‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 158 sur 169 · LA CHIMIE. 3 I · texte numérisé non relu

LA CHIMIE. 3 I

beaucoup plus considérable ainsi que son opposée , de sorte que le cristal , suivant le système auquel il appartient , prend la forme d'une lame polygonale régulière ou d'un parallélogramme très alougé. Dans l'infinie variété de formes apparentes qui en résultent sous le microscope , il serait souvent fort difficile de préciser la forme primitive d'un seul cristal, mais comme le champ de l'instrument présente ordinairement un grand nombre de cristaux de la même substance , placés dans des positions différentes ; il est assez facile, eu les comparant , de choisir ceux qui , placés convenablement , donnent mieux une idée précise de la forme cherchée. Mais le meilleur moyen pour déterminer la forme des cristaux microscopiques , con* sisle à procéder par comparaison , en faisant évaporer sur le porte-objet , une goutte de la dissolution d'un sel dont la forme cristalline est bien connue; ainsi le sel marin (chlorure de sodium ) servira de terme de comparaison pour tous les cristaux cubiques, l'alun ou le nitrate de plomb, ou le nitrate de barite , qui cristallise en octaèdres , fournira toutes les modifications de forme , qu'on pourrait retrouver dans un autre sel oc ta éthique en très petits cristaux , comme le chlorure d'argent ou l'acide arsénieux abandonnés par une solution ammo- 1 niacale , ou le protoxide de cuivre provenant de la décomposition mutuelle du sucre et de l'acétate de cuivre, etc. ; le sal- • pètre ( nitrate de potasse ) ou le sulfate de potasse , dont la forme cristalline est dérivée d'un prisme droit rhomboïdal , 1 servira à déterminer la forme des cristaux microscopiques du ' même système cristallin; l'oxalate de manganèse du système 1 prismatique droit à base carrée ; le nitrate de soude , qui ap- 1 partient au système rhomboèdrique ; le sulfate de fer ou le > sulfate de manganèse , qui appartient au système prismatique 1 oblique à base rectangulaire , et enfin le sulfate de cuivn* 1 du système prismatique oblique à base de parallélogramme obliquaugle , fourniront des termes de comparaison pour tous | les autres cristaux.

L'emploi de la lumière polarisée servira encore à détermi- 1 ner le système cristallin de certains corps ; car on sait que tous les cristaux du système régulier (cube ou octaèdre) sont sans

* action sur la lumière polarisée ; et , d'un autre côté , les sels à acide organique , les tartrates , par exemple , appartenant au

• système prismatique oblique , sont ceux qui présentent le plus

OBSERVATEUR AU MICROSCOPE. *j

APPLIC4TI0HS DU MICROSCOPE

souvent des faces convexes , et qui , par conséquent , ayant une épaisseur décroissante vers les bords , montrent dans la lumière polarisée des zones concentriques de diverses couleurs.

Nous venons de dire que Ton obtient des cristaux sur le porte-objet du microscope, par l'évaporation d'une dissolution aqueuse de certains sels , ou même par l'évaporation d'une solution ammoniacale ; nous devons ajouter que l'alcool est, dans certains cas , le dissolvant qu'on doit préférer , pour l'acide borique , pour le camphre, pour la maunite et même pour le sucre , quand on mêle à l'alcool un sirop concentré ; mais il est toujours à propos de placer la goutte de dissolulion entre deux lames de verre, pour que l'évaporation ayant lieu sur le contour seulement , soit plus lente et permette aux cristaux d'acquérir plus de volume et de netteté. Les acide* employés comme dissolvans pour certains sels , peuvent modifier leur forme en raison de leur viscosité ; c'est ainsi que les ocfaètres du nitrate de plomb s'alongent en prismes dans l'acide phosphorique. L'acide borique forme dans ce même acide phosphorique concentré , des groupes circulaires et radiés de très petites aiguilles qui , dans la lumière polarisée , montrent un ou plusieurs cercles concentriques colorés , traversés par une croix noire au centre. D'autres cristallisations , comme celles de l'iodure de mercure , peuvent être produites par la chaleur appliquée directement aux plaques de verre , entre lesquelles est placée cette substance , qui se sublime et se condense en cristaux dans les parties les plus froides.

Beaucoup d'opérations chimiques peuvent être faites ainsi sous le microscope ordinaire , entre deux plaques qui renferment la substance sur laquelle doit agir le réactif , l'acide , par exemple , que l'on fait arriver par capillarité , en le déposant au bord de la plaque supérieure. Quand on veut agir sur des quantités plus considérables , et surtout quand on veut faire intervenir la chaleur , comma dans la métamorphose de la fécule en dextrine , on se sert d un appareil construit par M. Ch. Chevalier , pour être adapté à son microscope horizontal.

Dans cet appareil de chimie microscopique , le porte objet est situé en dessus de l'objectif qui , avec la pièce contenant le prisme réflecteur , fait un demi-tour à l'extrémité du

Page 1