‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 148 sur 169 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

»ESCHAaiPIG2fOIIS, DES MOISSISSURES, DE LA. MUSCARDIKE, ETC.

Les corps reproducteurs ou sémioules des champignons se nomment des spores ; ce sont ordinairement des corpuscules uniformes dans chaque espèce , régulièrement sphériques ou ovoïdes , revêtus d'une enveloppe dure , cornée , de couleur brune ou noire, ou verdâtre, ou rougeâtre, quelquefois même d'une teinte brillante ; leur surface est le plus souvent tout-àfait lisse , mais on les voit quelquefois aussi rugueux ou hérissés de pointes, comme ceux des scleroderma , des truffes etc., ou recouverts d'un réseau de cordons ou de membranes saillantes.

Elles se développent soit dans des cellules membraneuses en forme de massue , nommées thèques, entremêlées d'autres cellules avortées qu'on nomme paraphyses , et c'est ainsi qu'on les voit souvent disposées en rangées de huit dans les thèques des pezizes et des sphseries; soij. à la surface de cellules renflées saillantes qu'on nomme généralement sporophores , et qui prennent plus spécialement le nom de Basides ou Basidies ; quand elles sont engagées dans la surface de l'hyménium dont elles font partie, les spores sont sessiles ou pédonculées, et disposées par deux ou plus ordinairement par quatre , à la surface des basides.

C'est la réunion des sporophores ou des basides, soit seules, soit entremêlées de cellules stériles ou de paraphyses , qui constitue ce qu'on nomme Vkymèmum ou membrane fructifère. Chez les agarics, c'est une membrane qui tapisse entièrement les feuillets de la face inférieure du chapeau, et sur laquelle les Basides chargées de leurs spores sont en saillie; elle tapisse de même les tubes du chapeau des bolets. C'est aussi la membrane qui tapisse la face supérieure creusée en cupule des pézizes, quoique , dans ce cas, cette réunion de tellules fertiles et de paraphyses rapprochées perpendiculairement , ne mérite plus le. nom de membrane ; c'est enfin le tissu réticulé de l'intérieur des lycoperdacces , oo l'assemblage quelconque des cetluler

39& Bfift CHAMPIGH01CS, ETC.

fructifères constituant une surface externe ou interne, dans tel grandes sections , que pour cette raison on nomme les hyménomycètes et les gastromycètes.

D'autres champignons les pyrénomycètes ont encore leurs spores enfermées dans des thèques , mais sans cet assemblage plus ou moins considérable de tissu cellulaire qui constitue la majeure partie de la masse et de la figure des précédens champignons ; ce sont les sphéries et une foule d'autres végétaux parasites qui prennent naissance dans l'épaisseur de l'écorce et des feuilles des autres végétaux , sur lesquels ils forment ordinairement des taches noires épaisses et dures , ou des tubercules saillans.

Les Coniomycètes , nommés ainsi parce qu'ils semblent consister seulement en une fine poussière, qui est formée par leurs spores soit nues ou renfermées dans une membrane ressemblant elle-même à une spore, et nommée sporidie, sont les Uredo, les Puccinia, les JEcidiwn et plusieurs autres champignons pulvérulens , parasites , qui se produisent sous la forme d'une poudre noire, ou brune, ou rouge, dans l'épaisseur des feuilles , ou des fleurs ou des ovaires des végétaux herbacés phanérogames. Les spores des Coniomycètes répandues dans l'atmosphère après la rupture de l'épi derme sous lequel elles ont pris naissance , seront fréquemment apportés par le vent sur le porte-objet du microscope et sur les préparations qu'on veut étudier. Il est donc bien, à propos de connaître d'avance les principaux caractères de ces spores , et Ton y arrivera en étudiant directement les urédinées propres à certains végétaux, comme le charbon et la rouille des céréales , qui sont les Uredo carbo et Uredo rubigo-vera , et les divers parasites du rosier tels que V Uredo rosœ, dont les sporidies d'un jaune orange sont ovoïdes et hérissés d'aspérités; on devra aussi observer quelques Puccinia et Phragmidium dont les sporidies sontalongés et cloisonnés.

Une dernière section des champignons comprend les moisissures ou mucédinées ou hyphomycètes , qui sont formées de filamens très fins simples ou rameux, ordinairement cloisonnés, portant les spores soit à nu sur leur surface, ou à l'extrémité de leurs ramifications nombreuses dont elles semblent être tes derniers articles, soit dans une vésicule terminale qui pa-

DES CHAMPIOHOWS, ETC.

rait être encore une dernière cellule plus développée, et qu'on nomme un péridiole.

Le microscope simple suffit déjà pour prendre une idée de la prodigieuse variété des moisissures et des champignons en général ; mais on est bientôt forcé de recourir aux plus forts grossisseraens du microscope composé , si Ton veut approfondir cette étude, et Ton reconnaît alors qu'il n'y a pas un point , pas un objet si minutieux qu'il soit dans la nature , qui ne puisse fournir des sujets précieux d'observation. Ainsi chaque végétal dont toutes les parties seront par elles-mêmes un sujet d'étude si vaste et si attrayant , fournira souvent sur ses divers organes des végétations parasites même pendant sa vie ; et après sa mort , quand la décomposition s'emparera de ses tissus, chacune de ses parties pourra encore donner naissance à quelque mucédinée d'une espèce différente. Nous reviendrons d'ailleurs sur ce sujet un peu plus loin , et nous, parlerons des moisissures qui se produisent sur différens corps.

Les spores des champignons , quand elles commencent à végéter , émettent, soit par leur point d'attache primitif , ou par une de leurs extrémités si elles sont ovoïdes , un filament diaphane qui bientôt s'alonge , présente quelques cloisons et se ramifie de plus en plus. Un amas de filamens rameux cloisonnés et entrecroisés de mille manières , provenant ainsi du développement d'une spore , forme un support ou mycélium d'où parlent plus tard les corps réguliers qu'on nomme plus, spécialement champignons (fungi)' r ceux-ci ne sont que l'appareil reproducteur ou la fructification des végétaux dont ils font partie , et se composent de ces mêmes filamens feutrés et entrecroisés de mille manières , pour former un tissu cellulaire spongieux et filamenteux qu'on a voulu nommer particulièrement dœdalençhyme. Les filamens deviennent de plus, en plus larges vers l'extrémité , où ils ne sont plus qu'une file de cellules contigués dont la dernière fait partie de l'hy- Dienium, et porte les spores soit à sa surface soit dans son intérieur même.

Les spores des divers champignons ont un diamètre compris en o f oi et o,o3; elles se répaudent dans l'air comme une fine poussière : et sont portées au loin par les vents , il n'est donc pas rare d'en voir quelqu'une parmi les objets soumis à l'observation microscopique , et si elle est conservée avec

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