EXPERTISES COMMERCIALES
L'industrie peut demander au microscope des renseignemens sur la qualité des matières qu'elle emploie , ou sur la nature des produits qu'elle veut imiter ; elle peut aussi , de même que le cbmmerce , lui demander la vérification de certaines qualités exigées dans les produits , ou la constatation de certaines fraudes commises par la cupidité au détriment de la consommation. Dans le premier cas, par exemple, il s'agira de reconnaître la qualité des eaux qu'on voudrait employer à des teintures, et de déterminer la nature et la quantité des sels terreux contenus dans ces eaux ; ainsi , par l'évaporation d'une seule goutte , on y reconnaît d'abord la présence du carbonate de chaux ou du sulfate de chaux dont l'excès nuirait notablement aux teintures de garance ; ou bien , on demandera le degré de finesse dune sorte de laine , et la disposition plus ou moins grande que cette laine peut avoir à se feutrer par suite des aspérités en forme d'écaillés dont sa surface est pourvue. De même aussi , on peut déterminer , sous ce rapport , la qualité de tout poil qu'on voudrait employer dans la chapellerie. S'il s'agit d'imiter certains produits de l'industrie , le microscope fera reconnaître d'abord la nature et la proportion des diverses sortes de fibres qui entrent dans la confection d'une étoffe, en distinguant la laine, la soie , le coton , le lin , le chanvre , etc.
Il fera connaître de même les matières premières employées dans la fabrication d'une sorte de papier , et indiquera immédiatement la nature du papier de riz dont nous avons parlé précédemment , ( voyez jpage 171). Une substance prise d'abord pour de l'ivoire , pourra être reconnue provenir simplement des os d'un animal , ou bien ce sera un produit du règne végétal, (le fruit des Phytéléphas), si l'on y reconnaît la structure du périsperme des grains, ou enfin , ce sera un composé artificiel , si l'on n'y découvre aucune trace d'organisation.