‹ Nouveau manuel complet de l'observateur au microscopeChapitre 79 sur 169 · DE LA PUCE · texte numérisé non relu

DE LA PUCE

succion, et comme l'analogue delà languette des hyméuoplè. res ; son extrémité grossie 3oo fois, est représentée dans la planche XIV, fig. 10. Sa largeur n'excède pas 0,0 16; sa longueur est de o,3o. 5° Une gaine articulée , recevant dans une gouttière , et soutenant par dessous, dans leur action, les lames en scie et la lauguelte. Celte gaine b paraît formée de la réunion des deux palpes labiaux, qui seraient composés chacun de trois ou quatre articles.

Les deux lames dentées en scie quadrangulaire qui accompagnent la languette , et qui ont surtout pour objet de percer la peau et d'y exciter par leur mouvement une irritation, d'où résulte l'afflux des sucs que pompe l'insecte, à l'aide d'un vaste jabot ovoïde très extensible ; ces lames sont longues de o,3o, larges de 0,028 à o,o3o et beaucoup plus résistautes; l'extrémité de l'une d'elles est représentée dans la planche XIV, fig. 9, grossie 3oo fois. Ces lames dentelées peuvent bien être considérées comme un des meilleurs testobjets, pour juger de l'excellence d'un microscope.

L'œil o , qui se trouve au bord postérieur du premier arceau de la tète , et l'antenne «, qui est insérée entre les deux arceaux, sont représentés dans la planche XIV, fig. 8 , gros sis 3oo fois ; on voit que l'œil est lisse, ovoïde ; long de 0,04, et que l'antenne se compose d'abord d'un article basilaire courbé en S , puis d'un article court transversc , portant une rangée de poils parallèles disposés en dents de peigne f un troisième article également court , transverse , sans poils , et enfin une massue formée par la soudure de huit segmens , s'engrenant mutuellement.

Le thorax se compose de trois segmens bien distincts , bien détachés, et présentant de chaque côté deux pièces écailleuses dont l'inférieure, qu'on doit nommer l'épimère , porte la patte correspondante, dont le premier segment, très épais, pourrait , au premier aspect , être pris pour la cuisse , mais n'est , eu réalité, que la pièce nommée la hanche dans les autres insectes; le second segment, très petit, faisant l'effet d uo genou, est l'analogue de ce que l'on nomme ailleurs le trochanler; les segmens suivans sont la cuisse, la jambe et le tarse , formé de cinq articles et terminé par deux ongles en crochet finement dentelés, avec un lobe ou talon à la base.

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Les trachées, qu'on voit par transparence dans les membres, présentent un renflement vésiculeux dans tous les quatrièmes segmens, c est-à-dire, dans les jambes, et dans le premier article des tarses postérieurs seulement. Les stigmates correspondant se trouvent sur le prothorax et entre le mésothorax et le mét a thorax ; et ces derniers (s) sont deux tnbes courts très rapprochés bien visibles en dessous du corps , derrière les épimères du mésothorax.

L'abdomen de la puce femelle présente neuf anneaux distincts, dont les sept premiers, portant chacun une paire de stigmates , sont revêtus par des arceaux cornés à peu près semblables, à bord membraneux ; les stigmates, sur le premier, sont très rapprochés du dos, sur les six autres ils sont placés plus bas , au milieu de la hauteur de l'arceau dorsal , ou aux deux tiers de la hauteur totale de l'abdomen. Le huitième arceau dorsal , beaucoup plus court et sans bord membraneux , est au contraire renforcé par une bande cornée garnie de poils fins en dessous, pour protéger l'orifice du dernier stigmate qui se trouve près de l'angle inférieur, dans une petite échancrure où les bords et les poils du pygidium le préservent entièrement du contact de l'humidité. Les deux segmens de ce huitième arceau paraissent être simplement rapprochés et non soudés comme les précédons sur Tarète dorsale.

Le neuvième et dernier segment dorsal qu'on nomme le pygidium, est une plaque presque réniforme ou irrégulièrement arrondie légèrement, pliée en toit suivant l'arête dorsale. Ce pygidium , que l'on peut aussi , en raison de sa structure élégante, choisir comme test-objet pour juger comparativement deux microscopes , est encadré par un bord étroit plus coloré, prolongé en arrière; il porte a 5 à a8 soies raides longues de 0,08 à 0,10, implantées au centre d'autant d'aréoles irrégulièrement distribuées à la surface; chacune des aréoles , large de 0,012 est ornée d'un cercle de dix granules ronds comme de petites perles autour de la base du poil ; quand d'ailleurs ce poil ou cette soie a quitté sen point d'attache , on pourrait croire que l'aréole est percée d'un trou , et le pygidium fait l'effet d'un crible. Tout le reste de la surface du disque , entre les aréoles , est hérissé de petits tubercules pointus , très rapprochés , ayant chacun o,oo*5 d'épaisseur.

Le pygidium , représente dans la planche XII, fig. 18 , aa

OBSERVATEUR AU MICROSCOPE . l3

1^6 i»e la Pline.

grossissement de 1 5G diamètres , avec les parties voisines , est largc*de 0,166 et haut de o,t33 sans le prolongement du bord qui porte les deux filets articulés q ; sous le pygidium se trouve/ l'ouverture anale renfermée entre les deux pièces latéralement repliées du dernier segment abdominal , ces deux pièces, près de leur bord surtout , sont hérissées de longs poils raides qui se croisent au-dessus de la fente laissée entre elles.

L'abdomen de la puce raàle est également pourvu du pygi- «Mum avec 6es deux stylets articulés , mais les pièces latérales des derniers segmens abdominaux sont élargies et prolongées en arrière , centenant entre elles les organes copulateurs très compliqués de cet insecte.

La structure de la puce diffère tellement de celle des autres insectes hexapodes , qu'on ne peut la bieu comprendre que par la comparaison des diverses espèces de puce : celles du chien , de la souris, de la chauve-souris offrent en effet des différences notables et dont l'étude est bien digne d'intérêt; nous ayons représenté dans la planche XlV/fig. n , la tète d'une puce de chauve-souris, grossie 200 fois, pour montrer surtout plus nettement la composition de Tautenne beaucoup plus alongée que celle de la puce de l'homme , mais présentant également un article basilaire un peu courbe en $ et renflé en massue ; puis deux articles larges et courts ; et enfin une massue de huit articles soudés et comme engrenés mutuellement; ainsi, comme dans beaucoup d'autres insectes, il y a onze articles en tout à l'antenne de la puce.

La tête est formée aussi de deux segmens à la jonction desquels est l'insertion de l'antenne.

Le segment antérieur se prolonge en une lame alongée oblique , sur le bord postérieur de laquelle est un œil lisse si petit, que cette puce a été décrite comme tout-à-fait dépourvue d'œil ; vers l'extrémité antérieure du même segment antérieur se trouvent deux paillettes cornées dirigées obliquement en bas , et derrière lesquelles se voit le palpe de quatre articles , et la lame foliacée m qui porte ce palpe et qui semble être l'analogue d'une mâchoire ou maxilîe.

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