PREPARATION DES OBJETS. 6" I
'cela ; et l'on doit , pour éviter les causes d'illusion dont nous avons parlé , veiller à ce que cette eau soit bien pure; mais si les objets à examiner peuvent être altérés ou dissous par Teau pure, comme les grains de pollen , les corpuscules sanguins , les vers intestinaux , certains tissus organiques , etc. T il faut se servir d'une dissolution d'albumine, du sérum du sang , ou simplement de la salive , si ce sont des animaux ou leurs organes vivans ; et préférer l'eau sucrée , la dissolution de gomme ou de dextrine , si ce sont des parties de végétaux qu'on veut soumettre au microscope. On pourrait aussi employer une dissolution de miel , en se souvenant qu'il contient souvent des grains de pollen récoltés par les abeilles , de même que dans la salive se trouvent des écailles d'épithélium , dans la dextrine des grains de fécule attérés, et dans un sirop de sucre altéré , ou dans l'eau de gomme long-tems conservée , i! se trouve des sporules de moisissure ou des granules de ferment , etc.
Quand l'eau ou les dissolutions aqueuses ne suffisent pas pour rendre transparens les objets à examiner , il faut se servir d'un liquide plus réfringent, de l'huile , par exemple, ou de la térébenthine , ou des huiles volatiles provenant de la distillalion du goudron de houille ou du caoutchouc , lesquelles pénétrant dans toute l'épaisseur des corps , leur donnent un degré de transparence qu'on n'aurait pas soupçonné d'abord.
Quaud le liquide employé est susceptible de s'évaporer , il faut , pour retarder l'évaporation , recouvrir le porte objet axec une lame de verre mince (i), et l'on conçoit qu'alors l'évaporation n'ayant lieu que sur le contour de la plaque , elle sera d'autant plus lente que la plaque sera plus large. Aussi , peut-on, en se servant de plaques très larges, non -seulement observer pendant long-tems des animaux d'eau douce , mais encore conserver vivans dans l'eau de mer , sous le nricroscope, des animalcules marins qui, sans cela, périraient pvomp-
(i) Les plaques de verre mince dont on se sert sont épaisses d'un quart de millimètre environ , et polies sur les deux faces ; c'est-à-dire que, pour les faire , on a pris des morceaux de glace mince qu'on use et qu'on polit d'un coté , et dont l'autre face est conservée avec son poli primitif. Des plaauea de glace ainsi amincies , et larges de t5 à 20 millimètres en carré se vendent 3 francs la douzaine; j*en ai eu plusieurs fois de beaucoup plus large» ( de. a5 millimètres) qui me coûtaient 5 à 6 francs la douzaine.