DES VÉGÉTAUX
Tons les tnalcriaux qui sont à la disposition de l’arcliitecle des jardins, pour orner et utiliser scs comj)osilions, sont i» les végétaux, a» les eaux, 3 “ les rochers, et encore il n’y a que très-peu de cas.où il puisse se permettre d’en employer de factices; 4» les fabriques. La nature emploie encore pour orner le paysage, les climats, les saisons, les effets de lumière et les sites, toutes choses que l’homme ne peut atteindre, mais dont il peut néanmoins tirer tni immense parti en arrangeant ses matériaux de manière à faire valoir ceux de la nature, ou de manière à ce que ceux de la nature fassent valoir les siens. !
Sans végétaux il n’y a point de jardins, poinlde nature: avec des végétaux on peut à la rigueur se passer des autres! matériaux à la portée des hommes. Les végétaux étant donc' les élémens indispensables, c’est par eux que nous devons] commencer; :
Les végétaux se divisent en ; i® arbres. Ceux-ci se subdi*l visent en arbres de première, seconde et troisième grandeur. Pour être mieux compris dans la suite de cet ouvrage, il est nécessaire de préciser mieux ces divisions.
Tout végétal ligneux, non grimpant ni .sarmenteux, nisis> à tronc plus ou moius gros et vertical, dépassant plus de quinze pieds de hauteur, est un arbre. Beaucoup d’autres végétaux ligneux, atteignant quelquefois plus de quatrevingts pieds de longueur, mais dont la tige grêle, sarmenteuse comme la vigne, volubile comme le chèvrefeuille, radicante comme le lierre, ou grimpante comme la clématite, ne peut se soutenir seule et sans appuis, sont classés par l’usage parmi les arbrisseaux. ^
L’arbre est de troisième grandeur quand il n’atteint que de quinze à trente pieds; de seconde grandeur quand d
atteint de trente à cinquante pieds, et de première grandeur quand il atteint de cinquante à cent pieds et au-delà.
2». Arbrisseau. On donne ce nom à tout végétal ligneux, non grimpant, ayant de quatre a quinze pieds d élévation; et à tous ceux qui sont grimpans, quelle que soit la longueur de leurs tiges.
30. Arbustes. Végétaux lignetix, s’élevant depuis trois pouces de terre, comme le rosier de Laurence, jusqu’à quatre pieds.
4 «, Plante sous-frutescente. Quand les tiges sont herbacées au sommet et ligneuses à la base, et quelles durent deux ou plusieurs années, mais moins que celles d’un arbuste ou d’un arbrisseau. Par exemple les chrysanthèmes des Indes.
50. Plantes herbacées. Celles dont les tiges sont constamment herbacées dans toutes leurs parties, et périssent après un an ou deux, rarement davantage, surtout dans nos climats.
Les piaules herbacées se subdivisent en annuelles, quand elles germent, fructifient et meurent dans l’espace d’un an. Bisannuelles, quand elles germent, fructifient et meurent dans l’espace de deux ou trois ans. Vivaces, quand elles se conservent et fructifient plusieurs fois, pendant un plus ou moins grand nombre d’années.
Les plantes vivaces le sont par leurs racines,* quand leurs liges meurent chaque année et que leurs racines se conservent ; dans ce cas on les dit fibreuses si leurs racines sont fibreuses; tuberculeuses, si leurs racines sont composées en grande partie de tubercules tels que ceux des dahlias et de la pomme de terre. Elles sont appelées bulbeuses, lorsque les tiges et les racines meurent, et que la plante ne se conserve que par un gemme ou bouton écailleux irès-développé, vulgairement appelé ognon ; la jacinthe par exemple. Enfin une plante herbacée peut être vivace par sa tige, ses feuilles et sa racine, comme l’oreille d’ours, par exemple, et lapinpart des plantes grasses.
L’artiste a plusieurs manières pour disposer la plantation des végétaux, et ses manières se qualifient ainsi.
I. Végétaux ligneux, i” he quinconce, Véchiquier, lavenue Vallée couverte, le berceau, la palissade, le rideau, la haie, le labyrinthe; 2® la forêt, le bois, le bocage, le
bosquet, le groupe, le massif, le buisson, Yùrbre isolé, \ V arbrisseau ou V arbuste isolé. j
II. Végétaux herbacés, i» La prairie, la peloitzc, le gazon, le tapis; 2° la plate-bande, la planche, la corbeille, le massif, la contre-bordure, la bordure; 3» le parterre. {
Le quinconce. ■ [
Il consiste en une plantation d’arbres de première gran- i deur, le plus ordinairement de tilleuls, de marronniers, de ! robiniers, espacés en losanges réguliers, et destinée à fournir une promenade ombragée.
ps auteurs modernes se décbaînent contre la symétrie des quinconces et les proscrivent sans autre forme de procès, ainsi que toutes les grandes plantations régulières, de leurs compositions qu’ils veulent toujours pittoresques. Mais le majestueux, la noblesse d’un jardin de palais, d’une promenade publique telle que les Champs-Elisées, a aussi son pittoresque, quoi qu’ils en disent, et pour des compositions semblables, il n’y a pas à balancer entre le symétrique et le paysager, sous peine de ridicule si l’on avait assez peu de goût pour choisir ce dernier.
Le quinconce demande à être entretenu avec beaucoup de soins, Il faut chaque année nettoyer les arbres des bois morts, des branches cliancreuses ou diffuses, enfin balayer j les feuilles mortes, et ratisser les herbes qui peuvent être i
dessous. Le maronnier dïndc est un arbre magnifique, mais ■
il a le défaut de laisser tomber à l’automne ses fruits et leurs enveloppes, de manière à salir beaucoup les allées.
L’échiquier.
Il ne thfl’ère du quinconce que par la plantation qui est ; en ecbiquier et non en lozanges. Du reste, il est prejne aux mêmes genres de composition que le quinconce , exige le même entretien, et peut-être a moins de grâces. °
L'avenue.
Comme les précedens, elle appartient aux compositions auxquelles on veut donner de la majesté et du grandiose. !
Rien ne peut la remplacer pour dessiner la perspective d’une façade de château ou de palais, et c’est en vain que le nieraient les amateurs exclusifs des jardins chinois et anglais, jardins dans lesquels on trouve, par parenthèse, des quinconces et des avenues, en Angleterre et à la Chine.
L’avenufr est d’une grande ressource pour border une route, un canal (pl.21), et surtout pour alonger artificiellement une perspective et faire paraître une composition plus grande qu’elle ne l’est réellement, comme nous l’avons dit à l’article perspective artificielle.
Toute sa beauté consiste dans sa largeur, sâ longueur, et la grosseur des arbres dont elle est plantée : aussi, par cette dernière raison, il faut l’attendre pendant de longues années avant de jouir entièrement de son effet. Cependant cette considération, qui doit retenir la hache quand on en possède une toute formée, né doit pas empêcher d’en planter de jeunes, car si on se sert de beaux sujets, déjà parvenus à une certaine grosseur, elles ne laisseront pas de jeter beaucoup d’agrément dans une composition, au bout de quelques années. Les avenues de peupliers sont celles qui se font le moins attendre, et peuvent produire beaucoup d’effet meme pour conduire à l’entrée d’un château ou d’une^ élégante maison bourgeoise, comme on en voit beaucoup d exemples dans les environs de Lyon et dans le département de l’Ain.
De toutes les avenues que j’ai vues , celle qui m’a le plus frappé d’admiration existe au château de Vongy, entre Roanne et Charlieux, sur les bords de la Loire. Elle peut avoir un demi-ipiart de lieue de longueur et sc compose entièrement de chênes dont le moins haut passe quatrevingts pieds, et dont le tronc du plus petit a au moins neuf pieds de tour à cinq pieds de terre.
L’avenue exige les memes soins de propreté que le quinconce : de plus, on soumet ordinairement à la tonte les arbres qui la composent. Par exemple, si elle a quatre rangs d’arbres, ce qui est le plus ordinaire, les deux de chaque côté se taillent en voûte sur le trottoir, en mur perpendiculaire sur le côté extérieur, et en demi-voûte très-élevée de chaque côté de l’allée principale.
Il faut avoir grand soin, lors de la taille du printemps, d’abattre les branches et les brindilles mal placées, et sur-
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L‘allée couverte. '
avec l’avenue, mais elle est
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L’allée couverte demande le même entretien que l’avenue, les mêmes soins de propreté, et au moins deux tonies régulières par année. Elle s’allie fort bien à de certaines compositions de paysage, et convient parfaitement à tous les jardins symétriques, surtout à ceux qui ont peu ou point de perspective, car elle peut, sans manquer aux couveuauces, aboutir à un vide-bouteilles ou toute autre fabrique sans architecture , masquant la limite du jardin,
Lt berceau.
Sous ce litre nous comprenons toutes les compositions en verdure, telles que reposoir, salle de danse , salle à manger, cabinet, théâtre, etc., (planche 19).
Le berceau proprement dit est une courte allée couverte, composée d’arbres de troisième grandeur, taillés depuis la terre en palissade épaisse, et s’arrondissant cn-dessns en une voûte de verdure impénétrable aux rayons du soleil. C’est la miniature d’une allée couverte, que l’on plante quelquefois en arbrisseaux grimpans, tels que chèvrefeuille, clématite odorante, brione radicanle, etc., et que, dans ce cas, on soutient avec une. légère charpente en lattes ou eu fer. Le berceau est propre aux petites et aux grandes compositions, régulières ou pittoresques,
La tonnelle diffère du berceau en ce qu’elle est constamment soutenue par une charpente en lattes quelquefois artistemonl entrelacées, ou en baguettes et même en mailles de fer, et qu’elle affecte une forme circulaire recouverte par un petit ilôme. Presque toujours elle est plantée en arbrisseaux grimpans.
Le reposoir est composé d’arbres à fleurs tels que lilas, cytises, merisiers à grappes, ou autres dont les fleurs sont peu ou point apparentes, mais dont le feuillage touffu est d’un vert gai. Le dedans en est élagué proprement, et l’on y trouve des bancs commodes pour s’asseoir, une statue ou lin buste ( pl. 19 fig. i ).
La salle de danse consiste le plus souvent en un cercle d’arbres se touchant par leur feuillage, formant une rotonde taillée propremeut en portiques, et couverte en tout ou en partie par une voûte ou une demi-voûte de verdure. Le ter-
rain en est durci à la halle et recouvert d’une très-légère couche de sable, on y trouve un orchestre élevé pour les musiciens, et quelques bancs et sièges rustiques qu’on y porte quand on doit y danser (pl. igfig. 4).
La salle à manger ne diffère quelquefois en rien de la salle de danse (pl. 19 fig. 3). Mais cependant elle est le plus souvent entourée d’épaisses palissades de verdure, qui dérobent de joyeux convives aux regards de l’indiscrète curiosité (pl, 19 fig. 6). Si elle est plantée en arbres qui attirent les chenilles ou autres insectes, on élève quelquefois au milieu de la table, un parasol en chaume qui abrite le couvert et les mets, des insectes qui pourraient y tomber.
Le cabinet de verdure ne diffère de celte salle à manger que par ses dimensions beaucoup plus petites. On y trouve quelquefois un banc de gazon ou de bois. Rarement une petite table de marbre.
Le théâtre est une des plus aimables compositions de ce genre (pl. ig, fig. a). Nous en trouvons un plan dans la pl. 16, «.
Il est placé au milieu d’un massif de verdure qui en masque parfaitement le fond et les côtés, a est une place circulaire, formant l’orchestre, où l’on place des sièges rustiques pour les musiciens, parce qu’il faut qu’ils puissent les trans- ])ortcr et les changer de place pour la commodité de leurs divers instrumens. Autour de l’orchestre est un banc circulaire en bois (et non en pierre), représentant les j)remièr(‘S loges; derrière est un gazon en pente douce, au-dessus duquel est un second liane circulaire pour le public choisi que le propriétaire veut bien admettre. La scène D est élevée de trois pieds, en terre, battue et sablée, les coulisses sont formées > de palissades de charmes, d’ormes, de thuya ou d’ifs, élagués ■ avec beaucoup de précision et soumis à une tonte régulière. Au moyen d’un sentier pratiqué autour des coulisses, les acteurs tournent aisément autour de la scène et peuvent faire leur entrée par où ils veulent. Derrière la palissade représentant la toile du fond est une petite fabrique dont l’intérieur divisé en trois petites pièces, offre un foyer ou | chauffoir élégant, de chaque côté duquel une porte donne entrée à une chambre, pour les hommes à droite, pour les * femmes à gauche, où vont s’habiller les acteurs. |
Le ihcâlre, tel que nous le représentons en élévation (pl. 19, fig. 2 ), est une des plus agréables fabriques que Fou puisse composer avec le seul secours des végétaux; il convient à tous les genres de compositions, pourvu qu’on le rallaclie à une liabilalion annonçant l’opulence.
Il n’est pas seulement utile aux amateurs de l’art des Talina et des Mars, mais encore aux jardiniers pour placer sous son ombre protectrice de charmans gradins de délicates plantes de terre de bruyères.
Nous rapporterons encore au berceau un singulier genre de fabrique, dont les modèles sont assez rares. Il consiste en une petite salle à manger, placée sur un aylne (pl. 19, fig. 5), et où l’on ne peut arriver qu’au moyen d’une échelle. Il y a quelques années que l’on en voyait un curieux exemple à la porte d’une guinguette de Montmartre. Dans le parc de Mont-Jean il en existe aussi un fort joli modèle. Les sabotiers des forêts du Charolais font mieux; ils se construisent sur un arbre une maison assez grande pour loger une famille entière, ils y montent au moyen d’une éclielle tournante composée de chevilles iiiiplantées dans le tronc de l’arbre, et ils entrent dans leur pittoresque cabane par une trappe consistant en une claie de feuillage.
On peut encore modifier de mille manières le berceau de ''erdure, en raison du caractère des scènes et du bon goût de l’architecte.
La palissade.
Je ne saurais mieux faire comprendre ce genre de fabri- ‘l«e, qu’en disant qu’il consiste en un mur de verdure. Le théâtre de la pl. 19, fig. 2, nous en offre des modèles dans ses coulisses.
ha palissade était autrefois très à la mode, et on lui donnait vulgairement le nom de charmille , parce qu’elle était plantée en charmes : on faisait cependant quelquefois des palissades en ifs, mais rarement. On s’en servait pour des promenades ombragées, des labyrinthes et autres compositions dans le genre symétrique. On en plantait aussi le long dés murs de clôture pour les masquer. Avec des charmilles ou faisait des cabinets de verdure , des salles, des rotondes, etc.
Aujourd hui on se serf encore de palissades, mais rarement et dans un petit nombre de cas : par exemple, si l’on veut masquer les limites d un jardin, on peut y planter une palissade de huit a dix pieds de hauteur : les curieux du dehors ne pourront voir ce qui se passe en-dedans, et les promeneius du dedans, au moyen d’ouvertures percées dans la palissade et nommées haha, verront ce qui se passe dehors. Une haute palissade, motivee avec art, peut encore servir a masquer la vue d’une fenêtre donnant sur une scène du jardin.
Pour qu’une palissade soit belle, il faut que son feuillage sou assez touflu pour ne laisser aucun passage à la vue, et que cependant elle n’ait que dix-huit pouces ou deux pieds au plus d épaisseur. ^
Une allée en palissade de charmille ne doit jamais être couverte, parla raison qu’elle aurait une fraîcheur ou même une humidité dangereuse, et, qu’outre cela, elle deviendrait 1 asile favori dune foule d’insectes et particulièrement de cousins dont la piqûre est au moins fort incommode. C’est en elevant a une certaine hauteur à-peu-près calculée sur l’obhquite du soleil aux heures de promenade, qu’on en obtiendra de lombrè.
On donne quelquefois le nom de palissade à une haie (pl. 20, fig. i6, 17 ), taillée avec soin , et plantée en troëne, en lilas, en syringa ou autres arbrisseaux remarquables par 1 eclat^ ou la douce odeur de leurs fleurs. On taille ces palissades a trois ou quatre pieds de liouteur, et l’on s’en sert pour clore de petites scènes champêtres ou rustiques.
Toutes les palissades demandent de grands soins dans leur entretien. Il faut les élaguer chaque année au jirintemps, et les tondre an moins deux ou trois fois à la cisaille dans le cours de 1 année.
La haie.
Elle devient d’autant plus importante dans nos nouvelles compositions pittoresques, qu’elle sert à la fois de défense et d’ornement. Aujourd’hui elle remplaee les murs, si ce n est pour l’enceinte de toute la composition , c’est au moins pour clore les scènes partielles. Dans un immense parc j ou
tout autre genre de vaste jardin, Tulilité de la baie ne peut le disputer au mur, parce qu’il est impossible de l’entretenir assez bien pour qu’il n’y ait pas le moindre trou capable de donner passage aux animaux ou aux hommes. Et quand cela serait, un voleur peut toujours s’y frayer un passage au moyen de quelques coups de serpe ou d’une scie à main, et venir par-là dévaliser les meubles ou autres objets d’une fabrique éloignée de l’habitation.
Mais quand le jardin n’est que d’une médiocre étendue, que la surveillance peut aisément s’étendre dans tous ses contours, une bonne haie d’aubépine est, à notre avis, la meilleure clôture que l’on puisse employer. Elle a sur toutes les autres l’avantage inappréciable de se fondre dans la composition des scènes par la couleur de son feuillage; elle a encore ceux de ne point masquer la vue, et d’arrêter les limites sans les indiquer. Dans un site de plaine, il faut renoncer au point de vue si on n’exhausse le promeneur sur un las de terre ridicule, ou renoncer aux murs et clore avec des haies.
La première qualité que doit avoir une haie, c’est d’être impénétrable par sa solidité et ses armes naturelles, c’est-àdire ses épines. Pour cela on la plante avec des arbrisseaux choisis parmi les espèces les plus robustes, les plus épineuses et les plus touffues. Le houx, le genevrier commun, le robinier et quelques autres espèces ont été assez avantageusement employées, mais il n’eu est point qui vaille l’aubépine ( oxincaffrAa de Linnée) par sa force, son
épaisseur, la diffusion de ses branches et ses épines nombreuses, longues et acérées. Une haie d’aubépine, lorsqu’elle a été plantée sur deux rangs, qu’on lui a laissé le temj)s de se bien garnir dans le bas en ne s’empressant pas trop de l’élever, forme une barrière impénétrable, plus difficile à franchir qu’une muraille.
Le rideau.
Il consiste en une grande tenture de verdure, servant à masquer ou à parer les murs d’une habitation. On le fait avec des arbrisseaux grimpans , remarquables par le brillant de leurs fleurs et de leur feuillage, ou utiles parleurs fruits; par exemple ; la vigne, la vigne vierge, le jasmin de
«.Ile, eoire, e, enfumée, qui l'e„,ou„„, ,e pi,,, “
soif‘'ma1r-T agréable effet, quel qu’il
Tu ter à'r , ■/'■ "■"1“ ''"il “ ■■»?■
se^on? ni^ ^ rideau de vigne dont les pampres lais- .'’es grappes riantes, remplira mieux les la nSrr '* 7 “ arbrisseau à cclalanles cm-ollcs. Conire
dale Tlïe.7“'T “r ''"''i® chapelle, d’une tour féodate, le lerrc a la somlire verdure grimpera à travers les mousses, les giroflées jaunes et les chélidoiL qui s’emplrenJ
en 7 ; 7 e 7 Trén:lu 7 °“''’"‘ P*‘>or-ques fleurs jaunes
On observera que lorsqu’il s’agira d une scène de jardin paysager, ou 1 art ne doit jamais se montrer, oa ne pourra se servir, pour tapisser une rocaille, un rocher, une îuine, ou meme le tronc d’un vieil arbre, que d’uû arbrïseaii pimpant dont les rameaux seront garnis des vrilles, de racines ou de suçoirs, afin qu’ils puissent s’attacher et se maintenir seuls pour former le rideau.
Le laljrrinl/ie.
Cette composition était tellement ii la mode autrefois au’on
P™">«»a>le Joui le, allée, einèi i lrr 1“ >« Peomeiiem-,V égaie faci-
lemeut et de manière a ne pa, pouvoir ,e relrôuver pour
• ên Sortir. Ëeaueoitp d’architectes de jardin Sont fomhés dans lin écueil en traçant des chemins mêlés» entrecroisés de mille manières pour former ce genre de composition. Le promeneur cherche un objet piquant qu’il sait être dans le labyrinthe, il s’y enfonce dans l’espérance de le trouver, et il en parcourt les sinuosités avec plaisir, sans fatigue, jusqu’à i ce qu’il ait trouvé l’objet qu’il cherchait; mais lorsque sa ^ curiosité est entièrement satisfaite, qu’il sait par cœur votre ! labyrinthe sans cependant en connaître les issues , il désire voir d’autres objets, et s’il est forcé de se promener longtemps avant de pouvoir satisfaire sa nouvelle fantaisie, s’il est obligé de tourner et retourner vingt fois sur ses pas, l’impatience viendra, puis l’ennui, puis le dégoût, et vous ! aurez manqué votre but, celui de plaire, parce que vous l’aurez outrepassé. Arrangez donc vos plantations de manière a exciter son impatience pendant que durera le désir ; mais celui-ci une fois satisfait, niontrez-lui le fil d’Ariane. Imitez le manège d’une femme qui connaît le cœur des hommes, et qui veut conserver un amant.
Les anciens, qui ne voyaient partout que la syme'trie, avaient trouvé le moyen d’y soumettre jusqu’au labyrinthe, comme on peut le voir par le plan de celui des jardins de ’''’ersailles, pl. 17. Les statues d’Esope et de l’Amour en décoraient l’entrée, sans doute parce qu’Ésope était, selon le dicton vulgaire, un grand devineur d’énigmes, et parce que rien n’égare plus que l’Amour. .Soit dit en passant, ces préleiitieuses niaiseries prouvent assez le mauvais goût de nos ancêtres, qu’il faut bien se garder d’imiter sous ce rapport, car rien ne découvre mieux le manque d’esprit que celle ardeur d’en montrer en toute occasiou.
3 Le labyrinthe offrait à chaque embranchement de roule «ne fontaine d’une arcbileclure pliis ou moins élégante, ce 'im ne laissait pas que d’augmenlcr la monotonie de la composition , et, ce qui était mieux, un numéro d’ordre sur c lacune. Au moyen de ce numéro, on se retrouvait et on SOI tait quand on était ennuyé de marcher sans objet.
Les modernes ont aussi fait des labyrinthes, et la plupart ont imité celui du jardin des Plantes (pl. 4, a], en ^ colimaçon. Les paysagistes exclusifs le rejettent de leiirs compositions, mais le plus grand nombre motive si mal les exuosités des allées, qu’on ne peut expliquer ces courbes
inutiles que par l’intention de former un labyrinthe. Les Chinois , surtout, donnent dans ce mauvais goût, comme on peut en juger par la planche 17, représentant un jardin des environs de Pékin.
On emploie, pour la plantation des labyrinthes, des arbres et des arbrisseaux, parce qu’il peut figurer également bien dans une forêt, un bois, ou un bosquet.
La forêt. ■
C’est une composition immense, ordinairement composée d arbres indigènes à la France, quelquefois entremêlés d’es- ! peces exotiques. Les végétaux en sont élevés, irrégulièrement plantés comme s’ils appartenaient à une forêt vierge, où la nature aurait tout fait. °
Rarement un architecte des jardins se trouvera dans le cas de planter une forêt, mais il peut lui arriver assez souvent den avoir une ancienne à enclaver en tout ou en partie dans la composition d’un jardin paysager d’une vaste etendue, tel que le parc et la ferme ornée, et dans ce cas,
Il faut quil sache en tirer le meilleur parti possible.
L’antiquité et la grandeur des arbres, les aceidens pittoresques de leurs troncs, tels que les mousses et lichens, l’élegance, la couleur et l’épaisseur de leur feuillage, sont autant de qualités qui influent sur le caractère majestueux et sombre d une forêt.
^ Avant de mettre la cognée dans une forêt, il faut en avoir ctudie toutes les parties, connaître les mouvemens de terrain, les divers sites qui la composent, afin de pouvoir se rendre un compte exact du parti qu’on peut en tirer, et de l ne pas s’exposer à regretter plus lard les abattis irréparables ' que Ion aurait faits avec trop de précipitation.
La lorêt a un caractère de majestueux et de grandiose quelle doit a son aspect sombre et sévère. Il faudra donc, pour suivre les règles de convenance que nous avons établies, n’y placer aucune fabrique d’un genre champêtre ou rustique. On n’y trouvera ni chaumière, ni chalet, ni pavillon élégant, mais, sur le sommet d’une colline escarpée, ' les ruines d’un vieux château féodal ( pl. 109, fig. 2,3), ^
une tour fortifiée (pl. 26, fig. a), ou d’im ancien couvent<
Àu pied d’un massif de chênes séculaires, dans une sombre vallée, on ven’a cette pierre levée, ce monument druidique, où l’on croit que nos fanatiques et barbares ancêtres, les Gaulois, immolaient des victimes humaines à leur dieu Teulatès.
Dans une clairière, au bas d’une roche exposée au midi ou au levant tout près d’un chemin fréquenté, vous pouvez risquer un ermitage ( pl. io8, fig. i, 3 ), mais il faut qu’il soit motivé par le récit d’un événement funeste arrivé à celle même place, et qu’il ait élé bâli pour accomplir un vœu. C’est pour cela que vous placerez à côlé, dans une niche placée sur le rocher ( pl. 107, fig. 3 ), la statue de Notre-Dame-de-la-Roche ou de Délivrance. Vous pouvez encore, en le motivant de même, placer un ex-voto tel que ceux de la planche 107, fig, i, a , 5 et 6.
Dans une croisée de chemin, vous pouvez tracer un rondpoint, et planter au milieu un obélisque (pl. 106, fig. 3 , 4, 5 , 6 ), qui servira à marquer un rendez-vous de chasse; enfin, sur la lisière de la forêt, vous pouvez placer la maison pittoresque d’un garde ( pl. 5 1, fig. 4 » 5 6 ), à laquelle, si vous le voulez, vous donnerez la physionomie d’un cottage anglais ( pl. Sa, fig. 3 , 4 ).
Si la forêt accompagne le palais d’un prince, et qu’elle soit destinée au plaisir de la chasse , il est indispensable d’y tracer en divers sens de larges chemins en lignes droites, afin que les chevaux puissent plus aisément suivre la chasse et devancer le cerf en coupant au plus court. Dans ce cas, vous y placerez un ou deux bâlimens d’une architecture plus ou moins riche, mais toujours élégante, servant de rendez-vous de chasse, dans lesquels vous logerez des gardes ou des inspecteurs. Dans ce cas, encore, vous aurez soin de placer sur tous les carrefours une colonne ou un obélisque, sur lequel sera écrit le nom des routes et celui de l’endroit où elles conduisent.
Dans toute autre circonstance, donnez-vous bien de garde des allées droites ; il n’est rien d’aussi monotone, car nécessairement elles se ressemblent toutes et n’offrent aucun ac- ^ cident capable d’en varier agréablement l’aspect.
Vos chemins seront sinueux, mais les courbes qu’ils décriront seront toujours motivées par les accidens du terrain , ou du moins en auront l’air, car l’homme le plus borné sait
to,u“il«'jr'* "’‘''"'°"' "™ P'“ '“ "■*"•' '•'■se"!' pa.-
que loujours il conduise à .„. !,,„ digne d'êlrè cTetlîé tr
r'l’’dW h“v;,e^"l''°S“ "" élevé de la fo.
m.Vc . ■ •’ a iravers le feuillage de quel-
inc c ". ""f"'" elairseméa, ou plananl'parVe^us
eo™„,:dreVLl;;â"i’ pln'^r^Toiet atir
eu7a'ulu!^".''en ces lieux qSTasard U , sitr -n ■ “T• fignreront que dans
par des iTn^de gSoi’ les remplacera simplement
D’autres ehemins eonduiront à l’crmilaae . à la ri.niP on a toute autre fabrique, mais, nous le îfXs! ïs se! ont toujours motives, sous peine d’élre ridicliles.
^ inspire assez souvent l’effroi, ou au
lT2-| et qui ont peu
1 habitude des bois. Il faut, en conservant le caractère s u
néanmoi^^r bl"":
, et ritn nest si aise que dy parvenir. Pour cela on ménagera de distance en distance des points de vue dont moyen lerminera sur une maison habitée. Par ce
la E, efdV°sVrga'r “ ’ ’ -l-"»
Nous avons dit que le caractère de la forêt devait être
enlSri;:' lui consert:;! Z
en tcaitet les arbres exotiques qui exigent de la culture, ou
dont le feuillage et les fleurs annoncent une origine étrangère, et par conséquent la main du jardinier. Les arbres résineux, de la famille des conifères, peuvent être à la rigueur exceptés de celte exclusion, parce que leur port, quoique très-pittoresque, a cependant beaucoup d’analogie avec les espèces indigènes, et quïl faut même quelquequefois être un très-bon botaniste pour les eu distinguer au premier coup-d’œil.
Cependant on peut dans de certaines scènes placer dans une forêt, sans manquer aux convenances, les espèces exotiques les plus tranchées par leurs faciès, les plus remarqua- Ides par leur feuillage, tels par exemple que les tulipier, tnagnoüer, maronnier rubicond, et autres; des arbrisseaux charmans, tels que rosiers de bengale et autres, rosages, syringa, lilas, etc. Il ne faut que les motiver, et ils produiront alors un contraste charmant, inattendu, et du plus grand effet. Supposez le défunt ermite amateur de fleurs, et son petit jardin abandonné peut encore vous montrer à travers les herbes et les buissons qui commencent à l’envahir les fleurs brillantes de la tulipe, des narcisses, des jacinthes, et de plusieurs autres plantes vivaces qui s’y sont conservées; vous y verrez sans étonnement, mais avec grand plaisir, les rosiers, les pivoines en arbre, les jasmins, ouvrir leurs séduisantes corolles.
Autour des ruines dé la forteresse ou du château féodal^' tl sera tout simple de rencontrer encore les arbres exotiques , en quinconce ou en échiquier, qui jadis en ornaient les entours. Vous ne serez pas surpris devoir croître encore quelques fleurs et quelques arbrisseaux d’ornement sur l’em placement du jardin, et même d’y rencontrer un vieux censter ou un antique poirier, se couvrant encore chaque anuee de bons fruits Vous aurez mille fois plus de plaisir « c cueillir la que dans le plus riche verger; mais surtout lue le jardinier, pour donner à ces tableaux toute leur aiscmblance, ait le soin minutieux de ne laisser aucun f-iit ^ culture, et de faire à ces arbres une taille toul-àf-.;,. dans les principes, afin de ne
e apercevoir aucune trace de serpette.
La décoration que formera la ligne extérieure de la forêt ' I-««>Mourso„ser„«
UX, mais molues, et il leur conservera le même carac-
tère de sévérilé qu’au reste de la composition. On n’y verra aucun arbre exotique, aucun arbrisseau à fleurs apparentes et prétentieuses. On y verra peut-être quelques buissons isolés d’églantiers ou autres roses simples, de cratægus, et autres arbrisseaux agréables et indigènes, mais rien qui sente la serre chaude, la bêche ou la serpette.
On appelle clairière, dans une forêtjfou un bois, une partie plus ou moins vaste, entièrement ou presque entièrement dépouillée d’arbres, soit par un accident, soit à cause de la mauvaise qualité du terrain qui ne leur permet pas d’y croître. On pratique des clairières dans une forêt pour plusieurs raisons: la première est de varier le coup-d’œil; la seeonde de démasquer un point de vue pittoresque; la troisième de ménager aux chasseurs un lieu de tir pour la perdrix et le faisan.
Lorsqu’une clairière est très-vaste, et qu’on y mène paître le bétail (ce qui ne devrait jamais être, mais ce qui arrive quelquefois dans les propriétés soumises à de certaines servitudes), on peut y motiver une petite cabane de berger. Si au contraire elle est dans un lieu sauvage et retiré, rien n’empêche d’y trouver la cabane de chaume d’un braconnier (pl. io5, fig, 5.)
Mais le plus ordinairement la clairière n’a besoin que des ' simples ornemens de la nature. C’est là que l’on peut placer un arbre isolé, choisi parmi ceux indigènes, dont le feuillage blanchâtre se détache d’une manière pittoresque sur la ' verdure plus foncée des autres arbres. Un cytis des Alpes, lorsque ses rameaux flexibles plieront sous le poids de ses magnifiques grappes jaunes et pendantes, offrira le coupd’oeil le plus gracieux et le plus agréable. La vue de la localité seule peut enseigner la manière la plus pittoresque d’y placer un arbre isolé. *
Le bois.
Les arbres qui le composent sont moins élevés, plus touffus à la base que ceux de la forêt, et ils sont entremêlés de taillis et de futaies qui nç laissent au coup-d’œil qu’un espace très-borné; aussi le bois est-il propre à masquer l’élenduc restreinte d’une composition, et à la lier avec Ic ’ paysage extérieur.
Le bois doit cire planté dans les mêmes principes que la forêt, c’esl-à-dire irrégulièrement et comme au hasard; et cependant ce prétendu hasard est un des effets les plus difficiles de l’art, car il n’est pas un arbre, un buisson, dont la plantation ne soit un sujet de combinaison, en harmonie avec les objets voisins.
Le caractère du bois est beaucoup plus modeste que celui de la forêt; il ne vise ni au grand, ni au majestueux, ni au sévère, mais au gracieux et au pittoresque; quelquefois, si Me site montagneux l’autorise, au rormantique et au sauvage. Dans tous les cas, les fabriques peuvent y être d’un genre plus varié et d’un caractère moins sévère. L’ermitage, l’ex-voto, y trouvent leurs places comme dans la forêt, mais on peut y joindre, sans blesser les convenances, les cabanes, les chaumières, et même la maison rustique, pourvu qu’elles appartiennent à des scènes épisodiques qui les motivent, l^ar exemple, un kiosque, un belvédère, soit qu’on leur donne une physionomie chinoise, indienne ou autre, soit même qu’on les construise sur le plan élégant d’un petit temple de l’amour, me paraîtront toujours assez motivés, quand de là on aura un point de vue remarquable. Une ahaumière russe ou un chalet ne me paraîtront pas déplacés sur la lisière du bois, s’ils sont habités par un garde ou un jardinier. Un cabinet de repos sera bien placé dans un vallon solitaire; une cabane d’affiilcur près d’une garenne, etc., etc.
Le bois peut être divisé en deux espèces, le taillis et la futaie. Le premier consiste en un massif d’arbres et d’arbrisseaux ne dépassant jamais douze, à quinze pieds de hauteur ; la seconde, moins touffue et laissant pénétrer la vue à une certaine distaine, se compose d’arhres s’élevant de vingt à quarante pieds, assez rapprochés pour mêler le feuillage de leur cîme et former ainsi d’immenses voûtes de verdure. Rarement le taillis et la futaie sont isolés l’un de l’autre, surtout lorsqu’ils sont d’une certaine étendue : on est dans l’usage de les planter en mélange pour varier une composition.
Le taillis, sans mélange d’arbres élevés, s’il n’est d’une trèspetite étendue, devient trop monotone; mais dans un espace borné, il peut être fort agréable, surtout s’il est percé avec goût. Dans un site montagneux, ayez la précaution de ne pas planter le taillis dans les vallées, car l’œil qui, en dominant par-dessus, découvrirait d’autres objets sur le penchant
d’une colline placée derrière, jugerait mal de l’étendue des bois qu’il croirait beaucoup plus petits que dans la réalité. Planlez-lc donc en ampliithéâtre, sur le penchant des coteaux , et faites continuer la plantation jusqu’au sommet de la colline; dans celle exposition, qui met à la portée de la vue toutes les scènes qu’il renferme, il produit un effet charmant. Mais, dans Ce cas, toutes les fabriques se trouvant placées à la fois sous les yeux du spectateur, il faut qu’elles soient de genres très-diversifiés, peu nombreuses, peu entassées, pour ne pas produire le sentiment de la satiété.; Là vous trouverez de frais ombrages, des points de vqp nombreux, et toute la variété que l’on peut attendre des mouvemens de terrain.
Des allées agréables serpenteront en lacets sur les flancs des côtes rapides, pour eu adoucir la raideur. Ici elles se croiseront et s’entrecouperont les unes les autres pour faciliter une promenade délicieuse, et vous conduiront à des clairières habilement pratiquées, à des fabriques ou autres objets remarquables, car, nous le répétons, il faut qu’elles soient toujours motivées.
L’entrée d’un bois n’est pas indifférente ; elle doit être très-pittoresque, parce qu’elle fait naître une première impression qui prévient toujours pour ou contre la composition: entière. Elle doit être à proximité de l’habilation, et autant qu’on le pourra, s’ouvrir entre deux petites collines. Ecoutons le créateur des jardins de Bruneault, M. le vicomte de Viard, et, autant que nous le pourrons, suivons ses eonseils dictés par le goût et rcxpcrience. « Des ligues d’arbres, « dit cet auteur, peuvent dès le commencement suivTe queh « que temps les sinuosités de cette route, en se dévelojtpant « avee elle sur le milieu d’une pelouse limitée de chaque « côté par des bois touffus et dont les bords se fermeront « au moyeu de grands massifs séparés par des intervalles tou*
« jours moins étendus que la clairière où se dirige le chemin, .« afin de ne point distraire du trait principal. A mesure « qu’on avance, les bois venant à se rapprocher, la ligne « d’arbres qui faisait la bordure ira se perdre et se fondre « dans celle du bois, qui servira pendant quelque temps de « cadre à une avenue se dirigeai à l’habitation. L’espace « s’élargira insensiblement et donnera naissance à plusieurs « clairières qui s’enfonceront de côté et d’autre dans le fourré,
“ dont les entrées sei'ont divisées tantôt par de petits massifs,
« d’autres fois par des arbres jetés eu avant, mais toujours « disposés de manière à ne point interrompre la marche de « la route, surtout si elle est destinée à former avenue,
« mais plutôt à la déterminer. Si l’emplacement vient à s’é- « largir davantage, des groupes d’arbres d’un côté , un • arbre isolé de l’autre, que quelquqsingularité fasse re- « marquer, ressortiront avec grâce sur la pelouse, et serviront " à indiquer la continuité du chemin. »
La ligne extérieure d’un bois demande à être tracée selon d’heureuses combinaisons. Si le terrain a du mouvement, rien n’est aussi aisé que de donner de la grâce et du naturel à ses inflexions, il ne s’agit que de reculer la lisière en dedans , dans les parties creuses ou les petites vallées, et de la faire saillir eu dehors sur les parties élevées. Les enfoiicemens seront d’autant plus profonds, que la vallée sera plus large et plus profonde. Sur un terrain absolument plat, il faudra encore faire des sinuosités, mais moins brusques, moins profondes, et dans les enfoncemens on simulera une petite vallée au moyen d’un artifice de plantation, dont nous parlerons plus loin.
Les enfoncemens qui auront quelque étendue deviendront le théâtre naturel de scènes champêtres ou rustiques, où des fabriques appropriées aux genres de tableaux que l’on créera trouveront à se placer avantageusement.
Le locage.
Il faut à ce genre de composition de l’air, de la couleur, du ciel, de l’eau , de l’ombrage, de la fraîcbeur et le chant des fauvettes. Le bocage doit avoir le caractère d’uue scène tranquille, plutôt mélancolique que riante et gaie, parce qu’il doit disposer l’âme à de douces rêveries. On aime à le trouver sur le bord des lacs, d’un étang ; on aime à entendre murmurer les ondes limpides d’un ruisseau qui le traverse en serpentant; on aime à voir l’écrevisse à la marche insidieuse, ou la truite aux écailles couleur de rose, se promener sur le sable argenté ou entre les pierres mousseuses du fond d’une petite rivière, près d’une pittoresque cabane de pêcheur flue la crainte d’une inondation aura quelquefois fait élever i5
sur quatre troues d’arbres (pl. 5i fig. i, 3). Vous pouvez placer différens genres de fabrique dans le bocage, ou du moins à sa proximité : un moulin, un berceau, un obélisque, un vide-bouteilles, une salle de verdure; enfln tout ce qui n’est pas trop ambitieux peut y trouver ses convenances. Il n’est pas jusqu’à un tombeau qu’on ne puisse y cacher dans le fond d’une vallée solitaire, où le silence mélancolique de la nature n’est interrompu le jour que par le chant lointain du pâtre ou du bûcheron, la nuit par le chant romantique du rossignol.
Le bocage attire le promeneur solitaire et l’y retient par les doux attraits de la méditation. On y vient admirer chaque matin le brillant réveil de la nature : on se plaît à y venir épier la fauvette lorsqu’elle secoue la rosée de la nuit attachée sur ses ailes légères; on aime à y méditer encore quelques instans après que le soleil a doré la cime des monts des derniers feux du jour. Il faut donc le placer à proximité de l’habitation.
On le composera de la réunion de plusieurs groupes irrégulièrement espacés mais laissant toujours entre eux de l’air et de la lumière, variés avec art dans leurs dimensions en largeur et en hauteur. Ils se trouveront naturellement réunis en une-seule composition par l’iinité de leur caractère, et les clairières qui les couperont dans tous les sens ne seront que les accidens divers d’un même tableau. Si une clairière se trouvait d’une trop grande étendue pour n’en paraître qu’un accident, on la fondrait aisément dans l’ensemble du tableau au moyen d’un arbre isolé, que l’on choisirait parmi les espèces dont le feuillage est très-remarquable, car sans cela, absorbé pour ainsi dire par les arbres voisins , son effet se réduirait à peu de chose ou à rien. C’est ainsi que l’on parvient à rap|)rocher artifieiellemcnt des parties trop éloi-i gnées, et que l’on paraît remplir les espaces vides.
Le choix des arbres en général, pour la plantation du bocage, doit être fait avec goût, mais sans prétentiton ; les espèces qui offrent de la variété dans leur port et leur feuillage, mais de l’uniformité dans leurs couleurs, devront faire les frais de toute la composition. Le saule, le peuplier, l’aulae et les autres arbres des teries fraîches, se feuillant dès le commencement du printemps, me paraissent devoir y tenir le premier rang.
Il faut qu’un bocage ait de la grâce et de la légèreté. Pour atteindre^ce double but, on espacera beaucoup les groupes les plus considérables, et l’on jettera dans les intervalles, mais çà et là, et sans aucun rapport entre eux, quelques petits groupes peu élevés, entourant quelquefois un grand arbre isolé, tel qu’un aulne ou un peuplier.
Ici point de larges allées, mais de simples sentiers dont les nombreuses sinuosités seront motivées par uu groupe qu’il faut tourner, une clairière à traverser, ou toute autre chose : l’essentiel est qu’ils aboutissent toujours à un objet méritant la peine d’être visité.
Si par hasard on avait à métamoi’plioser en bocage un bois déjà existant, on ne pourrait mieux faire que de suivre encore les conseils de M. de Viard. Voici ce qu’il dit : « Ce “ n’est alors qu’avec beaucoup d’étude, de travail et de soin « qu’il pourra (l’architecte de jardins) parvenir à produire « l’effet qu’on attend d’un bocage composé d’après ces prin- « cipes; mais aussi, s’il y réussit, quelques printemps seu- « lement suffiront pour garnir de jeunes branches les arbres « qui resteront, et pour procurer une jouissance qui n’est « ordinairement que le résultat d’une longue attente. L’al- « tenlion se portera donc d’abord sur les arbres dont se com- « pose l’ancienne plantation et sur les allées qui la divisent. « On lâchera de faire entrer dans l’abattis les arbres les « plus gros et les plus volumineux en branches, surtout s’ils « sont placés sur la bordure des percées, en prenant toutes « les précautions possibles pour qu’ils ne cassent point les « arbres qui devront rester, qu’on choisira parmi les moyens « et les plus jeunes que comprend la plantation. Cette pre* « mière opération faite, il faut chercher à former des “ groupes avec les arhres restes sur pied, en suivant les prin- “ cipes généraux ou particuliers du bocage, selon le cas “ demandé par le local, soit en ôtant ceux qui seraient *' nuisibles, soit en plantant (où il serait nécessaire pour « donner à ces groupes les formes convenables) de ceux “ même que l’on sera obligé de retrancher, s’ils sont assez *' jeunes ou d’une espèce susceptible de réussir à la trans- " plantation. Deux ou trois groupes bien disposés, suffiront « pour détruire les ouvertures en ligne droite, surtout si l’on « a abattu les bordures. Ces vides entreront aisément dans la « composition des clairières qui, s'étendant de côté et
« d’autre sur la superficie qu’occupait la masse du bois, en « feront disparaître entièrement les anciennes formes. »
Le bosquet.
Une connaissance parfaite de tous les végétaux de pleine terre est indispensable à l’archilecle des jardins qui doit tracer un bosquet, car tous peuvent entrer dans sa composition. Il faut connaître leur port, leur hauteur, la forme et la couleur de leur feuillage, afin de juger par avance de l’effet comparatif qu’ils produiront dans leur âge adulte, et de pouvoir les combiner eu conséquence, de manière à en tirer le' parti le plus convenable. C’est riiisloire dn peintre stir porcelaine qui juge de l’harmonie des couleurs sans les voir quand il les emploie, et qui ne peut apercevoir ses erreurs ou le résultat heureux de ses combinaisons, que lorsque son ouvrage a passé à la cuisson. Les gazons et les fleurs entrent aussi comme accessoires obligés dans la composition du bosquet, les premiers en s’étendant en agréables lapis, les secondes tn parant de leur éclat le bord sinueux des sentiers.
Le bosquet peut figurer sans inconvenance dans tous les genres de composition, parce que la proximité de l’habitation suffit pour le motiver; nulle scène ne peut lui disputer en grâce et en coquetterie, nul tableau n’est aussi riche en détails agréables. A lui seul il renferme ce que les autres compositions ont de plus piquant. On y voit les massifs qui, par leurs diverses combinaisons, produisent des clairières pittoresques ; souvent leurs masses de verdure sont formées par le feuillage d’arbrisseaux ou d’arbres les plus rares, re- , marquables par la beauté de leurs fleurs. Ces massifs ont peu d’étendue vus de près, et forment autant de petits tableaux détacln^; mais si on les regarde de la maison, et qn ils aient été savamment combinés, ils se fondront enseffl' ble, paraîtront réunis, cl ne formeront plus qu’un ensemble plein de noblesse.
L’arbre isolé remplit une place distingée dans les étroites clairières du bosquet. Là c’est un cèdre du Liban ombrageant un banc de pierre hexagone qui ceint son énorme tronc ; plus * Join c’est un magnolier aux larges fleurs qui élève sa tête
étrangère au milieu d’une touffe de rosage; ailleurs le tulipier aux feuilles tronquées, ou le vernis du Japon, ou bien encore le sumac utile aux arts, se balancent dans les airs et attirent l’œil sur une pelouse qu’ils décorent.
Les sentiers seront ombragés par de petits groupes de trois à cinq arbres contrastant d’une manière pittoresque dans leur port et leur couleur; le noir cyprès, le hêtre rouge, le peuplier d’Italie, le cytis des Alpes et l’olivier de Bo- ■ hème , s’étonneront alors de mêler leurs feuillages disparates.
Des buissons de rhododendron, de lilas, de rosiers et de pivoine en arbre parfumeront l’air de la suave odeur qu’exhalent leurs Heurs, et paraîtront dispersés au hasard le long des chemins.
Les fabriques élégantes y seront admises, mais avec discrétion, parce cpi’il n’est pas toujours aisé de les y motiver.
C’est dans le bosquet, s’il est d’une certaine étendue, que l’on peut placer ce genre de scène que nous avons désigné sous le nom de bosquet d’hiver. Lorsque l’hiver offrira quelques beaux jours, ou bien au printemps, avant que les arbres aient développé leur riante verdure, on sera enchanté de retrouver dans une courte promenade, si ce n’est la parure verdoyante du mois de mai, au moins son apparence.
Le bosquet est entièrement planté d’arbres, d’arbrisseaux et d’arbustes dont les feuilles sont persistantes et résistent aux rigueurs de nos hivers. Quelques conifères clairsemés et choisis parmi les espèces dont le feuillage est d’un vert clair, y figureront, mais en petit nombre. Les alaternes, les lauriers-cerises, l’yeuse, le houx, et le pommier toujours vert, fourniront les principaux matériaux des massifs; l’arbousier, la buplèvre, le buis , le fragon, le jasmin jaune, les lauréoles, les phlomis, le laurier-thym, et beaucoup d’autres arbrisseaux toujours verts occuperaient les lisières ; les bruyères, les pervenches, la rose de Noël, le tussilage odorant et le galanthe perce-neige, montreraient leurs jolies corolles lorsque les neiges ne couvriraient pas la terre. Quelques fruits, tels que ceux du buisson ardent, du genevrier, de la symphorine à grappe, du houx , etc., resteraient pour égayer la scène.
Le groupe.
Il se compose de la réunion de trois arbres au moins, à vingt au plus, et encore dans ce dernier cas, si la plantation ' occupe un certain espace de terrain, et que les arbi’es ne soient pas d’une très-grande élévation, elle devient un massif. n est une règle constante que l’on doit suivre pour ca« ractériser le groupe et le montrer avec toute la grâce et la légèreté qui en sont l’apanage ; elle consiste à ne lui jamais donner plus de largeur que les arbres qui le composent n’ont de hauteur. j
Jamais le groupe ne doit s’élever d’un buisson ou d’un ! massif d’arbrisseaux; il faut que les promeneurs trouvent j toujours sous son ombrage un tapis de gazon prêt à les re- j cevoir, il faut qu’ils puissent aisément s’y promener sans être gênés par des branches trop basses. Une fois la hauteur présumable des arbres connue, on déterminera l’étendue de terrain que doit occuper le groupe, et l’on espacera les arbres irrégulièrement, mais de manière à ce que leurs cimes se touchent et forment un dôme épais de verdure, au moins Ijnand ils auront atteint leur grandeur moyenne.
Un groupe doit paraître un accident naturel, lorsqu’on l’emploie dans le jardin paysager. Il faudra donc, dans ce ' tas, lé planter en arbres de même espèce, ou au moins ayant Üe l’analogie dans leur feuillage, car un contraste détruirait l’ensenible de la composition qui doit former un seul tout homogène. Dans ce cas, il produit un effet très-joli place près du bord de l’eau, sur le penchant d’un coteau, et en général dans toutes les scènes où il peut entrer, mais ce n’est j qu’au milieu d’une clairière qu’il se montre avec tout son pit. toresque.
Souvent le groupe devient une composition nécessaire, quand on veut ne laisser aucune place vide et cependant faire jouir le promeneur d’un point de vue agréable. On arrange la plantation de manière à" ce que le regard puisse saisir la perspective entre les troncs nus des arbres com-. posant le groupe. La même raison le fait employer pour orner la façade d’une fabrique que l’on veut couvrir d’om- ’ brage sans la masquer.
On se sert encore du groupe pour lier les diverses parties d’une grande composition, pour attirer l’attention sur un objet pittoresque, on pour masquer un lointain désagréable.
Le massif.
On donne ce nom à une plantation serrée, d’arbres, d’arbrisseaux, d’arbustes, ou même de fleurs. Le massif ne diffère du groupe que parce qu’il a plus d’étendue comparativement à sa hauteur qui n’est d’aucune considération, et parce que les végétaux qui le composent sont rameux dès leur base. Le massif peut être un composé de tous les genres de végétaux que nous venons de citer.
La masse de verdure qu’il offre à l’œil demande, au contraire du groupe, une grande diversité dans la forme et la couleur du feuillage. Aussi toutes les combinaisons qu’exige sa plantation se bornent à entremêler ingénieusement les espèces de manière à se faire valoir réciproquement par les contrastes. Par exemple, un arbrisseau d’un vert tendre et brillant sera très-bien placé devant un arbre d’un vert noirâtre et sombre, et s’en détachera fort agréablement. A côté vous en placerez un autre d’un vert rouge, puis un autre glauque , et enfin vous pourrez brusquement, par opposition à ce dernier, revenir à un vert terne et foncé. Il en sera de même pour la forme-des feuilles. Par exemple , les folioles nombreuses et délicates du julibrizin produiront plus d’effet par leur légèreté si vous les mettez en opposition avec les larges feuilles du broussonnetier; les feuilles entières et ovales du maguolier trancheront d’une manière, frappante avec les feuilles lobées du platane ou de l’érable, etc.
Il faut chercher la même opposition dans la couleur des fleurs, en observant de ne pas trop généraliser une couleur aux dépens des autres. Les fleurs les plus belles, les plus grandes et les plus éclatantes occuperont le premier rang, le bord du massif; celles qui, réunies en grappes, eu ihyrses ou en corymbes, sont très-apparentes par leur couleur et leur nombre, occuperont le centre.
- Le massif appartient à tous les genres de composition, et convient surtout aux jardins d’une petite étendue. En mélange avec le groupe, il est très-pittoresque et peut
Le buisson.
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hier houle de neige; dans une scène de paysage' les cra- .«gus et autres arbrisseaux semblables mérile^rout la préSrence enfin, dans un site sauvage et romantique, il faudra pe l-etre choisir le genévrier, le houx, ou la ronce épi-
Æ ldri.7or::rT;eZ, t rr
geux de les faire contraster dans leur port et leur feuillage Cest ainsi qu’un jasmin, un chèvrefeuille, une ciS odorante, ou un autre arbuste grimpant, peut entortï avec grâce ses tiges sarmenteuses autour des branches d’un robuste arbrisseau et former autour de lui dw guirlandes fleuries pleines d elegance. D’autres fois on remplfcera l’arbuste grimpant par uii autre dont les feuilles lyrées ou déchiquetées se mêleront à des feuilles larges et mitières et
arLint «n grappfs, le disputeront '
de beauté et d odeur avec les grandes corolles blanches ou
roses de son associé ; le lilas de Perse à feuilles de persil, par exemple, avec un azaléa ou un rhododendron.
On rencontre le buisson dans toutes les compositions, sur la lisière des bois, dans les clairières, au bord des chemins, contre les fabriques, autour des massifs, dans les bosquets', et jusque sur les vieux murs des ruines. Il entre pour beaucoup dans la composition d’un bocage.
Varbre isolé.
L’arbre isolé est peul-élrc de tous les matériaux le plu§ difficile à employer avec ses convenances, et cependant c’esj^ un de ceux qui produisent te plus d’effet quand il se trouve heureusement combiné avec les objets d’alentour. Il est agréable par la place qu’il occupe et par son faciès parti, culier.
Dans un bosquet d’une petite étendue, dans le jardii) d’une maison bourgeoise, il est d’usage de le placer au milieu d’un gazon, et l’on est alors dans l’habitude de le choisir parmi les arbres résineux d’un port pyramidal. C’est ordinairement un sapin, un cyprès, un thuya, ou, mais plus rarement, un if. Dans un graud paysage, on l’emploie potir rapprocher et lier des parties séparées, pour rompre la monotonie de longues lignes droites, et souvent pou» attirer l’attention sur un objet intéressant. Dans les grands espaces vides, on jette çà et là quelques arbres isolés pour en encadrer le nu. On en encadre des lapis de gazon, des prairies, des terres labourées, des lacs, et autres sites découverts; dans ce cas, il faut beaucoup de goût pour les placer avec irrégularité, et cepeudant de manière à tracer Hettemeut des contours quelquefois réguliers. On en borde les ruisseaux, les torrents, les rivières, et c’est dans ces occasions que leur effet est le plus naturel.
^ L’arbre isolé est indispensable sur la lisière d’un bois ou d’une forêt, principalement devant les enfoncernens afln d’en .faire paraître la profondeur plus considérable qu’elle n’est réellement. Dans les bois, les bosquets et les bocages, on en plante sur le bord des chemins, et c’est alors qu’il faut bien se donner de garde de les placer en lignes, afin de ne pas donner à la plantation les apparences d’une avenue. Il est
encore mille circonstances où l’arbre isolé doit figurer, et l’on suivra, pour lui choisir sa place, les inspirations résultant de la localité. Je me rappelle avoir vu dans mon enfance , sur les bords de la Saône, un peuplier d’Italie isolé, comme appuyé dans toute sa longueur le long des flancs perpendiculaires d’une roche immense et grisâtre dont il atteignait à peine la moitié de la hauteur. Si un léger vent n’eiit fait jouer sou feuillage, on aurait pu croire qu’il y était peint ou appliqué. Ce spectacle, singulier m’a tellement frappé, quoique je fusse fort jeune, qu’après trente ans je m’en souviens encoie comme si c’était hier. Je ne cite ce fait que pour montrer quelle impression profonde on peut produire avec un arbre isolé placé dans de certaines positions pittoresques.
Indépendamment de sa place, nn arbre peut devenir intéressant par lui-même, soit par la beauté résultant de son espèce, soit par la singularité des accidens qui peuvent se rencontrer dans quelques-unes de ses parties. Un tronc caverneux, ou couvert d’un épais tapis de lierre, ou courbé d’une manière bizarre, suffisent quelquefois pour le rendre très-remarquable. Quelques arbres portent des fleurs fort apparentes et produisant un effet admirable; mais cet effet ne dure que quelques jours. Il faut donc toujours, pour la plantation d’un arbre isolé, donner la préférence à celui dont le pittoresque est permanent.
L’arhrUseau isolé.
Dans une composition symétrique, au milieu d’une corbeille où brillent mille fleurs aux couleurs vives et variées, un arbuste ou un arbrisseau isolé deviendra une plantation de luxe dont le but sera d’attirer l’attention sur la charmante collection qu’il domine. Dans ce cas, il faut que la magnificence de sa parure le dispute à celle des renoncules, des jacinthes ou tulipes, au milieu desquelles il s’élève orgueilleusement. Un rosier choisi parmi les plus belles variétés, une pivoine en arbre, un rosage ou un magnolicr, voilà les espèces auxquelles ou donne ordinairement une juste préférence.
Telles sont approximativement toutes les conditions dans
lesquelles on emploie les végétaux ligneux. Il nous reste à présent la lâche de faire passer sous les yeux de l’architecte toutes les espèces dignes d’élre employées dans chaque genre de composition, et le nombre en est grand.
Nous allons en dresser des tableaux dans les.’îuels nous tâcherons de prévoir toutes les circonstances qui font varier le choix, et toutes les qualités nécessaires à chaque circonstance.