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CHAPITRE XYIH

DE l'ePIDERMK .

La feuille est revêtue en dessus et en dessous par une ou plusieurs couches de cellules très déprimées , à parois épaisses, constamment dépourvues de matière verte , et constituant ce qu'on nomme l'épiderme ; lequel en raison de la solidité plus grande de la membrane externe des cellules et de leur structure si différente du mésophylie , peut se séparer comme une mince pellicule diaphane , sur laquelle se voient seulement les cloisons transverses et les stomates.

Les cloisons qui séparent les cellules épidermiques se montrent très sinueuses sur les feuilles larges et molles d'une, foule de dicotylédones, comme le montre la ûgure i5 de la planche XXVI , qui représente une portion épiderme d'une feuille de violette, et Ton doit bien se garder de prendre ces lignes sinueuses pour des vaisseaux ; sur les feuilles de la plupart des monocotylédones, au contraire , ces cloisons sont rectilignes et forment des rectangles alongés; c'est ainsi qu'on les voit sur

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toules les graminées , sur le Poa annua , par exemple , ( pU XXVI,/-. 8,9).

Les cellules de 1'épiderme sont remplies d'un liquide incolore ou légèrement verdâtre le plus souvent ; mais sur les p haïtes où les feuiUes sont naturellement rouges , comme les Dracœna, c'est un liquide d'un rouge foncé qui occupe ces cellules aussi bien que celles du mésophylle , tandis que, en même tems , dans ces dernières , la chlorophylle a conservé sa couleur verte, complètement masquée par le liquide de l'épiderme.

Le plus grand nombre des végétaux phanérogames ont l'épiderme formé d'un simple rang de cellules , comme la giroflée, dont la feuille en coupe verticale est représentée dans la planche XX , %. 5 ; mais il est aussi quelques plantes , telles que les aloès , le laurier rose, etc , dont l'épiderme coriace est formé de deux ou trois couches de cellules déprimées superposées , ou même davantage; c'est ce qu'on reconnaîtra bien aussi dans une coupe transverse de la feuille.

Nous avons décrit l'épiderme comme formé simplement d'une couche de cellules particulières aplaties , présentant à l'extérieur chacune leur propre paroi plus ou moins épaissie. Cependant il parait que sur certaines plantes au moins , il existe en outre une membrane générale que M. Brongniart (x) est parvenu à isoler , par une macération prolongée, des feuilles du chou , delà betterave, de l'œillet , de l'agapanthe, de l'iris , du poirreau et de plusieurs autres plantes. Cette membrane , nommée la cuticule , recouvrirait aiusi la surface extérieure de toutes les cellules épidermiques , et déplus la surface des diverses parties de la fleur et même du stigmate de quelques fleurs , telles que le Nymphœa et la belle-de-nuit qui , par exception , n'ont pas les cellules de cette partie à nu.

Les plantes aquatiques ; submergées , qui sont dépourvues d'une couche spéciale de cellules épidermiques , sont également revêtues par une cuticule ou membrane générale.

Cette membrane , ainsi détachée par la macération , est transparente et en apparence parfaitement homogène ; seulement elle présente quelquefois des granulations ou des stries plus ou moins prononcées, qu'on aurait tort de regarder comme l'indice des globules admis , par quelques microgra-

(i) Annales des sciences naturelles , ae série , Botanique , t . r, p. ( 5

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phes , comme élémcns de structure de toute membrane et de toute fibre organique ; ce sont des épaississemens , comme on en voit à rintérieur des cellules ou sur la surface des poils , ou des grains de pollen, etc., sauf le mode de formation qui peut bien être différent : ici par intussusception ou production de molécules intermédiaires , là par dépôt de substance incrustante ; mais sans que, dans aucun cas, les molécules élémentaires soient visibles pour nos yeux avec les moyens actuels d'observation.

L'existence de cette membrane externe ou cuticule s'accorderait bien avec les idées de physiologistes , qui veulent que tout végétai soit le produit d'un développement successif de cellules , dans l'intérieur d'une cellule mère, dont la paroi se trouve ainsi distendue ; mais si , comme nous, on ne peut admettre une telle hypothèse , on est conduit à regarder cette membrane comme sécrétée par la couche externe des cellules externes , et , dans ce cas , il faut bien aussi douter de son existence comme membraue indépendante; c'est un assemblage de pièces contiguës et soudées ensemble, sécrétées chacune par la face externe de la cellule correspondante , ou mieux encore appartenant chacune à la cellule d'où la macération et une décomposition partielle l'ont détachée. C'est ainsi que l'on peut concevoir comment les poils, qui sont euxmême des cellules , peuvent rester en connexion avec le tissu cellulaire de la plante , d'où ils seraient, au contraire, séparés par une membrane que l'on ne peut supposer percée yis-à-vis chaque poil , saus être amené à la supposer également percée devant les cellules saillantes ou papilleuses ; car il ne faudrait pas songer à attribuer à tous les appendices une double enveloppe fournie par la cuticule.

Pour les plantes submergées dont les feuilles , sans avoir de couche cellulaire épidermique , ont pu néanmoins douner par la macération une cuticule comme celles des plantes terrestres, cette membrane serait encore le résultat de l'épaississemeut des faces externes planes et contiguës de la couche superficielle des cellules.

Certaines feuilles se couvrent d'une efflorescence qui est un produit de sécrétion de la couche cellulaire épidermique : tel est , par exemple, la feuille de chou dont l'efflorescence paraît être formée de cire. D'autres , comme celle du peuplier , si

aa6 de l'epiderme.

on les suit dans leur développement , montrent un épaississe^ ment graduel de la membrane externe des cellules, lequel doit être également attribué à une sécrétion. Mais de toutes les sécrétions qu'on peut observer ainsi à la surface de l'épidémie, il n'y en a pas de plus remarquable que celle sécrétion de silice qui se produit avec une régularité si admirable à la surface des tiges et même quelquefois aussi à la surface des feuilles des prêles ( equisetum ) des palmiers et de certaines graminées ; avec une forte loupe on aperçoit a la surface de la prêle des aspérités nombreuses en rapport avec la disposition des cellules superficielles ; ces aspérités , anguleuses et tranchantes comme les dents d'une lime, restent unies en une mince pellicule à jour, après l'incinération de la plante: ce sont elles qui rendent si précieuses , pour les travaux d'ébénisterie et de tabletterie , ï equisetum hyemale employé pour polir les bois précieux , l'ivoire et même les métaux.

Le chaume du seigle , de l'orge et de plusieurs autres graminées de nos pays, est revêtu d'une mince couche de silice disposée également avec régularité ; les graminées exotiques , comme le bambou , ont cette couche de silice beaucoup plus prononcée, le fruit du Coixlacryma doit à une abondante sécrétion de silice , son enduit luisant semblable à de l'émail. Parmi les palmiers, ceux dont les stipes minces servent à faire des cannes, et notamment le rotang ( calamus rotang) sont couverts d'un enduit siliceux tellement dur, qu'il émousse les instrumens d'acier. Cet enduit est le résultat de l'épaississement de la couche superficielle des cellules, au moyen d'une abondante sécrétion de silice. Nous avons représenté dans la planche XX, fig. 6, 7, 8 et 9 , plusieurs coupes de cet épiderme, qui n'a pas moins de 0,02 5 à o,o3o d'épaisseur ; ses cellules d'à- » bord minces s'épaississent de plus en plus vers la face extérieure , où elles restent toujours ouvertes, de sorte que de ce coté , leur cavité s'alonge comme un col de flacon correspondant à une petite papille centrale; les cellules, par suite de cet épaississement, sont devenues autant de prismes , contigus comme les pièces d'une mosaïque , et soudés entre eux ; cependant on suit bien encore sur les diverses coupes , leurs zones d'accroissement.

DES STOMÀTÉS. a a?

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