DES PLUMES
On arrive à se faire une idée du mode de formation des plumes , si l'on imagine sur une plus grande échelle un poil pourvu à l'intérieur de cavités aérifères extrêmement multipliées, d'où résulte une moelle spongieuse et revêtue d'écaillés à bord membraneux très développé et régulièrement divisé en pinnules latérales ; en effet , chaque barbe de la plume est sécrétée successivement tout entière et complète par la face interne de la capsule génératrice , de la même manière que les lames saillantes des poils de chauve-souris , qu'on peut bien supposer, dans certains organismes, être devenues plus découpées et prolongées latéralement.
Si l'on soumet au microscope une lame mince de la substance blanche spongieuse qui occupe tout le centre de la tige d'une plume d'oie , on reconnaît que cette substance est
ECAILLES DES POISSONS. I ig
exclusivement formée d'un amas de cellules aérifères, d'où l'on peut chasser l'air en y faisant pénétrer un liquide , comme on le voit dans la figure 8 de la planche i3 : ici quatre cellules seulement contiennent encore de l'air.
Les figures i a-j de la planche XIV représentent divers fragmens des plumes du bruant , tendant à prouver ce que nous avons dit plus haut ; ainsi dans les figures a et h , on voit h tige d'une plume très mince occupée par une série de cavités aérifères ; la figure b montre le mode d'insertion des barbes ou pinnules sur la tige , d'où elles partent obliquement ainsi que les écailles de la surface des poils de mammifères. En d et en g on a la base de deux pinnules qui sont évidemment le prolongement d'une écaille de la superficie sécrétée par la face interne de la gaine. Dans les autres figures sont représentées les barbes avec leurs nœuds renflés et entourés de pointes plus ou moins saillantes obliquement.
Il est bon de noter que les duvets des divers oiseaux, celui de l'oie par exemple et celui de l'eider, qui entrent dans la confection des lits et des meubles , flottaut souvent dans l'atmosphère , se déposent sur les objets soumis à l'observation microscopique , et offrent une grande analogie avec ceux de la planche XIV.