C. Appareil de Puymaurin
Le premier appareil monté par D'Arcet pour extraire la gélatine des os parla vapeur était destiné à fournir des dissolutions de gélatine à la cuisine de l'hôpital de la Charité. Hais cet appareil ne présentait pas toutes les conditions d'une bonne fabrication économique, et ce n'est que plus tard qu'il établit enfin l'appareil que nous avons esquissé ci-dessus et dont nous expliquerons plus bas la structure et la forme. En attendant nous ferons connaître ici celui établi en 1816 à la Monnaie des médailles sur le principe de D'Arcet, mais avec des perfectionnements par M. de Puymaurin, alors directeur de cet établissemen t, qui ne peut guère servir que pour une petite fabrication.
« Ce premier appareil, dit-il, que j'ai fait construire était portatif, de forme cylindrique , il est représenté figures 21 et 22. J'en ai fait construire un second, parce que je crois qu'il
est bon d'avoir un double équipage de chaudière & vapeur, pour qu'un service aussi important n'éprouve pas d'interruption. Les conséquences en seraient d'autant plus fâcheuses que leur résultat serait de rappeler les ouvriers à leurs anciennes habitudes, et de rendre ainsi inutiles tous les efforts et les sacrifices qu'on aurait faits pour leur en donner de nouvelles.
Ces deux appareils sont à peu près semblables dans leurs détails/ et la seule différence qu'offre la forme des chaudières m'a été imposée par la localité. Les formes rondes ont l'avantage d'offrir plus de résistance et de permettre de diminuer les épaisseurs ; les meilleures dimensions pour les chaudières de ce genre sont 1 de largeur sur 4 de longueur. (V. fig.32.)
On peut objecter le rayonnement du calorique contre les chaudières cylindriques ; mais je ne pense pas que cet inconvénient puisse compenser leurs avantages.
Mon' appareil se compose d'une chemise en tôle ou en maçonnerie, d'une chaudière à vapeur, d'une chaudière plus petite entrant dans la première, dont elle forme le couvercle et sert à renfermer le bain-marie ou le bain de vapeur, d'une marmite pour la cuisson des aliments, d'un couvercle, d'un tuyau de distribution de la vapeur, de six cylindres, d'un i flotteur, d'une machine pour briser et concasser les os.
Les fig. 21 à 23 représentent le plan général de l'appareil à demeure, et les coupes verticale et horizontale de l'appareil portatif.
On voit dans les fig. 23 à 48 les élévations et les coupes longitudinale et latérale et les détails de l'appareil à deux chaudières.
Fig. 21 . Coupe verticale de l'appareil portatif sur la figure c dde la figure 22.
Fig. 22. Coupe horizontale prise au niveau de la ligne a b,
fig. Si.
Fig. 23. Plan général de l'appareil complet à deux chaudières.
Fig. 24. Tuyaux distributeurs de la vapeur, vus en -dessus.
Fig. 25. Vue de face du tube indiquant le niveau de l'eau dans la chaudière.
**Fig. 26. Coupe verticale du fourneau et des marmites, dont l'une est vue en élévation avec ses accessoires.
Fig. 27. Coupe latérale du fourneau, de la chaudière et de l'une des marmites, et vue de face des cylindres.
Fig. 28. Section verticale de la boîte renfermant le flotr teur.
Fig. 29. La soupape pour la rentrée de l'air dans la mar- , mite vue en coupe et en dessus.
Fig. 30. Mécanisme du régulateur du feu vu en plan et en élévation. . • '
Fig. 31. Disposition du flotteur, montrant l'arrivée et la sortie des divers tuyaux qui y aboutissent.
Fig. 32. Coupe longitudinale de la chaudière et élévation de la marmite, dans les dimensions les plus convenables à donner à ces pièces.
Cette figure n'est qu'une simple indication ; elle est, ainsi que la précédente, dessinée sur une petite échelle.
Fig. 33. Bride du couvercle, vue en élévation et en plan.
Fig. 34. Croisillon en fer pour maintenir les couvercles des cylindres.
Fig. 35. Un des cylindres, vu séparément.
Fig. 36. Autre cylindre plus petit.
Fig. 37. Cylindre en toile métallique entrant dans le cylindre précédent, et dans lequel on met les os concassés.
Fig. 38. Maillet en bois dur, garni en dessous d'une plaque en fonte taillée en pointe de diamant.
Fig. 39. Couvercle de la marmite vu en élévation et en plan.
Fig. 40. Marmite vue en coupe.
Fig. 41 et 42. Autre marmite qui reçoit la précédente et se place dans la chaudière à vapeur.
Fig. 43. La môme, vue de profil.
Fig. 44. Billot surmonté d'une plaque de fonte taillée en pointe de diamant sur laquelle on casse les os.
Fig. 45. Plan de la plaque de fonte fixée sur le billot.
Fig. 46. Virole en plan et élévation.
Fig. 47. Boîte qui reçoit les os.
Fig. 48. Plan et coupe d'un disque en fonte avec de profondes cannelures concentriques, sur lequel on brise les ot sous le balancier.
Les mêmes lettres indiquent les mêmes objets dans toutes les figures.
A, fourneau en tôle ou en maçonnerie, convenablement
Sercé pour donner passage aux diverses pièces de l'appareil. , chaudière à vapeur d'une épaisseur proportionnée à sa forme, à la pression qu'elle doit soutenir et à la nature du métal don* elle est composée. C, chaudière plus petite que la chaudière à vapeur, logée dans son intérieur, et lui servant de couvercle. Elle est destinée à recevoir le bain-marie *»n le bain de vapeur : de forts boulons la réunissent avec les
bords de la chaudière à vapeur. D, marmite pour la cuisson des aliments; elle est enfer-blanc, avec deux fortes anses à charnière; on peut y cuire les aliments de trois manières différentes : 1° à la vapeur, en ne mettant pas d'eau dans son intérieur, et en introduisant la vapeur par le robinet L, fig. 3 ; 2° comme marmite ordinaire, au bain- marie ou au bain de vapeur; 3° dans un bain d'air échauffé comme dans un four. E, couvercle de la marmite aussi en fer-blanc, sa base est garnie d'étoffe, ce qui le rend élastique et capable de supporter la compression d'une garniture en fer : le couvercle est enveloppé de laine. F, tuyau distributeur de la vapeur. G, cylindres en fer-blanc, dans lesquels s'opère l'extraction de la gélatine; deux de ces cylindres ont une capacité double de celle dés autres : on peut donc considérer leur ensemble comme formant quatre capacités égales. Il est bon d'avoir quatre cylindres, parce que ce n'est qu'au bout de quatre-vingt-seize heures que les os se trouvent entièrement dépouillés de tous leurs principes nutritifs. On renouvelle alternativement, toutes les vingt-quatre heures, les os de chacun des cylindres; on mêle les dissolutions obtenues et l'on a ainsi une dissolution moyenne constante. Les petits cylindres sont construits d'après les proportions les plus convenables pour la condensation; elle est activée dans les grands cylindres, par des serpentins en plomb qui les entourent; l'eau renfermée dans leur partie inférieure et chauffée a près de 100°, au moyen d'une quantité de calorique qui serait perdue, se rend dans la chaudière, active et régularise la marche de l'appareil, et diminue la consommation du combustible : l'eau échauffée dans la partie supérieure, se rend au robinet, et est employée pour les besoins de la cuisine. H, tuyau par ou s'échappe la fumée. I, foyer qui doit être assez grand pour contenir la^ quantité de combustible pour le service de la nuit : la quantité de vapeur à Eroduire servira à calculer son volume. J, grille. K, cendrier. i, baquet pour recevoir la dissolution de gélatine. M, flotteur qui sert à maintenir un niveau constant dans les chaudières.
a, robinets pour l'introduction de l'eau, b, robinets pour l'introduction de la vapeur provenant d'une, chaudière employée dans l'établissement à d'autres usages, c (Gg. 21), tube en verre avec ses accessoires, indiquant la hauteur de l'eau dans la chaudière, d, robinet de vidange de la chaudière. 9,
! tuyau de sortie de la vapeur, f, régulateur du feu d'après le
j système de Bonnemain.
Le régulateur placé dans les chaudières rectangulaires est
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construit sur le même principe, mais il est plus simple, g (fig. 23, 24, 26, 27 et 42), tuyau pour l'introduction de l'eau au moyen de robinets différents ; on peut diriger l'eau dans Tune ou l'autre chaudière, bu dans les deux à la fois, h (fig. 23 et 24), tuyau aboutissant aux robinets bb, et servant à l'introduction de la vapeur provenant d'une autre chaudière. Cette disposition est spéciale pour les usines qui ont des machines ou des chauffages à vapeur, t, soupape de sûreté. k, prise de vapeur ménagée pour différents services. I, robinet d'introduction de la vapeur dans l'intérieur du bainmarie. m m, oreilles auxquelles tient la bride du couvercle, n, petit robinet que l'on ouvre pour laisser sortir la vapeur, afin .d'avoir la facilité d'ouvrir l'appareil, p, garniture en fer qui exerce une pression sur la jonction du couvercle avec la chaudière, p, bride en fer et vis de pression du couvercle. q, robinets au moyen desquels on ouvre la communication de la vapeur avec le tuyau e. r, soupape adaptée au tuyau e, et disposée de manière à permettre, dans un cas de refroidissement subit, l'introduction de l'air dans l'appareil. Il se forme alors un vide, et la gélatine contenue dans les cylindres serait, sans cette précaution, aspirée par la marmite, s, rondelles en métal fusible, t, manomètre indiquant la pression. On peut employer indifféremment un thermomètre ou un manomètre ; mais le premier de ces instruments est préférable, u, tuyau conduisant la vapeur dans les cylindres, v (fig. 36), disque de fer-blanc, servant de courvercle au cylindre ; on place à la jonction une rondelle de carton, x (fig. 37), enveloppe en toile métallique entrant dans le petit cylindre, et dans laquelle on met les os concassés, pour être exposés à l'action de la vapeur, y, tuyau d'introduction de la vapeur dans les cylindres, z %, robinets pour extraire la dissolu tion formée.
a' (fig. 21 et 22), grand tube de tôle du régulateur du feu, en communication avec la chaudière, au moyen des tuyaux alimentaires des niveaux d'eau, b* , tige de plomb soudée au fond du tube a\ c', tige de cuivre soudée au bout de la tige de plomb, d' fermeture du grand tube de tôle a'; elle est garnie d'une boite à étoupes, dans laquelle passe la tige b*. e*, levier appuyé sur l'extrémité de la tige J', et multipliant 12 fois la dilatation de la tige de plomb; la vis qui est à son extrémité règle la position, f, second levier multipliant douze fois le mouvement du premier levier; un contre-poidg sert à le maintenir en place, g', écrou auquel est attachée la tringle destinée à ouvrir ou fermer la soupape par laquelle l'air entre dans le fourneau; cet écrou est à coulisse sur \%
levier f , afin que Ton puisse le placer suivant la température désirée. h\ soupape du régulateur; dans les fourneaux de forme rectangulaire et construits & demeure, le régulateur a été placé horizontalement au fond de la chaudière. Cette disposition qui a permis de supprimer la boite à étoupes d', augmente la sensibilité de tout l'instrument, et la différence de dilatation du plomb et du fer doit être plus forte, ce dernier métal étant isolé. %*, tube de plomb ouvert par une de ses extrémités; il se retire ou s'avance, suivant le degré de contraction ou de dilatation du plomb. V , plaque de fer sur laquelle sont placés les leviers, m' n', leviers multipliant le mouvement de la tige V : j'ai cru utile de placer également une soupape dans les cheminées H H ; ejle est mue par le régulateur, et obvie aux accidents qui pourraient nuire à l'exactitude de l'instrument, o' (fig. 34), chapiteau en fer pour résister à la pression, p', bride du cylindre et vis de pression, q' (fig. 23 et 27), grand cylindre ayant la même hauteur que les petits cylindres, et une capacité double. Son diaphragme, son tuyau d'introduction de la vapeur, son robinet pour l'extraction de la gélatine, son couvercle, son chapiteau et la bride, sont semblables aux parties analogues dus petits cylindres, r', partie supérieure du serpentin qui fournit de l'eau bouillante pour les usages delà cuisine, s*, tuyau amenant au robinet t' l'eau chautfée dans la partie supérieure du serpentin. V, robinet de sortie de cette eau. u', partie inférieure du serpentin fournissant aux chaudières de l'eau échauffée, t?', soupape d'introduction de la botte du flotteur ouvrant en dedans, x', tuyau d'introduction de l'eau du réservoir; ce réservoir est placé à une hauteur calculée sur la pression, y', tuyau de départ de l'eau qui se rend dans les chaudières: z', tuyau d'introduction de la vapeur dans la capacité de la boîte du flotteur peur maintenir l'équilibre dans la pression. L'eau condensée dans les tuyaux de plomb se rend dans cette même boîte; cette précaution est essentielle pour n'avoir pas de plomb dans la dissolution.
Je brise les os dans la botte (fig, 47), sous le balancier de la Monnaie des médailles. Ce moyen pourrait être appliqué aux usines qui ont des presses hydrauliques ou autres moteurs capables de produire de fortes compressions.
Il est très-important que les os soient concassés en trèspetits fragments. Cette préparation accélère et facilite l'extraction de la gélatine. Dans les établissements où l'on n'a pas à sa disposition un moteur pour concasser les os , on peut se servir d'un tas et d'un maillet garnis en fer, et rem-
placer le manche dû maillet par un grand bras de levier qu'on ferait mouvoir comme celui d'un martinet. On peut aussi employer la batte à ciment ou un mortier et son pilon, en ayant soin de l'envelopper d'une toile pour empêcher les éclats d'os de se répandre au loin ; un mouton ou un moulin faisant marcher deux cylindres cannelés entre lesquels les os sont broyés, etc. Il faut, en général, éviter de produire ,de la chaleur par des coups trop répétés, parce qu'alors les os contractent un goût d'empyreume, on doit les humecter pendant l'opération. »
D. Appareil de D'Arcet.
Voici maintenant la description de l'appareil de D'Arcet tel qu'il a été établi à l'hôpital Saint-Louis et dans beaucoup d'autres établissements et dont on se sert aussi dans les établissements industriels où l'on fabrique la gélatine.
Fig. 49. A, B, C, D est la coupe verticale de l'un des quatre cylindres en fonte dont se compose une batterie. G, H, I, K, la coupe du panier ou réseau en toile métallique qu'on a rempli d'os et qu'on introduit dans le cylindre. C, C est le tube qui communique avec le générateur de vapeur et qui amène celle-ci dans la partie inférieure du cylindre; un robinet E, sur ce tuyau, sert à faire arriver à volonté cette vapeur ou à lui interdire tout accès. L, L, tuyau servant à introduire l'eau dans l'intérieur du cylindre. M, robinet servant à régler la quantité d'eau qu'on fait ainsi arriver dans l'appareil et qui, à la pression de vapeur indiquée, doit être de trois litres soixante-quinze centilitres par heure. N, tube en étain entrant à frottement dans la partie S du tube L, L ; ce tube est fermé à son extrémité K, mais dans la partie inférieure de sa surface il est percé d'un trou qui amène l'eau d'injection au centre du cylindre. Ce tube est nécessairement mobile ; on l'enlève avant d'introduire le panier et on le remet en place lorsque celui-ci est descendu dans le cylindre.
Fig. 50. Elévation de l'appareil complet vu par devant. A, B, C, D, les quatre cylindres en fonte élevés de cinquante centimètres au-dessus du sol et établis à vis sur un banc reposant sur une maçonnerie. H, couvercles mobiles des cylindres. G, G, tubulures des cylindres dans lesquelles on insère les thermomètres régulateurs de la température. I, I, fermetures dites.de Moulfarine ou à bride. P, manomètre indicateur de la pression. G, G, robinets de vidange qui servent à l'extraction de la solution gélatineuse. M, M, gouttière générale en fer-blanc qui reçoit cette solution de toutes
les petites gouttières N, N placées sous les robinets de vidange et la conduit dans le vase B. 0, moufle mobile le long
; d'un rail pour relever et descendre les paniers dans les cy-
] lindres.
| Fig. 51. Elévation de l'appareil vu de côté ou par Textrémité. A, tuyau général de vapeur qui communique avec le générateur A, B, C, branchement conduisant la vapeur dans
I le fond du cylindre et représenté en C, G dans la figure 49. 0, le moufle qui enlève et abaisse les paniers. G, robinet de vidange. N, petite gouttière versant dans la gouttière générale M. B, vase pour recevoir et enlever la solution gélatineuse.
E. Appareil D'Arcet perfectionné.
Les appareils de Puymaurin et de D'Arcet pour l'extraction de la gélatine des os par la vapeur peuvent suffire quand il ne s'agit que de préparer cette substance pour en faire des bouillons ou pour la réduire en tablettes ; mais s'ils présentent quelque avantage économique sous ce rapport, on conçoit qu'ils ne sont plus disposés pour une grande fabrication courante et industrielle dans laquelle il s'agirait d'extraire en grand de la gélatine ou de la colle-forte et que, sous cet autre point de vue, ils auraient besoin d'être remplacés par d'autres ou modifiés. Nous ne connaissons pas les appareils dont on se sert à Bouxwillers, dans la belle fabrique de M. Schattenmann, pour préparer avec les os une colleforte fort estimée dans le commerce à raison de ses excellentes qualités, pas plus que ceux dont on fait usage à Rouen, chez M. Grenet, ou dans les autres parties de la France où l'on fabrique avec ces résidus de la gélatine ou de la colle-forte, et nous .ne pouvons en conséquence les décrire, mais nous avons imaginé, tout en conservant le principe de D'Arcet, un appareil qui nous semble mieux adapté que le sien à une grande industrie, qui est plus pratique et partant plus économique ; on en jugera par la description que nous allons en donner.
Fig. 52. A, A, gros cylindre en fonte couché dans une maçonnerie de briques afin d'éviter les pertes de chaleur qui auraient, lieu par un rayonnement considérable à sa surface. Ce cylindre, qu'on a représenté aves la moitié antérieure enlevée, est ouvert aux cfcux bouts et fermé à l'extrémité postérieure par un couvercle plat B, retenu par des boulons, et à son extrémité antérieure par un couvercle bombé C, retenu par une fermeture dite de Moulefarine, c'est-à-dire avec un collier à gorge qui embrasse les collets du cylindre
et du couvercle et entre lesquels on interpose un corps élastique, feutre, carton frit, etc. Le couvercle postérieur B est percé au centre pour livrer passage au tuyau D qui vient du générateur, amène sa vapeur dans le cylindre et la distribue à son intérieur par quatre branches à angle droit Tune par rapport à l'autre. Ce tuyau passe à travers une boite à étoupes et il est muni d'un robinet E pour admettre ou arrêter l'afllux de cette vapeur. Le, couvercle autérieur C no présente rien de particulier, si ce n'est que dans la partie supérieure il est pourvu d'un crochet qui, quand le couvercle a été dégagé, sert à le relever au-dessus de la maçonnerie au moyen d'une corde passant sur une poulie attachée au plancher.
Le cylindre A, A est aussi percé de plusieurs ouvertures sur sa surface convexe, savoir : 1° quatre ouvertures F, F, F, F pour le passage de tubes d'eau froide pourvus à leur extrémité de pommes d'arrosoir et qui empruntent cette eau à un gros tuyau G, G qui règne sur toute la longueur du cylindre. Ces injections d'eau froide, sont, comme on l'a vu, favorables î l'extraction de la gélatine ; 2° une autre ouverture pour le passage d'un tube à robinet H qui sert S évacuer la vapeur et à faire cesser toute tension dans le cylindre quand on veut l'ouvrir; 3° un trou à douille pour le passage d'un thermomètre afin de connaître la pression à l'intérieur; 4° enfin, un trou K par lequel on dispose un ajutage à robinet L pour pouvoir évacuer les liquides rassemblés sur la fond du cylindre.
Le cylindre est disposé légèrement en pente sur le devant dans son enveloppe en briques, tant pour favoriser. l'écoulement de ce liquide par l'ajutage L dans la gouttière L' qui est couverte pour éviter la buée, que pour faciliter la sorti* du charriot ou panier.
A l'intérieur du cylindre on introduit un charriot ou panier M, M (Gg. 55) en forme de parai lélipède, qui se compose d'une carcasse en fer où l'intervalle entre les côtes de cette carcasse est fermé par de la toile métallique. Sur les côtes extrêmes et moyenne de cette carcasse sont rivés des axes qui portent chacun un couple de galets N, N de même forme que les roues dés véhicules de chemin de fer et qui roulent sur des rails 0, boulonnés sur les côtés de la surface concave du cylindre, de façon qu'on peut à volonté faire sortir le charriot de celui-ci en le tirant au moyen de crochets par les poignées P, P, ou l'y faire rentrer en le poussant à la main et le faisant rouler sur ces rails; de petits bu Hoirs Q servent è l'empêcher d'aller jusqu'au fond du cylindre et
d'endommager le tuyau de vapeur. Ce charriot est aussi pourvu à l'arrière de deux crochets RR dont nous verrons plus loin la destination; c'est dans ce charriot ou panier qu'on dépose les os qu'on doit soumettre à l'action de la vapeur.
Pour pouvoir manoeuvrer commodément ce charriot, tant quand on le sort du cylindre après l'épuisement des os et qu'on veut retirer les résidus, que pour le charger et l'introduire de nouveau dans le cylindre, on a établi en avant de celui-ci une disposition particulière, mais facile à comprendre.
Bevant le cylindre est disposé un châssis de décharge représenté à l'état de manœuvre daqs la figure 52 et en plan dans la figure 53 . Ce châssis se compose de deux rails S S (reliés entre eux par trois traverses, deux près des extrémités et une au milieu), qui peuvent basculer à leur extrémité sur un axe T monté sur des colonnes U. Ces rails, à leur partie antérieure, sont coupés à demi-épaisseur et portent en ce point un goujon qui s'engage dans un trou percé dans le bout des rails du cylindre et de même à demi-épaisseur, ainsi qu'on l'a représenté dans la figure 54. Il en résulte que, lorsqu'on abat le châssis et que le goujon s'est inséré dans l'oeil disposé pour le recevoir, les rails de ce châssis ne font plus qu'un avec ceux de l'intérieur du cylindre, et qu'au moyen de crochets on peut tirer (en s'aidant au besoin d'un treuil) le charriot en dehors du cylindre et l'en faire sortir tout entier : aussitôt que ce charriot est en dehors de ce cylindre les crochets RR s'engagent sur la traverse postérieure du châssis et ne lui permettent pas d'aller plus avant, même quand on le penche. Pour cela, ce châssis porte, sur chacun de ses côtés et à sa partie antérieure, un tourillon Y embrassé par une corde passant sur une poulie suspendue au plafond et se rendant à un petit treuil qu'on manœuvre à la main. £n enroulant la corde sur ce treuil, on fait peu à peu basculer le châssis chargé du charriot et, arrivé à une certaine hauteur, on en ouvre la partie antérieure qui est à coulisse ainsi que le représente la figure 56, et on fait tomber tous les résidus qu'il renferme dans une brouette placée au dessous. Cela fait, on redescend le charriot et on le charge de nouveau d'os frais ou conservés qu'on y introduit par un trou X percé dans le plancher supérieur et pourvu d'une manche qu'on dirige à la main pour répartir également les os c\ans toute l'étendue du charriot.
Quand celui-ci est ainsi chargé, on le repousse dans le cy-
Hndre, en le faisant rouler sur le châssis et les rails inté-
Fabricant de Colles. 10
rieurs ; on redescend le couvercle bombé qu'on tenait suspendu au-dessus; on ajuste sa fermeture, on ouvre le robinet de vapeur E et on recommence une opération.
Si Ton craignait que la forme cylindrique de l'appareil et celle carrée du charriot ne fissent perdre trop de capacité utile ou n'exigent trop de vapeur, on pourrait donner au cylindre la forme à peu près d'une cornue à gaz, ainsi qu'on l'a représenté dans la figure 57, et fixer alors les rails, non plus à mihauteur, mais sur le fond même. du cyiindre, ce qui faciliterait encore les manœuvres pour l'introduction et la sortie du charriot et l'abattage et le relevage du châssis de décharge.
On conçoit qu'en multipliant les cylindres dans une même maçonnerie, ainsi que les châssis mobiles de décharge, on pourra régler leur nombre de manière à travailler d'une manière continue et à pouvoir obtenir à volonté des solutions gélatineuses d'une force donnée de 4 en 4, de 6 en 6, ou de 12 en 12 heures, etc. ; et d'un autre côté, comme on peut donner à chacun de ces appareils des dimensions en rapport avec l'étendue de la fabrication, on a toutes les commodités imaginables pour organiser une fabrique d'une importance quelconque.
Nous ne voyons aucun motif pour lequel ce même appareil appliqué avec discernement à la fabrication de la colleforte avec les colles-matières ordinaires, ne fournirait pas de très-beaux produits avec économie et célérité.
L'appareil, du reste, ne présente aucune partie difficile à construire, et qu'on ne puisse établir partout et à peu de frais. Il est à action continue , d'une manœuvre facile et simple, par conséquent remplit toutes les conditions qu'on doit exiger dans un bon appareil industriel.