‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 136 sur 169 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

SfcR QUELQUES PHANEROGAMES ET CRYPTOGAMES*

Il n'y a pas une seule plante qui , dans tous ses détails , ne puisse fournir le sujet d'une histoire micrographique dont les élémens principaux ont été indiqués dans les chapitres précédens , et dont une étude approfondie agrandirait considérablement le cadre. La chêlidoine , l'hydrocharis , le groseiller , le coréopsis , etc. , nous ont fourni quelques exemples des faits nouveaux qui restent à constater ou à découvrir. Nous devons citer encore le liège et les productions analogues de récorce de l'orme , du platane , etc. Les fibres ligneuses de tous les arbres de la famille des conifères , si remarquables par les rangées latérales de disques ou de cupules qu'elles présentent toujours , et qui les font reconnaître même à l'état fossile. L'incrustation siliceuse de l'épidémie des palmiers , des graminées , des restiacées et des prêles ; incrustation quelquefois si épaisse et si dure . que les instrumens d'acier ne peuvent l'attaquer, et douée en outre d'une structure régulière qu on ne se tasse pas d'admirer à la surface des prèles et de certaines graminées rudes au toucher. Cette incrustation siliceuse persiste avec sa structure après la combustion de la plante ; c'est elle qui rend les cendres de ces végétaux si faciles à vitrifier. Comme nous l'avons dit plus haut , c'est l'armure siliceuse de la prèle d'hiver qui rend cette plante si utile pour le polissage du l'ivoire et des bois précieux.

Nous pouvons , d'ailleurs , citer comme d'admirables modèles pour l'étude micrographique d'une espèce végétale , les beaux travaux de M. de Mirbel sur la Marchantia polymorpha y publiées dans les Mémoires de l'Institut , et les recher-

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ches sur la garance , par M. Decaisne , publiées dans les Mcmoires de l Académie de Bruxelles en 1837,

Avant que de passer en revue , dans des chapitres séparés , les divers groupes de végétaux cryptogames que leur organisation doit rendre l'objet d'une étude particulière , nous devons mentionner la structure et le développement des corps reproducteurs des fougères qu'on nomme leurs spores, et qui sont pulvérulens , enfermés dans des capsules ou thèques , ou sporanges d'une structure remarquable ; ces thèques sont ordinairement portées par un pédicelle celluleux qui se prolonge autour d'elles en forme d'anneau élastique , destiné à faciliter plus tard , par sa rupture et par son ressort , la dissémination des spores ; les thèques sont réunies en amas ou en sores, unies ou recouvertes par une portion détachée de l'épiderme qu'on nomme V indus ium.

Les lycopodes on t des spores à trois arêtes renfermées dans des thèques sessilesaxillaires. Ces spores, en quantité prodigieuse, constituent cette poudre jaunâtre qui sert à produire sur le théâtre , de grandes flammes pour imiter les éclairs. Les lycopodes , comme les fougères , contiennent dans leurs tiges des faisceaux fibro-vasculaires régulièrement disposés , parmi lesquels se trouvent beaucoup de vaisseaux annulaires.

Les prèles ( Equisetum ) ont aussi des vaisseaux spiraux , mais en très petit nombre ; leur fructification se compose d'un assemblage d'écaillés lobées , réunies en épi sur des pédoncules courts, à l'extrémité des tiges ou des rameaux, emportent à leur face inférieure des spores nues , globuleuses , entourées chacune de quatre ûlamens terminés en spatule ; ces fil amen s partant de la base, sont enroulés en spirale autour de la spore, dont ils favorisent la dissémination en se débandant comme des ressorts élastiques.

Les Marchantia, si bien décrites par M. de Mirbel, et quelques autres hépatiques , ont leurs spores renfermées dans des thèques portées à la face inférieure d'un réceptacle pelté et pédicellé, où elles sont entremêlées de filamens élastiques destinés à en faciliter la dissémination. Ailleurs , on trouve aussi des thèques nues , sessiles , engagées dans quelques parties de la fronde, ou superficielles. Vanthoceros , genre d'hépatiques fort remarquable par la forme de son réceptacle en alêne bu en manière de corne presque droite , a été le sujet d'observa-

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