‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 138 sur 169 · CHAPITRE n · texte numérisé non relu

CHAPITRE n

DES Cfl ARAS ET DE LA. CIRCULATION DE LEURS SUCS.

Les Charas , nommés anciennement Charagnes , sont des. plantes aquatiques toujours submergées pendant leur vie , et répandant aussitôt qu'on les tire de l'eau , une odeur marécageuse caractéristique , à laquelle on attribue , avec raison , une partie des effets délétères des marais pontins en Italie. On les trouve exclusivement sur les sols calcaires , dans les eaux douces , stagnantes ou peu rapides , mais pures. Leur tige , longue de 3 à 5 décimètres , et épaisse de 1 à 3 millimètres , suivant les espèces , est articulée , et, à chacun de ses entre- Dœuds qui sont espacés de 5 à 12 centimètres, elle présente un ver t ici lie de six rameaux qui s'écartent comme les branches d'un candélabre, et sont eux-mêmes articulés et ramifiés comme la tige principale. Vers l'extrémité des rameaux supérieurs , se voient les organes de la reproduction qui sont de deux sortes , portés isolément à l'aisselle de petits rameaux très courts, qu'on pourrait nommer des feuilles ou des bractées. De ces organes , les uns rouges , globuleux , sont regardés comme représentant les étamines ; leur enveloppe est dure,

(1 ) Annales des sciences naturelles , ae série , Bot. , t. 12.

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cassante , et composée de pièces polygonales assemblées scîvant des sutures sinueuses et portant chacune dans l'intérieur un faisceau de petits tubes partant de leur centre. Ces tubes sont articulés ou divisés par des cloisons transverses, en cellules contenant chacune un filament très fin contourné diversement , et qui se meut à la manière des vibrions , lorsqu'il est mis en liberté : c'est là ce qu'on a nommé les animalcules spermatiques des charas ; la capsule contient en outre une houppe beaucoup plus considérable de petits tubes semblables parlant d'un prolongement central de son axe.

Les autres organes de reproduction sont les graines ovoïdes , ou en forme de barillet situées à la base des derniers ramuscules ; elles sont formées de cinq pièces solides partant de la base et s'enroulant parallèlement en spirale autour de la graine , pour se terminer au sommet , qui porte dans le premier âge une couronne de cinq pointes ou folioles. A. Tintérieur de la graine est le germe , qui se développe en émettant la radicule par une des extrémités et la tigelle par l'autre.

La tige des ebaras est d'un vert pale , blanchâtre, et quelquefois tout-à-fait grise par suite de l'encroûtement de carbonate de chaux dont elle se revêt pendant sa vie. Ce carbonate de chaux est limpide et se divise nettement en petits rhomboèdres parfaits , c'est seulement eu raison de ses fêlures nombreuses qu'il paraît blanchâtre. Il se dépose par juxtaposition à l'extérieur , mais c'est probablement un effet des actions vitales de la plante qui puise dans l'eau , par toute sa surface , les élémens de la nutrition , bien plutôt qu'un effet des actions électriques , comme celles qu'on observe dans les procédés galvauo-plasliques. Toujours est-il que, si l'on veut conserver vivantes des Charas dans des vases , il faut avoir soiu d'ajouter à l'eau du calcaire en poudre , si elle n'en contient pas suffisamment.

Toute la longueur de chaque entre-nœud de ehara est occupée par une seule cellule végétale, comme un long cylindre qui paraît tordu sur son axe, d'un tour environ. Celte torsion est indiquée par les séries parallèles de granules verts qui tapissent à l'intérieur la membrane diaphane de cette longue cellule, {pl. XXVI, //V. j3)

, et qui sont dirigées un peu obliquement ou en spirale lâche. Ces grains verts sont ovoïdes, inégaux , longs de 0,004 millim. environ, et m'ont paru quelquefois mar«»

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