DES STOMATES
Sur presque toutes les parties vertes des végétaux , exposées à l'air , c'est-à-dire sur les jeunes tiges , sur les calices et même sur quelques autres parties delà fleur, mais principalement sur les feuilles , on trouve de nombreux petits corps glanduleux , saillans, ovales ou arrondis, que l'œil distingue à peine , à moins qu'ils ne soient groupés comme à la face inférieure des saxifragés, ou que leur couleur ne soit bien tranchée , car leur longueur est d'un à deux centièmes de millimètre, mais qu'avec une forte loupe et mieux encore avec un microscope , on voit bien sous la forme d'une petite boutonnière accompagnée, de chaque côté, au dessous de l'épidémie, par une petite cellule oblongue ou courbée en arc ; souvent aussi les cellules environnantes de Pépiderine présentent une disposition particulière.
Ces petits corps ont été nommés successivement glandes mili aires ou corticales , pores corticaux , pores de l'épiderme etc.; mais aujourd'hui on est d'accord pour leur donner le nom de stomates dérivé du mot grec qui veut dire bouche , sans être également d'accord sur la question de savoir si ce sont réellement des petites bouches , des ouvertures destinées à donner accès à l'air extérieur, dans las méats intercellulaires. Celte opinion cependant est la plus probable , mais il est trop certain aussi que l'air n'a pas besoin d'ouvertures spéciales pour pénétrer dans des cellules closes, et venir à une certaine époque y remplacer le liquide contenu. Pour que l'on doive se contenter, dans une telle question, d'une induction tirée de la présence de l'air dans l'intérieur du végétal , il faudrait que l'observation directe démontrât clairement et constamment la présence de ces ouvertures ; or des observateurs d'une grande habileté, MM. Raspail , Nées , Link , Meyen , ont toujours douté de la réalité de ces ouvertures ; M. Brongniart lui-même, dans son dernier travail sur l'épiderme ( Annales des sciences nat. a* sér. t. r. p. 69) , tout «n admettant une véritable