‹ Nouveau manuel complet de la bonne compagnie, ou, Guide de la politesse et de la bienséanceChapitre 3 sur 70 · DE LA BIENSÉANCE ET DE SES AVANTAGES · texte numérisé non relu

DE LA BIENSÉANCE ET DE SES AVANTAGES

La bienséance est le mélange heureux de la morale | et de la grâce : elle doit être considérée sous ce double À point de vue, et présider, par conséquent , à nos plus @ importants devoirs comme à nos plus frivoles plaisirs. € Lorsqu'on l’envisage uniquement sous ce dernier rap- À port, l'on prétend que le seul usage du monde inspire | l'habitude et le goût de ces formes modestes et bien- | veillantes qui constituent Ja véritable politesse; c'est Bonn: Compagnie, ht LS

à 01 PRÉMIÈRE PARTIE: #41

une erreur. La bienséance ,'ow le bien.qué, sied:(car telle est la signification detce mot) rest le fruit précieux de la connaissance de soi-même ; du respect:des droits d'autrui: c’est le sentiment des sacrifices imposés:eà l'amour-propre-par les-relalions-socialess c’est enfin un besoin pieux.de concorde et d'affection. Mais l’asage du monde n’est que le vernis, ou-plutôt.que la: parodie de la bienséance:, puisqu’aù lieu:de s'appuyer comme elle sur la sincérité, la modestie; lobligeance;:il:consiste à ne s’appesantir sur rien, à se jouer également de ses sentiments , de ses ridicules, des défauts-et dés vertus d'autrui, pourva que l'on plaisante-avec-grâce, et qu'on n’aille jamais assez loin pour blesser: l’amourpropre de personne. Grâce.à l'usage, il:suffit;: pour être reconnu aimable, que celui.à qui s'adresse: :uné mauvaise plaisanterie puisse en rire autant que celui qui la fait. L'usage du monde n’est donc.souvent qu'un adroit calcul de la vanité, qu’un. jeu futile de Fesprit, qu’une observance superficielle. des formes. :: fausse bienséance qui conduirait à la frivolité ou à la perfidie, si la bienséance véritable ne l’animait.de délicatesse ,:de réserve et de bienveillance. Oh! si jamais l'usage-du monde n’eût été séparé, de cette vertueuse amabilité, jamais on n’aurait vu les gens simples et. bons se-défier de Ja politesse, et, victimes d’un trompeur, dire avec raison. d’un ‘ton plein d’amertame : C’esé un: homme

Polis jamais:on n'aurait distingué des convenances les

principes éternels de la vertu! L'amour :du-bien ; da vertu, en un mot, est donc l’âme de la politesse: le sentiment d’une juste harmonie entre nos'intérêts , nos rapports sociaux, est encore indispensable à cette |

BIENSÉANCE ÊT SES AVANTAGES. d

agréable qualité. L’excessif enjouement, la joie délifante les grandes peines, la colère, l'amour, la ja< lousie ; lavarice,: et généralement toutes-les passions sont Pécueil trop ordinaire de la bienséance. La mesure émtoutes choses luïest tellement nécessaire , que c’est | uñé faute côntre la bienséance que de mettre trop rl

fectation à à l'observer. Fi

“Cest à labienséance, à ses égards équitables et gracieux, quéfon doit tout le charme, j'ai presque dit la possibititérde vivre en société. Effet et cause de là civilisation ; elle $empare du grand mobile de esprit | bamaïîn} amour de soi, le désir de plaire, pour le purifier, l’énnoblir ; pour substituer à l’orgueil , à tous tes sentiments égoïstes ou haineux qu’il enfante, la bienveillance avec tous les sentiments aimables et géné: reux qu'elle inspiré. Dans ane réunion de gens vraiment polis, lé mal semble ignoré : lejuste, le beau, le bon, sousletitre dé convenable, se font sentir de toutes parts: les ‘actions, les manières, le langage les manifestent également. Quelques hommés croient que lon peut braver-impunément les exigences de la société ; ils se | pôsent en réformateurs, et mettent à la place des | bonnes manières le sans-gêne des clubs. A-t-on te | Coup gagné à ce changement?

Nous ne voulons pas nous ériger en censeurs , mais nous voudrions que notre appel fût entendu et consi-

déré comme une provocation adressée à ceux qui ont

tort de $e taire en no de l’invasion qui nous menace.

Nous avons vu disparaître la bienséance aux jours perte delaterreur ; et ce qui donne à cette époque

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