ECLAIRAGE PAR TRANSPARENCE. 2 I
mente beaucoup la netteté, et empêche que les images ne s jient noyées dans la lumière.
L'image de la mire peut se voir par le microscpe directement dans l'air, et sans lame de verre interposée ; mais elle gagne cousidérablement en pureté, si on la fait arriver à la face supérieure d'une lame de verre poli bien pur; car, en effet, alors, cette lame de verre peut détruire complettement un reste d'aberration de réfrangibilité. D'ailleurs elle alonge la longueur focale du concentrateur , dans le rapport de a à 3 , c'est-à-dire que , si la longueur focale du concentrateur était seulement de 2/3 de millimètre, on pourrait lui superposer une plaque d'un millimètre d'épaisseur , et le foyer serait transporté sur sa face supérieure.
Le concentrateur étant ainsi mis au point pour une mire dont l'image se peint à la face supérieure d'une plaque de verre, et le microscope étant approché à la distance convenable pour montrer cette image avec une grande netteté , c est-à-dire les foyers du concentrateur et du microscope étant en coïncidence parfaite , si , sur la lame de verre , on place un objet à étudier, son image se trouvera rigoureusement superposée à l'image de la mire. Donc les rayons qui font voir l'objet partent de l'objet même dans toutes ses parties, et ce ne sont point des rayons parallèles ou obliques qui , en le traversant ou en rasant ses bords, pourraient produire des franges.
Quand, au mois d'octobre i838 , j'ai fait connaître publiquement, par une communication à l'Institut , cet appareil dont je me servais depuis long-lems , et que MM. Trécourt et George Oberhaùser avaient désiré consigner dans leur brevet d'invention , je savais que Woîlaston avait , long-tems auparavant , proposé de concentrer, au moyen d'une lentille , la lumière réfléchie par un miroir plan dans son microscope simple ; mais j'ignorais que M. Brewster eût proposé de perfectionner l'éclairage de Woîlaston , en faisant coïucider exactement le foyer de la lentille avec l'objet soumis à l'observation ; cependant je crois que toute personne de bonne foi conviendra que son appareil décrit en 18^7 i dans son Treatise on the microscope (p. 149, fig. 46) , et reproduit dans le traité des microscopes de M. Charles Chevalier (pl. h fig. Al ) est tout-à-fait inexécutable a vec son double système de lentilles et de ménisques non achromatiques , et qu'en partant des idées
a* Éclairage par transparence.
théoriques de l'illustre physicien d'Edimbourg, on n'eût poiut obtenu un résultai vraiment utile.
Au reste, si l'appareil était jugé bon, et qu'on voulût m'en contester l'invention , je m'en consolerais d'autant plus facilement que je n'ai jamais songé à m'en faire un titre scientifique. Je désirais le garder pour mon usage, lorsque M. George Oberhaùser m'avertit que quelques personnes étaient à la recherche du moyen que j'avais employé pour voir plus nettement les filamens locomoteurs des infnsoires, et me décida , par ses offres amicales , à le livrer aux micrographes.
Depuis lors , cet appareil dont j'étais fort content, a été vivement critiqué, parce que, sans doute, on le jugeait d'après des pièces mal conditionnées , ou parce qu'on ne voulait pas prendre la peine de le juger. Quant à moi , je me suis tellement habitué au genre de netteté qu'il donne aux images , que je ne saurais m'en passer , et que je souffre en voyant les contours épais et estompés des images produites quand on éclaire simplement avec un miroir concave. Il en est de cela sans doute comme de ces qualités délicates et imperceptibles pour le vulgaire, qu'un bon artiste sent si bien dans un violon d'un grand prix. Je reconnais toutefois bien volontiers, que cet appareil d'éclairage est superflu sinon nuisible pour les faibles grossissemens , et que si on ne sait pas modérer l'intensité de la lumière qu'il apporte dans le champ du microscope, on ne distingue plus rien dans ce champ trop brillant , et l'œil se fatigue , non sans danger , à chercher ce qu'un diaphragme plus étroit nu une inclinaison différente du prisme réflecteur rendraient immédiatement plus visible , eu y faisant naître des ombres.
Cet appareil peut également servir à concentrer la lumière d'une lampe; mais alors il fnut éloigner le concentrateur du porte-objet, parce que sa longueur focale s alonge à mesure que le foyer lumineux se rapproche.
Un inconvénient de cet appareil d'éclairage , c'est la nécessité d'employer exclusivement, comme porte-objet, des lames de verre d'une même épaisseur , ou du moins d'une épaisseur telle , que le foyer du concentrateur atteigne à leur face supérieure. Cela peut s'opposer à ce qu'on se serve de verres concaves , destinés à contenir des animaux dans l'eau , ou des compresseurs ordinaires, cj de certaines lames micrométriques