ILLUSIONS TROVENAWT DU MICROSCOPE
granules. C'est quand on tient la tête trop penchée ou quand on a le cou trop serré , qu'on observe ces effets : on voit alors des taches ou des points , ou des chaînes ou des serpenteaux qui traversent obstinément le champ du microscope , et qui causent souvent au micrographe une vive inquiétude , en lui faisant redouter pour la conservation de sa vue un danger qui n'existe réellement pas ; c'est d'ailleurs en évitant soigneusement tout ce qui peut faire porter le sang à la tête , qu'on se met à l'abri de cet inconvénient.
Il est enfin d'autres causes d'illusion dont ou doit chercher le siège dans la rétine même ; des éclairs , des lueurs vives et passagères , une obscurité uniforme occupent toute la moitié inférieure ou supérieure du champ de la vision , et ne s'effacant que peu à peu , sont les résultats d'ébranlemens spontanés dans la réline , et véritablement ces phénomènes pourraient faire craindre qu'une amaurose ou toute autre affection grave ne dût être la conséquence d'une longue série de travaux microscopiques, si l'on ne savait que la plupart des niicrographes, que Leeuwenhoek, entre autres, ont conservé d'exceilens yeux jusque dans une extrême vieillesse ; et si l'on ne songeait qu'une foule de professions comme l'horlogerie , la peinture en miniature , la gravure, etc. , ocnasionent a ceux qui les exercent, une fatigue beaucoup plus grande et plus continuelle que n'en peut causer l'usage d'un bon microscope avec les précautions convenables.
Illusions provenant du microscope lui-même.
Nous n'avons pas à parler ici des nombreuses causes d'illusions inhérentes à des microscopes non achromatiques ou défectueux. Il suffit pour ceux-là, si beaux, si riches qu'ils puissent être , de les laisser absolument de côté , et de leur préférer un doublet ou même une lentille piano-convexe pour ' fairedesobservations de quelque valeur. Nous ne répéterons pas ce qui a été dit plus haut au sujet de l'éclairage et des inconvéniens d'une diaphragmation imparfaite ou d'une lumièrenon convenablement concentrée sur l'objet. Il serait superflu de rappeler que c'est surtout à ces imperfections de l'éclairage , aussi bien qu'à l'emploi de la lumière directe du soleil, qu'ont été dues les nombreuses erreurs des physiologistes sur la struc tare intime des tissus dans les animaux et les végétaux,