DU TISSU CELLULAIRE
On nomme tissu cellulaire , d'après l'apparence qu'elle présente dans les mammifères adultes, la substance qui occupe les interstices des fibres et des faisceaux musculaires , des nerfs , des vaisseaux et des divers organes. Cette substance , dans ces animaux, paraît en effet toute formée de lames élastiques entre-croisées, et laissant entre elles des lacunes ou cellules : soumise au microscope , elle montre des fibres sinueuses transparentes irrégulièrement disposées et qui , pour la plupart t sont des apparences produites par les plis des lames ou par l'élirement de la substance même. Quelques-unes de ces fibres sont aussi des vaisseaux vides. Mais, ni dans ces fibres, ni dans les lames du tissu cellulaire , le microscope ne fait apercevoir ni globules, ni structure granuleuse. Ce qu'on a voulu nommer tissu adipeux, est simplement du tissu cellulaire dans les lacunes duquel s'est déposée de la graisse par l'effet d'une sorte de filtration organique , et sans qu'il soit nécessaire de supposer un réseau de vaisseaux tout autour du globule de graisse. Si la graisse est observée dans les poissons où elle est plus liquide, ou dans les larves d'insectes , on reconnaît que chaque globule de graisse s'est formé dans l'épaisseur du tissu cellulaire, et que , grossissant peu à peu jusqu'à atteindre un diamètre de 0,1 milliiu., il a distendu et aminci ses parois, qui sout devenues une membrane vésiculeuse parfaitement homogène et diaphane , quelquefois légèrement plissée par l'effet de la compression , mais non striée , ni fibreuse , et tenant au reste de la masse par le prolongement de la membrane en forme de pédicule. C'est particulièrement
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dans la graisse liquide entourant le cerveau des poissons , que celle forme de vésicules graisseuses s'observe aisément.
Du Sarcode.
Dans tous les animaux très jeunes , dans les larves d'insectes , dans les embryons , dans les vers et dans les zoophy* tes, le tissu cellulaire n'a pas les caractères que nous avons indiqués plus haut , c'est alors une substance glutiueuse, homogène , diaphane, présentant au contact de l'eau des phénomènes si singuliers , qu'on doit peut-être la distinguer du vrai tissu cellulaire , comme j'ai déjà proposé de le faire en la nommant sarcode.
Il est surtout facile d'observer cette substance , quand elle sort par exsudation tout autour du corps des vers intestinaux parenchymateux , tels que les distomes , les cysticerques , les ténias , etc. , placés encore vivans avec de l'eau entre deux lames de verre. Après quelques heures , on voit le contour de ces vers bordé par une rangée de globules diaphanes ou de disques plus ou moins saillans , plus ou moins pressés les uns contre les autres , et qui , par l'effet de la contraction des fibres et de la pression exercée par la lame de verre, sortent et s'étalent de plus en plus jusqu'à se détacher même et flotter dans le liquide, si l'on donne quelques secousses. Bientôt on aperçoit dans plusieurs de ces disques de sarcode , des cavités sphériques ou vacuoles , dont la nature n'est bien connue que si l'on compare la disposition de leurs ombres avec ce qu'on observe en même tems dans les disques même ; et si l'on fait attention qu'en éloignant l'objectif , le centre des vacuoles devient plus sombre , et le centre des globules sarcodiques est plus clair; tandis que, de part et d'autre , l'inverse a lieu si on rapproche l'objectif. Les cavités ou vacuoles ainsi produites spontanément , vont en s'élargissant , et se multiplient à tel point , que certains globules de sarcode finissent par n'être plus qu'une sorte de cage percée en tous les sens. Puis enfin, de ces globules altérés progressivement ainsi par le contact de l'eau , il ne reste finalement qu'une mince couche granuleuse ou plutôt rugueuse, analogue à l'albumine coagulée.
La viscosité des expansions sarcodiques est facile à constater, en inclinant le porte-objet pour faire couler le liquide