‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 139 sur 169 · DES CH ARA · texte numérisé non relu

DES CH ARA

qués d'un très petit poiot rouge ; on eu voit quelques-uns plus alongés, et formés évidemment par la soudure de deux ou plusieurs des granules primitifs. Les séries parallèles de grains verts ne tapissent pas uniformément toute la surface interne <le la cellule , mais elles forment deux larges bandes opposées , entre lesquelles se voit de chaque côté un espace dégarni ; les deux larges bandes de granules se continuent manifestement Tune l'autre , en se repliant à chaque extrémité sur la cloison de l'articulation.

Pendant la vie de la plante , ou même tant que la cellule ou l'entre-nœud soumis à l'observation n'a pas été blessé, on peut voir dans l'intérieur , à l'aide du microscope, un phénomène de^plus remarquables. Le liquide mucilagineux diaphane qui remplit la cellule , se meut uniformément le long des bandes de granules verts, en montant, suivant l'une des bandes, se contournant à la cloison terminale , puis redescendant le long de la bande opposée , pour revenir et parcourir le même chemin , après avoir contourné la cloison inférieure. Ce courant ne pourrait être vu directement , si le liquide n'entraînait sans cesse avec lui des masses d« substauce mucilagineuse ou de cambium qu'il paraît avoir détachées des parois , et surtout s'il ne chariait en même tems des granules verts et des masses irrégulières ou des globules assez volumineux qui paraissent résulter iJe l'agglutination de granules verts provenant sans doute de la multiplication de ceux de la paroi. Dans les racines et dans les premiers entre-nœuds de la tige très jeune, la circulation a lieu sans granules verts , et se distingue seulement par les amas de substance mucilagineuse entraîués par le courant. On ne peut donc supposer que les granules verts soient les agens de ce phénomène , quoique des micrographes aient annoncé qu'ils sont pourvus de cils comme les infusoires ; mais le microscope ne nous a pas fait connaître encore complètement la structure des (haras, et les observations de M. Raspail , de M. Dutrochet et d« M. Becquerel, bieo loin de résoudre la question du mouvement circulatoire des Charas, n T ont servi qu'à moutrer toute ta difficulté du problême.

D'après ce que nous venons de dire, on pourrait croire que la cellule cylindrique ou tubuleuse qui occupe toute la longueur d'un entre-nœud de Chara , constitue à elle seule cet cutre-nœud ; mais cela ne se voit ainsi que chez certaines es*

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pèces plus grêles ( Chara flexilis ) dont on a fait un genre particulier sous le nom àeNitelia. Les vraies Charas et notamment la Chara hispida aiusi nommée à cause des prolongemens dont elle est hérissée, ont à chaque entre-nœud un tube central comme celui des Nitella , entouré d'un cercle de tubes plus petits , dans lesquels le même phénomène de circulation a lieu séparément. Ce sont ces petits tubes seuls qui , dans ces espèces , sont encroûtés de carbonate de chaux comme le tube unique des Nitella. Dans les unes comme dans les autres , on ne voit bien nettement la circulation qu'après avoir gratté avec précaution rendu il calcaire ; mais en outre, si Ton veut voirie phénomène plus en grand dans le tube central des vraies Charas , il faut enlever tous les petits tubes extérieurs, en évitant soigneusement de blesser la paroi du tube central ; celui ci reste ainsi parfaitement transparent et continue à vivre , si la plante a été coupée de part et d'autre des nœuds qui limitent la cellule soumise au microscope.

De nombreuses expériences ont été faites sur les charas , pour arrivera l'explication des phénomènes qu'elles présentent, et plusieurs peuvent être répétées comme celle qui consiste à étrangler avec un fil le tube dans un point quelconque de sa longueur; on voit alors la circulation continuer entre la ligature et l'une des cloisons extrêmes.

Puisqu'il suffit , pour voir le phénomène de la circulation des charas de prendre un seul entre-nœud avec les nœuds qui le terminent , on peut , pour cette observation , se servir d'une petite caisse rectangulaire de la longueur de l'entrenœud , et dont le fond est en verre, et qu'on tient pleine d'eau; mais je préfère placer une tige mince de chara avec de l'eau entre de larges plaques de verre mince.

M. Dulrochet , qui avait précédemment publié dans les Annales des sciences naturelles plusieurs travaux import ans sur la circulation des charas , vient , dans un nouvel ouvrage sur la force qu'il nomme épipolique , d'attribuer à cette force le même phénomène de circulation dans ces végétaux.

M. Donné , par des observations très délicates confirmées par M. Dutrochet , était parvenu à montrer déjà auparavant que les granules verts détachés de la paroi du tube par une pression inégale, se meuvent encore par eux-mêmes soit isolés soit en séries droites ou diversement contournées ; reniai

quant en oulre que les divers corpuscules chariés par le courant , éprouvent des petites déviations en passant devant chaque granule vert du tube; il avait été conduit à peuser qu'en effet il pourrait y avoir là simplement un effet de cils vibratiles. {Annales des sciences naturelles, i c , série, Bot. t T, 14.)

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