ILLUSIONS PROVENANT DIT MICROSCOPE
Mais en supposant le microscope aussi parfait qu'on peut l'avoir aujourd'hui , il restera encore bien des causes d'erreur, quand on voudra surtout se servir des plus forts grossissemens. Déjà , en effet , à 3oo et 400 fois le diamètre , les corpuscules ou les fibres opaques dont le diamètre est d'un quinze-centième à un trois-millième de millimètre , n'ont pas le contour aussi net, aussi tranché que si des images directes étaient formées dans l'œil: quand la lumière n'est pas exactement concentrée sur l'objet, le contour est un peu diffus ou comme estompé ; quand au contraire, le faisceau de lumière a son foyer sur le point même qu'on étudie, le contour est plus net, plus tranché, mais on évite difficilement alors la formation de franges multiples très fines produites par la diffraction, et qu'on aperçoit sur les bords en regardant attentivement.
Comme les objets ne peuvent être vus que par transparence, aux grossîssemens les plus forts , on n'a que des effets de réfraction auxquels l'œil n'est pas accoutumé, pour juger des pleins ou des vides, des reliefs ou des creux ; ainsi une bulle d'air et une gouttelette d'huile dans l'eau paraîtront l'une et l'autre bordées d'un cercle noir et pourvues d'un point lumineux au centre, si on les examiue séparément, et si l'on cherche pour chacune la distance convenable ; mais si on les examine ensemble et comparativement , on reconnaîtra bientôt une différence essentielle entre ces deux petites boules : l'une, celle d'air, représentant un espace vide et moins réfringent par rapport à l'eau , agira comme une petite lentille biconcave , et n'aura son centre brillant que si ou rapproche l'objectif du microscope , puisque le petit faisceau lumineux qui la traverse devient divergent et doit avoir son foyer au-delà de cette sphère. La petite boule d'huile, au contraire, réfractant la lumière plus fortement que l'eau , agira comme une lentille biconvexe, et montrera son centre plus brillant quand on éloigne l'objectif du microscope ; on peut voir d'ailleurs , en faisant arriver la lumière obliquement , que ces deux globules sont plus fortement ombrés chacun d'un côté différent.
Ces particularités offertes comparativement par les globules d'air et d'huile , sont bien propres à faire juger ce qui est vraiment plein ou en relief, vide ou en creux, dans l'objet soumis au microscope ; aussi , pour s'accoutumer à faire bien celte distinction, devra-t-on étudier un mélange d'air, d'huile et