soit pyromaques ou noirs, soit calcédo- | nieux ou blonds , ÿ forment quelquefois des lits très rapprochés, ou bien y sont disséminés sans ordre. Ces silex présentent même d’autres variétés de couleurs que celles que nous venons de citer : ils sont souvent noirâtres ou grisâtres , et recouverts d’une croûte grossière plus ou moins épaisse. Très souvent ils conservent des formes organiques qui indiquent leur origine, car ils sont dus à des polypiers et surtout à des ‘aleyons. Quelquefois aussi cette craie contient des couches continues de silex qui paraissent provenir de la dissolution des silex en rognons.
| 523.— La craie marneuse,trèsrépandue en Angleterre, offre une texture grossière et une teinte ordinairement un peu grisâtre. Elle tache les doigts. Quelquefois elle est colorée par VPoxide de fer, ou bien elle contient des grains ferrugineux moirâtres, qu’il ne faut pas confondre avec la glauconie. Sou- ‘vent de petites parcelles de mica blanc y sont disséminées en plus ou moins grand nombre. Assez souvent aussi elle est parsemée de petites dendrites noirâtres dues probablement à du inanganèse. On trouve dans cette craie quelques silex pyroimaques : leur couleur est d’un brun foncé; souvent même ils sont blonds ; toujours ils sont entourés d’une croûte plus ou moins épaisse , grise et d’une texture grossière.
524.— Quelquefois la craie marneuse est veinée par places, d’infiltrations siliceuses noires qui lui donnent une apparence marbrée.
525. — Au nombre des caractères qui peuvent servir à la faire reconnaître , nous signalerons l'odeur argileuse qu’elle répand lorsqu'elle est imprégnée d'humidité, ou lorsqu'on la met en contact avec l’haleine.
526. — L'assise supérieure comprend plusieurs variétés de que qui rentrent dans les dénominations suivantes : craie blanche compacte, craie sublamellaireet craie blanche tendre.
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527. — La craie blanche compacte est ordinairement dr blanc sale , d’une dureté variable, mais toujours assez soli pour être employée dans les constructions. Elle se présente : masses , divisées par assises de r à 2 mètres d'épaisseur, ! parées par des lits ou bandes de silex.
528. — Aux environs de Valognes, dansle département la Manche, le calcaire blanc compacte, que l’on a nomr calcaire à baculithes, parce que ces fossiles s’y trouvent , rapporte , selon nous, à la craie blanche compacte.
529. — La craie sublamellaire que l'on a appelée aussi s& cristalline et qui présente des parties compactes , est ordin rement jaunâtre , et quelquefois d’un blanc grisâtre. Elle divise en bancs nombreux, dont la texture est plus ou moi lâche et plus ou moins serrée, et qui n’offre pour caracté extérieur du groupe crayeux que des rangées de silex gri quelquefois blonds ou noirs, qui se montrent souvent en pet lits horizontaux de 1 à 2 pouces d’épaisseur.
530. — La craie blanche, tendre ou graphique, est un € caire d’un blanc mat, tachant les doigts et happant à la là gue. Elle jouit au plus haut degré de la faculté d’être traçant de là sa dénomination de craie graphique.
53r.— Cette craie ne présente le plus ordinairement qu’ui seule masse, au lieu de former des couches parallèles comn la craie sublamellaire. Cependant, on apercoit souvent € joints de straüfication qui semblent rappeler une dispositi en couches horizontales. Mais ce qui sert surtout à les in quer, ce sont les lits horizontaux et réguliers que forment silex pyromaques.
532.— Les silex de la craie blanche ont en général une ce figuration contournée , une couleur et une pâte qui empêche de les confondre avec d’autres silex.
533.— Près d'Horsted , dans le comté de Norfolk en A gleterre , ainsi que dans plusieurs localités de l'Irlande, craie blanche présente non-seulement des couches horize tales de silex noirs , mais aussi des couches verticales de si: semblables, beaucoup plus gros : leur grosseur varie en ef de 1 à 3 pieds anglais dans leur plus grand diamètre. Ces ct
ches verticales s'étendent dans toute l'épaisseur de la craie sans interruption. Leurs rangées à Horsted sont à des distances irrégulières qui varient entre 20 et 30 pieds.
534.— Ces silex ne sont pas entièrement siliceux, comme les lits horizontaux ; ils contiennent tous un noyau cylindrique de craie beaucoup plus dure que celle qui constitue la masse crayeuse.
335, — Les silex en couches verticales comme ceux en couches horizontales, sont regardés comme des restes fossiles d’infusoires, d’éponges, de polypiers et d’autres corps organisés. On sait en effet que beaucoup de ces animaux, qui vivent dans les mers actuelles, sont remplis de spicules siliceuses.
__ 536. — L’étage supérieur du terrain crétacé présente dans diverses contrées éloignées des différences assez sensibles : ainsi en Krimée nous avons remarqué qu’elle se compose de plusieurs assises marneuses fissiles et que tout l’étage supérieur offre des traces très prononcées de stratification. 11 diffère aussi de la craie de l’Europe occidentale en ce que les silex y sont peu nombreux.
Ro 37.—Dans la Galicie , la Lithuanie, la Podolie et la Volhinie, le même étage se distingue par de nombreux amas de gypse et de soufre.
538.— A Maëstricht la craie est solide, jaunûtre et remplie de silex.
| 539. — Dans le midi de la France , et spécialement dans les environs de Marseille, la craie consiste en une roche blanche, compacte, stratifiée, dont les couches sont inclinées de 20 à 25 degrés et qui forme les bords escarpés de la Méditerranée et l’île qui, vis-à-vis de Marseille, forme le port de quarantaine ainsi que celle qui porte le château d’If.
540.—Suivant M. Élie de Beaumont, le calcaire à Nummulites qui, dans le département des Hautes-Alpes, s’avance à l’est des montagnes de l’Oisans et se lie aux calcaires blancs de Nice , de la Provence , de la Fontaine de Vaucluse , du mont Ventoux et de la Grande-Chartreuse, doit être rapporté à l’étage crayeux.
S41.—Débris organiques du terrain crétace.Les fossiles de: terrain sont très nombreux et variés : nous citerons seuleme les principaux que l’on remarque dans chaque étage.
542. — Dans l’étage inférieur, la formation wealdienne l'Angleterre renferme plusieurs fossiles dont les plus commu sont, parmi les mollusques univalves, la Paludina vivipara; parmi les conchifères, la Melania tricarinata, V'Unio antiqui le Cyclas membranacea, animaux qui vivent dans l’eau doue
543. — La formation néocomienne contient l’Exogyra CC loni, la Terebratula biplicata, V Ammonites asper et le VNautii simple :
544. — L'étage moyen nous montre parmi ses fossiles plus abondans le Pecten ire costatus , la Trigonia alæfi mis, la Trigonia scabra , la Gryphæa aquila ei l'Exogy ra lumba.
545. — L’étage super ieur renferme en abondance l’Osér vesicularis , V'Inoceramus Cuvieri, le Belemnites mucronatus lé Ananchytes ovala.
546. — Les trois étages du terrain crétacé renferment « restes de reptiles et de poissons.
Dans l'étage inférieur on trouve des ossemens de tortt appartenant aux genres Trionix , Emys et Chelonia ; de F siosaurus, de Megalosaurus, d’Zo pda de Leptorinchus du Crocodilus priscus ; de Lepisosteus et Silurus.
547. — étage moyen contient des ossemens de tortua de Plesiosaurus, de Geosaurus, de Mosasaurus et de plusier espèces de crocodiles ; des dents de requins et le poisson : pelé Saurodon Lemus.
548. — L’étage supérieur renferme aussi des débris de loncées, de Mosasaurus et de crocodiles , ainsi que de plusie; espèces de poissons des genres Squalus, Murœna, Zeus, Eso Diodon , etc.
549. — Minéraux et métaux. — Le sulfure de fer et l’ox: de ce métal sont les métaux qui se trouvent le plus ordinai went dans les trois étages du terrain crétacé. Le gypse se sente fréquemment dans l’étage inférieur.
TERRAIN CRÉTACÉ, 175 | ÿ50.— L’étage moyen, outre l’oxide et le sulfure de fer, présente fréquemment le phosphate et le carbonate de ce métal, de la galène, du manganèse oxidé et quelquefois même
, Pur 5 : NE LE.
du mercure natif. On y trouve aussi de petits cristaux de à 1e AE gypse, du jaspe, de la barytine, du lignite et même un combustible qui offre la plus grande ressemblance avec la houille. | 4 Pause
__ 551.— L’étage supérieur renferme du sulfure de fer en rognons ou cristallisé. Les silex noirs qu’il contient présentent souvent dans leur intérieur des cristaux de célestine ou sulfate de | strontiane.
552. — Emploi des roches du terrain crétacé. Le fer oxidé répandu dans l’éfage inférieur est exploité en Angleterre et dans plusieurs autres pays; il en est de même des lignites que lon y trouve. En Angleterre le calcaire de Purbeck fournit une bonne pierre de construction et quelques couches qui sont exploitées comme marbres; en Morée plusieurs calcaires du. même étage sont susceptibles aussi d’être employés comme marbres.
553.— Les grès de l’étage moyen tels que ceux de Pirna et de Xænigstein fournissent de bons matériaux pour la bàtisse, surtout en Allemagne où on le taille en moellons, ce
qui l’a fait appeler Quader sandstein.
rs 4. — En France, dans le département de l’Aude et dans.
les Pyrénées, les lignites que renferment les marnes de cet étage fournissent un très bon combustible. Il en est de même dans les Alpes et les Karpathes.
555. — L'étagesupérieur, qui comprend la craie blanche, fournit la pierre à briquets et la pierre à fusils que l’on obtient la premiere du silex noir, la seconde du silex blond. La craie blanche , lorsqu'elle est très tendre, est employée à faire ce qu’on appelle le blanc d’Espagne, et lorsqu'elle est un peu moins tendre on la tailleen crayons.
556.— Les parties solides de la formation crétacée sont fréquemment employées comme pierre de construction et pour faire de la chaux. Les parties tendres servent dans plusieurs contrées à l'amendement des terres.
555.— Agriculture. Les marnes et les argiles de l’étage in- *
férieur, retenant facilement les eaux, forment un sol qui n° point aride , mais qui n’est pas non plus très productif : il | ordinairement composé de terres fortes. Ce n’est que lorsq le calcaire remplace les couches marneuses et argileuses, que sol est réellement aride.
558. — Les roches de l'étage moyen, lorsqu'elles se dé: grégent facilement, donnent naissance à un sel en général gre et conséquemment peu fertile. Les grès et les poudingué au contraire, ayant plus de consistance, forment un sol lége favorable à certaines cultures, et dans certaines contrées p» pres à la propagation des bois de haute futaie.
559-— L’étage supérieur donne lieu à plusieurs natur de sol très différens : la craie tufau et la craie micacée , ête argileuses dans leurs couches inférieures, retiennent suffisa: ment les eaux pluviales , et forment un sol ordinairement ta fertile : c’est à la nature de ce sol que la Touraine doit s nom de jardin de la France,
560. — Les mêmes espèces de craie , dans leur partie : périeure, n’offrant pas en général de couches argileuses, retiennent pas les eaux pluviales ; il en résulte que le sol qui | couvre est généralement sec et peu fertile,
56r.— Le méme effet a lieu pour la craie blanche et I la même cause. C’est à la présence de cette craie à la surfé du sol, que la partie de la Champagne qui a recu le surnom pouilleuse doit son aridité. Si d’autres parties de cette ancie province produisent des vins renommés , c’est qu’elles présé tent au-dessus de la craie une couche marneuse d’alluvic favorable à la culture de la vigne.
Dépôts plutoniques.
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562.— Lebasalte, le porphyre pyroxénique et l’ophiolit} jouent un rôle plus ou moins important par leurs éruptia dans le terrain crétacé.
563 .— Quelquefois la roche ignée altère et change tout: fait la texture dela craie, au point de lui donner celle du marb»
564. — Dans le Vicentin, le basalte et la pépérine basal que forment des filons et des couches dans le grès vert.
565. — Dans les Pyrénées l’éruption des ophiolithes ou ophites à travers le terrain crétacé a transformé les masses calcaires en calcaire dolomitique.
566. — Dans la Morée, sur la route de Kastri à Damala, les ophiolites alternent avec le grès vert, et lui ont donné une Structure fragmentaire et un éclat lustré.
Soulèvemens du sol.
= 567. — Deux de ces soulèvemens se sont effectués pendant
que se formait le terrain crétacé.
L'un qui a produit le mont Viso dans les Alpes et la chaîne
du Pinde dans la Grèce, s’est opéré après le dépôt de l’étage inférieur.
568. — L'autre qui a formé la chaîne des Pyrénées, a eu Jieu après le dépôt de la craie blanche et avant celui des formations qui la recouvrent.
569.— Les principaux chainons des Apennins, les Alpes Juliennes entre la province de Venise et le royaume de Hongrie, les monts Karpathes entre la Hongrie et la Galicie, une partie des montagnes de la Croatie, de la Dalmatie et de la Bosnie , enfin les montagnes de l’Achaiïe, en Grèce, appartiennent à la même époque de soulèvement.
| 570. — Formes du sol. L’étage inférieur du terrain crétacé offre des collines et des montagnes qui varient de formes suivant la nature des roches qui y dominent : ainsi les argiles wealdiennes constituent des collines plus arrondies que les grès ferrugineux et le grès viennois; ainsi le calcaire de Purbeck constitue des montagnes plus escarpées que celles de la formation néocomienne.
571. — Les montagnes que forme l'étage inférieur sont généralement aplaties.
572.—L’étage moyen présente aussi des formes assez variées. Lorsque le grès vert n’est pas recouvert par l’étage supérieur, il constitue ordinairement , comme tous les dépôts marneux et arénacés, des collines arrondies , mais terminées aussi par des plateaux ordinairement assez étendus.