‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 133 sur 169 · DU PISTIL · texte numérisé non relu

DU PISTIL

Le stigmale très irritable des mimulus n'a offert à l'observation microscopique qu'un tissu cellulaire comme les autres stigmates ; mais il est bien probable que des recherches approfondies feraient connaître l'élément de structure qui est en rapport avec cet le molilité spontanée.

Le style quand il provient de la soudure de plusieurs styles appartenant à autant de carpelles, peut, comme dans le lys, présenter un canal central, mais ce n'est pas par ce canal que s'introduisent les boyaux polliniques, c'est toujours par les méats intercellulaires, dans l'épaisseur même du tissu. Une coupe transverse du style montre bien sa structure interne et ses méats intercellulaires; une coupe longitudinale fait voire que ses cellules sont alongées prismatiques.

Le stigmate est quelquefois porté latéralement et non à l'extrémité seulement du style; c'est toujours une surface papilleuse et humectée par une sécrétion visqueuse, qui retient les grains de pollen et détermine la sortie des boyaux polliniques. Les papilles sont même quelquefois très saillantes, mais il ne faut pas les confondre avec les poils que le style lui-même peut présenter au-dessous ou autour de la surface stigmatique.

L'ovaire est la partie la plus importante du pistil , et celle dont l'étude offre à la fois et plus de difficultés et plus d'intérêt ; on y doit étudier et la disposition et la structure des feuilles carpellaires, offrant ordinairement une nervure médiane prolongée dans le style , et des placentas marginaux diversement situés par rapport à l'ensemble de l'ovaire. Les placentas sont composés d'un amas de parenchyme très délicat , et d'un cordon pistil] aire , faisceau de vaisseaux qui , partant de Taxe de la fleur , donne naissance aux divers cordons ombilicaux , ou funicules, supportant chaque ovule , et enfin se perd dans le style, où il forme plus spécialement le tissu conducteur du boyau pollinique.

Des ovules.

Les ovules^ en nombre plus ou moins considérable, et quelquefois solitaires, sont portés par le placenta ou plus exactement le cordon pistillaire qui envoie un faisceau vasculaire à chaque ovule. Dans le principe , l'ovule n'est qu'un très petit tubercule formé d'un parenchyme délicat dont les cellules pleines de liquide ont les parois épaisses et molles ; plus tard ,

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quoique long-tems encore avant la fécondation , il se montre sous la forme d'un petit corps ovoïde, nommé le nucelle. Il est logé dans une petite cupule portée par le fuuicule, et destinée à deveuir le tégument simple ou multiple de la graine ; cette cupule est formée elle-même ordinairement de deux couches parenchymateu^es qui se font reconnaître à leur double rebord , et qu'on nomme la primine et la secondine. Cette double cupule de l'ovule , par suite de son accroissement , a fini par envelopper presqu'entièrement le nucelle, en laissant seulement au sommet une petite ouverture nommée le micropyle , et par laquelle le boyau pollinique viendra donner la vie à l'embryon. Le point où le funicule s'attache à l'ovule se nomme le liile, mais ce n'est pas toujours en cet endroit même que le faisceau vasculaire se divise dans l'enveloppe ; il arrive souvent que ce faisceau reste adhérent à la membrane externe , ou paraît ramper dans son épaisseur, sans se diviser pendant un certain trajet ; il forme alors ce qu'on nomme le raphé, cordon plus ou moins saillant , et qui se voit encore dans la graine mûre. Le point où le faisceau vasculaire, après avoir ainsi rampé à la surface , se divise pour se répandre dans le tissu de la membrane interne , se nomme la chalaze , on conçoit que la chalaze , regardée à tort comme appartenant exclusivement à la secondine ou membrane interne , se confondra avec le liile toutes les fois que le faisceau vasculaire se divisera dans l'ovule immédiatement, sans former de raphé. On conçoit aussi que l'existence d'une chalaze suppose toujours une position inverse pour l'ovule, qui alors est dit anatrope ou hémitrope ; lorsque , au contraire, la chalaze est confondue avec le hile , l'ovule, est droit ou orthotrope, à moins qu'il ne soit courbé plus ou moins dans son ensemble, auquel cas il est dit campulitrope.

Le nucelle , petite masse ovoïde de tissu cellulaire , longtems avaut la fécondation, s'était creusé d'une cavité oblongue remplie de liquide, qu'on nomme le sac embryonnaire, et dont les parois paraissent formées par le tissu cellulaire environnant, sans membrane propre, quoiqu'on ait dit que c'est un sac à parois distinctes , ou une utricule qui se gonfle et se dilate par l'accumulation des liquides à l'intérieur du sac embryonnaire. L'embryon montre d'abord comme une petite masse nébuleuse de tissu utriculaire suspendue au milieu du liquide , mais ce

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n'est qu'après la pénétration du boyau pollinique ou de son contenu, que l'embryon devient véritablement distinct. Bientôt sa forme se dessine , et l'on reconnaît la radicule tournée vers le micropyle, et les cotylédons s'étendant de plus en plus vers l'intérieur.

A mesure que la graine s'approcbe de sa maturité , ses parties deviennent plus distinctes : l'embryon, en se développant aux dépens du liquide contenu dans le sac embryonnaire, reste droit , se courbe diversement et même se plisse quelquefois en pressant entre ses replis ou en refoulant coutre les parois du tégument , la partie restante du parenchyme du nucelle devenu le périsperme , à moins que tout ce parenchyme du nucelle n'ait été épuisé complètement ou réduit à l'état d'une mince membrane nommée 1 endoplèvre.

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