DES ÉCAILLES DES TOISSONS
Les écailles , comme les poils et les plumes , sont un produit de sécrétion sans vitalité propre ; comme eux aussi , elles résultent de la réunion de deux produits de sécrétion , savoir : la surface du derme, à laquelle adhère par toute son étendue, l'ecaille qui ne s'agrandit que sur son contour, et en second lieu, la face interne du repli de la peau, dans lequel est renfermée la plus grande partie de l'écaillé.
Les écailles de la tauche ( pl. VIII, fig. 1 ) et des autres poissons malacoptérygiens, comme de tous ceux en général que M. Àgassiz , d'après la forme de leurs écailles , classe dans sa division des cycloïdes , présentent des stries nombreuses d'ac-
iaO ECAILLES DES FO1SS0KS.
eroissement , parallèles au bord , et des lacunes ou rigoles disposées en rayonnant , et qu'on a prises mal à propos pour des canaux véritables ; ainsi la lame inférieure étant couliuue et uniformément sécrétée, sur tout son contour, la lame supérieure s'accroît périodiquement suivant les zones indiquées par la ligne saillante concentrique qui est le commencement de chacune d'elles ; or ces zones sont interrompues irrégulièrement par des lacunes de plus en plus nombreuses à mesure que récaille s'accroît , et dont la succession forme des canaux rayonnans à bord irré^uiier sinueux.
Les écailles de la scorpène^/.VII,/^. 6) et de la plupart des autres poissons acanlhoptérygiens rangés par M. Agassiz dans la division des cténoïdes, à cause du bord dentelé en peigne de ces écailles, se composent d'un disque concave uniforme d'abord, ayant plus tard des plis gauffrés de plus en plus profonds , sur la partie engagée dans la peau , et une ou plusieurs rangées de dents ou d'épines au bord libre. La lame inférieure qui adhère à la peau dans toute son étendue, et qui s'accroît sur son contour seulement, est homogène et sans stries; la couche supérieure s'accroît par zones concentriques commençant chacune par une arête saillante granulée ou formée d'un rang de petits tubercules, et parallèle au bord. Ce bord, d'abord elliptique, devient régulièrement plissé quand l'écaillé a acquis uu certain développement, comme si la membrane sécrétante, empêchée de s'étendre suffisamment, se trouvait plissée longitudinalement. Les dents ou épines du bord externe sont sécrétées comme l'écaillé elle-même, par la portion delà peau qui supporte ce bord. Elles sont formées de la même substance cornée prolongée en tubercules et en pointes saillantes : par l'écrasement, on les voit révéler clairement leur nature (fig. 3, c), ce ne sont donc pas de véritables dents comme on l'a prétendu récemment.
En observant les écailles du cottus scorpius [vc$ }eune , on reconnaît que ces pointes prennent naissance isolément près du bord de l'écaillé, à laquelle elles se soudent plus tard; mais c'est bien encore la même substance cornée pour l'une comme pour tes autres.
Les écailles de l'anguille (pl. VIII, fig. t ) présentent une structure fort remarquable , et qui met bien en évidence le concours des deux surfaces sécrétantes entre lesquelles se dé-