‹ Nouveau manuel complet de l'architecte des jardins ou L'art de les composer et de les décorerChapitre 33 sur 134 · I.E PARTERRE · texte numérisé non relu

I.E PARTERRE

On distingue aujourd’hui deux sortes de compositions qui portent ce nom , le parterre ancien ou de broderie, qui appartient aux hôtels, et dont nous avons suffisamment parlé plus haut, et le parterre moderne, qui appartient à des babilalions plus modestes, et dont nous allons nous occuper ici.

Le parterre est entièrement consacré à la culture des ueurs, et si quelques arbrisseaux de premier choix, tels que rosiers, grenadiers, orangers, myrtes, camellia, pivoines en rwe, rosages, azalées, magnoliers, etc., y occupent qiielq c OIS une place, ce n’est jamais qu’isolés et pour marquer centre d’une corbeille, les coins d’une plate-bande ou occuper une place motivée par la

régulante du dessin.

ravp^ parterre consiste 1 ° dans le choix des fleurs

s ou éclatantes de beauté qu’on y rassemble, soit en dp. oo collections ; a° dans l’art avec lequel il est

sine pour en rendre le coup-d’œil agréable; 3® dans son reme propreté poussée jusqu’à la coquetterie, si je me puis servir de celle expression, » J ^

( lOO ) ^ I

Les allées d’un parterre sont plus ou moins larges, selon la grandeur de la composition, avec laquelle elles doivent se trouver en harmonie sons ce rapport. Elles seront sablées convénablement et entretenues avec beaucoup de soins. On en trouvera de droites qui longeront les plates-bandes et lesj carrés, de circulaires qui entoureront les corbeilles, mais^ jamais de sinueuses, parce que le parterre est essentielle': ment symétrique. Toutes ne seront pas de la même largeur; les plus larges, ou principales allées, destinées à la proraenade, seront les plus régulières, et c’est auprès d’elles que seront placés les massifs de fleurs les plus rares et leslcèolleclious les plus brillantes. Les allées les plus étroites passeront derrière les plate-bandes et les petits carrés, afin de permettre aux curieux de voir les plantes de tons les côtési et de pouvoir s’en approcher sans être obligé de passer dans les cultures.

Quelle que soit la grandeur d’un parterre, les plates-bandes n’auront jamais moins de quatre pieds de largeur, et jamais plus de six , par la raison qu’il faut pouvoir les arroser sans y entrer, et que les fleurs qui les parent doivent être à 11 portée de la vue la plus faible. La longueur de ces platU' bandes est illimitée, elles peuvent être en ligues droites oi en lignes circulaires, mais jamais irrégulièrement sinueuses.

Les corbeilles seront longues , ou polygones, ou en étoile-'' ou même ovales. Leur diamètre ne doit jamais être tel qii< les yeux ne puissent saisir jusqu’cftfX plus petits details A forme et de couleur des fleurs qui seront au centre.

Les bordures forment une partie essentielle du parieif^ On a essayé plusieurs piaules pour cct usage, mais le bnH nain a toujours prévalu sur toutes, et cela pour plus d’un' raison. Il forme des lignes parfaitement nettes, grâce àli facilité que l’on a de le soumettre à la tonte; il est durable d’un beau vert, soutient bien les terres, et cache peu d’m sectes. La staticé à tête, ou gazon d’Espagne, s’étale trop et forme par conséquent des ligues beaucoup moins nettiS outre qu’elle attire et loge les limaces et autres petits am maux malfaisaus. L’œillet mignardise s’étale encore dava» tage, et malgré tous les soins, forme des bordures trei inégales en largeur, et très-irrégulièrement fournies. Toid® les autres plantes que l’on a tenté d’employer à cet usaf ont des défauts encore plus grands.

tes arbrisseaux que l’on desline à l’ornement d’un parterre doivent être soumis à la taille, et former des têtes régulières autant que possible; il n’est pas indispensable qu’ils soient eu pleine terre, pourvu que leurs vases eu marbre, en faïence ou en bois peint, soient d’une, forme élégante. On aura soin d’entretenir scrupuleusement la propreté des caisses, et de leur donner une bonne couche de couleur à l’huile tous les ans.

Pour toute fabrique, le parterre ne souffre que les sculptures, et en petit nombre, les bassins, les jets d’eau et les serres.

Les statues seront disposées de manière à attirer l’attention sur les parties de la composition les plus riches en végétaux tares. Elles seront de bon goût, jamais groupées ni équestres, à moins que le parterre soit d’une très-grande étendue.

Les bassins, jets et jeux d’eau ne peuvent être trop multipliés. La planche a5 représente plusieurs exemples de la manière ingénieuse dont on peut combiner les jeux, et la planche 24 offre des modèles de plusieurs vasques élégantes à placer au milieu des petits bassins.

Les serres doivent être d’une architecture gracieuse, en harmonie avec celle de l’habitation, ou au moins dans nu style pittoresque; les planches 74, 75, 76, 77, 78 et 79, en offrent plusieurs modèles, la plupart pris en Angleterre où l’on met une grande importance à ce genre de construction.

C’est dans le parterre que se trouve parfaitement placé le jardin d’hiver (pl. 74 ); mais il faut qu’on puisse y pénétrer par une porte communiquant dans un appartement de l’hahilation, le salon s’il est possible. Dans notre planche nous figurons celle construite dans l’établissement marchand de 1^- Noisette, mais on peut, si on veut faire les sacrifices nécessaires, la faire d’une architecture agréable et légère. Les •^onians deviendront alors des colonnes élégantes ; des sialues se dessineront avec grâce au milieu des masses de verdure, et des jets d’eau s’élaneeront du milieu des bassins de ^arbre où nageront des poissons rouges. Dans le jardin de M Boursault, à Paris, on voit un exemple peut-être unique en Europe, du luxe et du goût que l’on peut metti'e dans 'ine telle construction. Au milieu de l’hiver le plus rigoureux , pendant que les glaçons et les frimats se sont emparés de la terre désolée, ou ue sauraii, croire si on n’est allé se

projnener dans ce jardin, qu’elle sensation délicieuse on éprouve en retrouvant, dans une douce température, la riante verdure du printemps, le suave parfum des fleurs, et l’agréable murmure d’une eau limpide. i

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