BES DIVERSES SORTES I>R FIBRES — FIBRE MUSCULAIRE
Si l'on suit le développement du tissu cellulaire soit en passant des animaux inférieurs aux plus complexes, soit dans un même animal parcourant les périodes successives de son accroissement , on voit dans ce tissu d'abord homogène on à l'état de sarcode, on voit dis-je paraître des fibres de
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plus eu plus distinctes : fibres unies , transparentes , les unes élastiques , les autres presque dépourvues d'élasticité , les unes irritables et contractiles par elles-mêmes , les autres non contractile*-; mais toutes également uniformes dans leur structure apparente et dans leur contour, et paraissant également homogènes soit qu'elles proviennent des tendons non élastiques , soit qu'elles proviennent des tissus élastiques proprement dits, comme celui de l'aile des oiseaux, par exemple, qui est formé de fibres égaies parallèles, épaisses de 1/200 millimètre ou o,oo5 : telles sont celles, beaucoup plus minces, de i/3oo à 1/800 millimètres, qui seules s'observent dans les parties musculaires des mollusques , des annelides et de la plupart des entozoaires et des zoophytes , comme aussi dans la couche musculaire de l'intestin et de la vessie des mammifères. Mais dans les muscles du mouvement volontaire chez tous les vertébrés et les articulés, et même chez quelques vers intestinaux (pentastomes ) , les fibres ont une structure particulière tout-à-fait caractéristique : simples , elles sont homogènes, épaisses de i/5oo à 1/800 milli., et présentent des renûemens égaux et également espacés qui feraient croire , dans certains cas , qu'elles sont formées d'une rangée de globules agglutinés susceptibles de se rapprocher pendant la contraction, (les mêmes libres agrégées constituent des faisceaux régulièrement striés en travers , parce que les renflemens de toutes les fibres élémentaires se correspondent exactement ; l'écartement des stries varie avec le degré de contraction du faisceau musculaire: il est ordinairement de 0,002 à 0,004. Ces stries s'effacent complètement si le faisceau musculaire a été trop comprimé ou ramolli par la macération. Ces mêmes stries, naturellement droites et perpendiculaires à la direction du faisceau, deviennent obliques et arquées, de manière à représenter une courbe continue en hélice comme le filet d'une vis , si on les voit obliquement , ou si la lame de verre superposée les a comprimés en glissant dessus. C'est là ce qui donne lieu de croire que les stries pourraient être réellement produites par un filet extérieur tourné en hélice.
Les stries longitudinales indiquant la séparation des fibres élémentaires, sont beaucoup plus difficiles à distinguer que les stries transverses , parce que les fibres élémentaires sont naturellement agglutinées par suite de la mollesse de leur propre
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substance ; mais, si, par l'ébullition, on détenu nie la séparation des élémens solubîes et la coagulation ou la contraction de l'albumine et de la fibrine qui en font partie , alors les fibres élémentaires plus consistantes peuvent se dissocier facilement. Cet effet s'observe surtout aisément dans le muscle de bœuf bouilli; on voit alors les faisceaux musculaires plus nettement striés , s'effiler à l'extrémité s'ils ont été comprimés à plusieurs reprises , comme nous l'avons représenté dans la planche VI, fig. 10 ; on a pu croire faussement d'après l'apparence d'un faisceau qui s'effile ainsi (fig. 10, e ) que chaque faisceau est entouré d'un étui membraneux, mais l'étude des muscles , dans toute la série animale , ne permet pas de conserver une telle opinion. La figure 27 de la planche III représente imparfaitement un fragment de muscle de dauphin que j'avais étudié avec soin, et dont chaque renflement transverse paraît divisé dans toute sa longueur par une ligne médiane ; les stries longitudinales , indices de la séparation des fibres élémentaires, ne sont visibles que dans les intervalles des renflemens ; dans la même planche , la fig. 2 1 est un muscle d'insecte hyménoptère (ichneumon) dont la structure fasciculée est bien visible: les fig. 22 et 23 sont des fibres élémentaires de deux ordres différens, prises dans la pince d'une écre visse; la fig 26 est un muscle de mouche; la figure 1 2 de la planche IV montre un muscle de grenouille pressé obliquement, de sorte que les renflemens transverses sont infléchis. Dans la planche XII sont représentés les muscles de plusieurs animaux articulés : savoir; celui d'un balane, fig. 10, d'un cryptus , fig. 11; celui d'une larve de scolyte, fig. i3, et celui d'un brachine, fig. 14. Les différences qui existent entre ces diverses figures ne sont pas essentielles , elles tiennent en partie au mode de préparation ou d'observation , ou même à la manière dont le dessin a rendu l'objet et à l'exactitude qu'a mis le graveur à le copier. Dans tous les cas et quelque mode de décomposition qu'on emploie, il est impossible de trouver des globules réguliers , comme élémens de structure, dans les fibres musculaires : à la vérité, parmi les débris de ces fibres , écrasées soit avant soit après la coction, on voit une infinité de particules irrégulières comme dans l'albumine coagulée ou dans le parenchyme écrasé, mais rien qu'on puisse nommer exactement des globules. Bien au contraire, si on
isole par une de ses extrémités une fibre vivante, une de celles par exemple qu'on trouve dans le thorax des coléoptères , dont elles font mouvoir les ailes , et si on observe dans l'eau , sous le microscpe, cetlè fibre diaphane, qui continue à s'infléchir de coté et d'autre, on reconnaît parfaitement que sa structure est homogène; si on l'écrase ensuite , on s'assure qu'elle n'avait pas d'enveloppe extérieure , ni de cavité intérieure , ni aucune partie plus consistante que le reste.
M. Valentui prétend que les faisceaux musculaires primitifs se forment de petits corpuscules arrondis qui se placent en séries et se soudent entre eux ; suivant ses dernières observations ( Mùller's Archiv. , 1840. ) , il se forme d'abord des noyaux avec granules internes ou nucléolules qui s'entourent bientôt de cellules très délicates, lesquelles s'alongeut et s'alignent comme des fils de conferves; les parois de ces cellules s'épaississent par la formation de fibres secondaires , qui plus tard constituent seules les parois du tube à l'intérieur duquel sont renfermés les noyaux des cellules primitives.
M. Schvann ( Miïller's. Archiv. , 1840. ), admet aussi que les fibres musculaires sont des tubes creux provenant de la soudure d'une série de cellules dont les parois intermédiaires ont été résorbées, tandis que la paroi extérieure s'est épaissie au contraire par un dépôt de substances secondaires dans l'intérieur du canal, qui renferme encore les noyaux des cellules primitives , jusqu'à ce que , par suite du dépôt de substances à l'intérieur , la cavité soit complètement obstruée.