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IV. PROPRIÉTÉS NUTRITIVES DE LA GÉLATINE

D'Arcet, en perfectionnant les divers . procédés d'extraction de la gélatine des os que nous avons fait connaître, n'avait eu d'autre but que de faire servir cette substance à l'alimentation des classes pauvres de la société; ses vues à cet égard avaient même été consignées par lui dans un travail fort étendu qu'il avait livré à l'impression en 1829 sous le titre de Mémoire sur les substances alimentaires extraites des os, dans lequel il entrait dans les détails les plus étendus sur la composition des os et leur emploi comme substance alimentaire, la comparaison de la viande et des os pour la préparation économique des bouillons, le broiement des os, leur conservation, l'examen des travaux sur ce sujet de Papin, Grenet, D'Arcet père, Proust, Cadet de Vaux, etc., la des-

cription de l'appareil qu'il avait fait établir à la Charité, les précautions à prendre pour le succès de son procédé, les usages de la dissolution de gélatine et les moyens de rendre cette substance agréable au goût et à l'odorat , la manière de dégraisser les os, la production de la vapeur et l'application des procédés aux établissements où il existe une chaudière de machine à vapeur, etc.

On lit dans ce mémoire que la cuisson des os se fait en 96 heures dans un bain de vapeur de 100 à 107°, et la pression de 76 à 96 centimètres de mercure ; que pour produire 1,000 rations gélatineuses par jour , il faut disposer quatre cylindres et mettre dans chacun d'eux 40 kilogrammes d'os; qu'en mettant en communication ces cylindres avec un réservoir de vapeur, la vapeur condensée dans chaque cylindre est de 1,500 grammes, ce qui porte à 6 kilogrammes le poids de la vapeur condensée par heure dans les quatre cylindres; que la consommation de la houille en une heure est de moins de 1 kilogramme.

En poursuivant la voie ouverte par ce chimiste philanthrope, M. de Puymaurin, alors directeur de la Monnaie des médailles, avait fait construire dans cet établissement un appareil propre à extraire par la vapeur la gélatine des os, et tenté de faire l'application des produits à l'alimentation des ouvriers. M. de Puymaurin a rendu compte de ses tentatives à cet égard dans un "Mémoire sur les applications dans l'économie domestique de la gélatine extraite des os au moyen de la vapeur, qui a été inséré dans le BuUeiin de la Société d'encouragement, 28® année, pages 97 et 158, mémoire auquel nous avons emprunté la description ci-dessus de l'appareil construit alors à la Monnaie. D'un autre côté, la Faculté de médecine avait approuvé, le 13 décembre 1814, un rapport fait par MM. Leroux, Dubois, Pelletan, Duméril, Vauquelin. dans lequel la commission s'était rangée à l'opinion de D'Arcet et conseillait avec lui l'emploi de la gélatine comme aliment. Mais la question était loin d'être épuisée, et, portée devant l'Académie des sciences, elle y a été enfin résolue après de 'nombreuses expériences consignées dans un rapport célèbre auquel Magendie a attaché son nom.

U résulte de ce rapport que le pouvoir nutritif de la gélatine est faible, et que, comme beaucoup d'autres substances d'une composition simple, elle ne peut suffire seule, pendant un certain temps, à l'alimentation de l'homme et des animaux , mais qu'associée à d'autrts substances elle contribue pour sa part à la nutrition et joue alors le rôle des matières simples associées et dont la combinaison paraît la plus

favorable à l'alimentation. D'ailleurs, il faut bien considérer que toutes les matières qui entrent dans l'alimentation ne sont pas destinées à la nutrition proprement dite, que les unes ont bien directement cette propriété, mais que d'autres sont destinées à l'entretien de certains tissus, d'autres à fournir aux dépenses de la respiration, etc., et que sous ce rapport la nourriture doit se composer de ces différentes substances, et en général qu'il importe beaucoup de faire entrer des matières fortement azotées dans l'alimentation de l'homme et que, sous ce point de vue , l'association de la gélatine qui renferme au-delà de 19 pour 100 d'azote présente une bonne matière pour opérer cette animalisation des substances végétales alimentaires. Tout concourt donc à démontrer qu'on peut faire entrer la gélatine dans l'alimentation, et que toute la question consiste à suivre les indications fournies par l'expérience, c'est-à-dire à l'associer habilement avec d'autres matières alimentaires et à faire varier ce genre d'association dans les composés qu'on présente comme aliments.

D'Arcet avait donné la formule suivante pour l'emploi de la gélatine alimentaire et 192 rations de bouillon :

6 kilogrammes de viande,

2 KI .25 de gélatine brute sèche,

100 litres d'eau,

2 kilogrammes de sel marin,

8 à 10 kilogrammes de légumes et d'assaisonnement; et il estimait que 40 grammes de gélatine remplaçaient 1 kilogramme de viande et correspondaient à 1 litre d'eau pour bouillons ordinaires.

De Puymaurin, qui avait négligé, dans ses essais faits à la Monnaie, d'allier la viande fraîche à la gélatine, .et qui avait cru, comme du reste on l'avait pensé dans les premiers moments où l'on a proposé cette «ubstance comme aliment, qu'elle suffirait seule avec des matières végétales pour donner une bonne alimentation, a été complètement déçu de ses espérances au bout de deux mois d'essais sur les ouvriers de cet établissement.

Dans des expériences faites à Reims avec la gélatine fabriquée suivant le procédé D'Arcet, on a préparé 400 litres de bouillon d'après la formule suivante :

Dissolution gélatineuse 400 litres.

Viande avec ses os 20 kilog.

Carottes épluchées 10 —

Porreaux épluchés 5 —

Navets 2.5

Diçjiti:

Céleri 0.5

Sel ; 8.0

Quatre clous de girofle.

Quelques oignons brûlés.

On a fait chauffer le tout pendant quatre heures et on a ' obtenu un bouillon de bonne qualité. En augmentant la quantité de la viande fraîche, on peut préparer un bouillon plus corsé encore.

Avec la graisse extraite des os, on a ensuite préparé des légumes au gras.

Au reste, on peut faire varier à l'infini ces sortes de formules et les préparations alimentaires qu'on fait avec la gélatine ; seulement, il ne faut pas perdre de Tue les propriétés de cette matière et les principes physiologiques qui serrent de base au phénomène de la nutrition chez l'homme et chez les animaux.

V. APPAREIL DE J.- J. MACLàGAN, POUR FAIRE LA COLLE-FORTE ET LA GÉLATINE.

Les appareils de D'Arcet ne sont pas les seuls qu'on puisse employer ou dont on se serve pour fabriquer la colle-forte et la gélatine, et plusieurs fabricants en ont imaginés d'autres pi-us manufacturiers, dont quelques uns ont été adoptés avec succès. Nous décrirons ici celui pour lequel M. J.-J. Maclagan ., de Dunkerque, s'est fait breveter en avril 1824 et qui est aussi destiné à la fabrication de la colle-forte par l'extraction de la gélatine des os à l'aide de la vapeur.

Fig. 58. Elévation latérale de cet appareil.

Fig. 59. Plan ou vue par dessus.

a, chaudière à vapeur montée sur son fourneau.

b, tuyau qui fournit la vapeur dans toutes les parties de l'appareil .

c, tuyaux qui dirigent la vapeur, l'un dans le baquet d, qui sert à l'extraction de la graisse des os, l'autre dans l'évaporateur c et le troisième dans l'extracteur f.

Q, robinets pour régler la quantité de vapeur à introduire.

hj supports sur lesquels o,n fait tourner l'extracteur.

ij soupapes pour laisser échapper la vapeur.

h, robinets pour la sortie de la vapeur de l'extracteur ; un autre robinet, placé en dessous de cet extracteur sert à le décharger de la gélatine,

/, serpentins servant à Vébullition de la matière contenue dans le baquet d et dans l'évaporateur e.

m, robinets pour la sortie de la Tapeur condensée. > n, manivelle appliquée à un engrenage d'un pignon et d'une roue pour faire tourner l'extracteur.

Manière d'opérer pour extraire la gélatine.

Première opération. — On commence par mettre les os en contact avec la chaux, pour en ôter les parties charnues, ensuite on les jette dans le baquet d pour les dépouiller de leur graisse au moyen de l'ébullition produite par la vapeur que les tuyaux bc introduisent dans le serpentin l; la graisse qui surnage est enlevée. On ôte les os du baquet d et on les porte dans l'extracteur f qu'on a soin de luter, ensuite on y fait arriver de la chaudière a, la vapeur à une pression de deux tiers d'atmosphère. Les os ayant été ainsi soumis à l'action de la vapeur pendant deux heures, on fait écouler la gélatine qu'ils ont produite par le robinet placé à cet effet sous l'extracteur, ayant soin de faire tourner cet extracteur de temps à autre, à l'aide de la manivelle n, pour communiquer aux os toute l'action de la vapeur; on fait passer cette liqueur dans le baquet e en la filtrant.

Deuxième opération, -r- On prend de la liqueur contenue dans le baquet d, que l'on introduit dans l'extracteur f; on y fait de nouveau communiquer la vapeur, et, au bout de trois heures, on en retire encore la gélatine, qu'on ajoute à celle obtenue par le premier extrait.

Troisième opération. — Lorsque toute la liqueur a été mise dans le baquet e 3 on la réduit par l'évaporatîon jusqu'à due consistance toujours parla vapeur; ensuite on l'enlève, on la jette dans le tonneau.

La suite de l'opération se fait par les procédés ordinaires employés pour fabriquer la eolle-forte ou la gélatine.

Yl. PROCÉDÉ DE FABRICATION A LA VAPEUR DE LA COLLE D'OS,

de M. D.-J. Briers.

H. Louis Legrand, de Lille, a pris en 1825, un brevet d'invention pour un procédé de fabrication à la vapeur de la colle d'os, imaginé par M. D.-J. Briers, de Londres, et contenant la description d'un appareil imaginé par ce dernier qui mérite d'être connu. Comme ce brevet renferme des détails d'un grand intérêt pour l'industrie qui nous occupe nous le donnerons ici en substance.

Description. — Les débris de peau, communément appelés rognures, mêlés avec des oreilles et des pieds de bœuf, de veau, de mouton, etc., sont les matières premières dont on s'est toujours servi pour fabriquer la colle du commerce.

Depuis longtemps on savait que les os contenaient également la gélatine dont se forme la colle ; de là, ces essais multipliés, dans toutes les parties de l'Europe, pour extraire et mettre à profit une substance précieuse, cachée sous une enveloppe dure, difficile à entamer convenablement pour atteindre le but qu'on se propose.

Papin fut le premier à prouver, à l'aide de sa marmite, qu'on pouvait dissoudre toute la gélatine que les os contiennent, cette découverte, toute précieuse qu'elle était, demeura longtemps sans application et considérée avec indifférence, et ce n'est que de nos jours qu'on est parvenu à en faire connaître toute la richesse.

Les premiers essais faits par M. Briers, pour obtenir la gélatine des os, furent à l'aide de l'acide muriatique ; mais fi reconnut ce procédé trop dispendieux pour l'objet quil'intéressait; il continua donc ses expériences avec de la sciure d'os qu'il se procura chez des fabricants de boutons et d'autres ouvrages en os ; ses résultats furent assez satisfaisants ; mais pour opérer en grand, il fallut aviser au moyen de pouvoir broyer les os. Il eut occasion de voir, dans les environs de Hall, en Angleterre, des moulins établis à grands frais, au moyen desquels les os sont, non pas broyés, mais concassés ou réduits en petits fragments qu'on jette sur les terres comme engrais; il vit également, à Londres, un appareil consistant en deux énormes meules en fer coulé, qui, passant sur les os, les écrasent, mais ne les réduisent pas en poudre. Ces moyens ne répondant pas à son attente, il fit lui-môme des essais pour réduire convenablement ces matières coriaces. Il avait, à cet effet, imaginé et fait construire une roue en fer dont la surface, qui devait porter sur les os, était incrustée de plaques en acier qui formaient autant de limes; avec cet appareil, il pouvait râper les os, mais en soumettant ces ràpures à l'action de l'eau bouillante, il ne put jamais parvenir à dissoudre, dans un espace de temps convenable, toute la gélatine qu'elle contenait; la sciure d'os offrait la même difficulté ; il fut donc définitivement forcé d'abandonner son projet de réduire les os à l'état de farine, par des moyens mécaniques.

La marmite de Papin lui fut d'un plus grand secours, et il la regarde comme un objet primitif du succès de son entreprise et de la perfection à laquelle il a porté la fabrication de la colle forte d'os ; mais si ce vaisseau lui a donné d'abord le moyen économique d'extraire la gélatine des os, il ne lui offHt pas celui de pouvoir évaporer convenablement ce produit pour en faire de la colle-forte; en effet, la gélatine d'os

.obtenue à l'aide de cette marmite est une substance si difficile et si délicate, que pour en faire de- la colle-forte, elle exige qu'on la traite avec le plus grand soin, il faut la préserver de la brûlure, l'extraire à l'aide d'un degré de température constant et fixe,, ne pas dépasser le temps requis pour son extraction, l'évaporer convenablement dans des vaisseaux faits exprès et qui offrent la ~plus grande surface possible, lui restaurer sa ténacité et la qualité gélatineuse qu'elle a perdues en partie par le haut degré de chaleur auquel elle a été exposée pendant tout le temps de l'extraction; tous procédés et qualités de rigueur, sans lesquels il est impossible de produire de la colle d'os en bonne qualité, et auxquels on ne peut espérer d'atteindre avec la marmite simple dePapin.

Il- fallut donc avoir recours à d'autres moyens; il fit d'abord construire, à Londres, une chaudière sphérique, à haute pression, de l m . 50 de diamètre, munie d'une grille en fer servant de faux-fond et d'une soupape de sûreté ; il avait adapté à ce vaisseau, qui contenait deux mille livres d'os, un manomètre indiquant les degrés de pression de la vapeur, et un thermomètre pour faire connaître au juste le degré de chaleur produit par tel ou tel degré de pression, avec cet appareil amélioré il extrayait de la gélatine et faisait de la colle d'os; mais il n'avait .pas un moyen régulier d'obtenir constamment le même produit; un jour il tirait une gélatine passable, et un autre jour une gélatine plus altérée; parfois les os se trouvaient plusrou moins réduits, ■d'autres fois ils contenaient encore beaucoup de gélatine ; il ne tarda pas à s'apercevoir qu'il ne pouvait en être autrement, en continuant d'opérer avec cet appareil, car, malgré tous les soins qu'il put apporter à tenir proportionnellement le thermomètre et le manomètre aux degrés de chaleur et de pression convenables, il n'en résultait pas moins que la liqueur, dans l'intérieur du vaisseau, était sans cesse exposée à différentes températures, comme il s'en assura par le placement d'un- second thermomètre au pied de la chaudière, et communiquant immédiatement avec la portion du liquide occupant le fond et exposée la première à l'action du feu; quand le premier marquait 250 degrés de Fahrenheit, celui du pied vacillait entre 258 et 260 degrés, et variait ainsi, suivant qu'on ouvrait plus on moins la porte du fourneau et que l'on fourgonnait le feu. La réduction des os était sujette à Ta même irrégularité, ceux qui touchaient les parois du vaisseau n'étaient pas réduits comme ceux qui étaient plus dans l'intérieur, et l'étaient même un jour

beaucoup plus ou infiniment moins que l'autre, ce qu'on ne pouvait attribuer qu'à l'action ambiante de l'air atmosphérique, pressant à diverses températures sur les parois extérieures de la chaudière.

Quoiqu'on pût faire de la colle d'os avec cet appareil, on était encore loin de pouvoir se flatter d'être maître de son opération; effectivement, pour obtenir constamment une même qualité de gélatine et une réduction uniforme d'os, il fallait une chaleur qui fut au commandement, et dont la soumission fût aussi prompte qu'infaillible. Ce moyen a été trouvé dans un second vaisseau sphérique, en fer battu, établi sur deux axes ou essieux, tournant à l'aide d'un engrenage comme un moulin à café; de cette manière l'opération se trouve améliorée, en cela que, le premier vase ne servant

S lus qu'à engendrer de la vapeur, on introduisait celle-ei ans le tambour rempli d'os, à l'aide d'un robinet gradué qui permettait de régler, à volonté, le degré de température convenable ; toutes les demi-heures, on tournait trois ou quatre fois ce globe pour déplacer les os, afin d'en opérer plus efficacement la réduction. On verra plus loin la description de cet appareil pour lequel des patentes d'invention ont été délivrées à Londres, dans les Pays-Bas et môme en France.

Maif il n'a pas suffi d'avoir amélioré l'appareil et les procédés, on a voulu atteindre à la perfection; c'est à quoi on est parvenu au moyen des appareils et procédés que l'on va décrire. '

Description de l'appareil.

Fig. 60. Coupe verticale et latérale de l'appareil. Fig. 61. Section horizontale de ta chaudière sur son fourneau.

a, chaudière cylindrique de 6 mètres de longueur sur 2 mètres de diamètre, dont les extrémités ont la forme d'une demi-sphère; elle est en tôle forte, rivée à double rang, pour résister à l'épreuve d'une pression de vapeur de six à sept atmosphères.

b, trou par lequel entre l'homme , il est bouché par un couvercle ovale qui ferme à l'aide de deux barres de fer et de deux boulons, de manière à- ce que, le couvercle étant introduit dans la chaudière, elle se' trouve fermée hermétiquement en serrant les écrous des deux boulons.

c, fourchette en fonte, à deux soupapes de sûreté avec des leviers gradués d'un à cent degrés atmosphériques ; on ne

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» les charge, pendant l'opération, qu'à raison d'une pressioi de trente-cinq degrés atmosphériques.

d, -flotteur, ou niveau d'eau, muni d'une roue graduée d'un à six, qui sert à faire connaître, pendant l'opération, combien il se perd d'eau et combien il en reste dans la chaudière; on aura soin de ne jamais laisser venir l'aiguille de la roue au dessous du n° 1 ; ce nombre indique que l'eau est au niveau du point le plus élevé de la chaudière qui est exposé an feu et qui, par conséquent, doit être le plus bas auquel on peut permettre que l'eau descende ; il ne faut pas non plus que l'aiguille dépasse le n° 6, car il en résulterait que l'eau, étant trop élevée dans la chaudière et trop rapprochée des tuyaux communiquant la vapeur aux différents vaisseaux de l'usine, s'y introduirait pêle-mêle avec la vapeur, ce qui gâterait infailliblement l'opération dans le tambour e (fig. 60), dont on voit un fragment en coupe (fig. 62), et qui ne demande pas d'eau, mais de la vapeur, comme on le verra dans la suite.

f (fig. 60), manomètre indiquant les degrés de pression de la vapeur dans l'intérieur de la chaudière ; cette pièce consiste en un tuyau de fer battu en forme de canon de fusil, ayant 2 centimètres d'ouverture et plié en deux parties, comme on peut le remarquer dans la figure; on remplit ce tuyau de mercure, jusqu'à la hauteur de l m .2i, à compter de sa base ; l'un des bouts de ce tuyau communique avec la chaudière; sur l'autre bout est placée une petite roue en cuivre, et sur celle-ci un fil en soie retorse, à l'extrémité duquel est pendu un cylindre en fer, d'une circonférence un peu moindre que celle de l'ouverture du tuyau, afin qu'il puisse y monter et descendre sans frottement; ce cylindre repose constamment sur le mercure ; à l'autre bout du fil est attachée une aiguille d'un poids un peu moindre que le cylindre, et qui, glissant dans une rainure creusée dans une planche graduée placée à côté du tuyau, indique les degrés de pression de la vapeur, à mesure que celle-ci, pressant sur le mercure, fait monter le cylindre et par conséquent descendre l'aiguille. La partie du tuyau Sur lequel est placée la roue doit avoir au moins 2 m . 50 de hauteur, depuis sa base jusqu'au sommet ; la hauteur de l'autre partie du tuyau se détermine d'après celle de la maçonnerie de la chaudière ; mais elle ne peut être moindre de l m .30.

g, tuyau en fer coulé pour .chauffer la chambre chaude.

hj autre tuyau en fer coulé pour chauffer le grenier aux os.

t, pompe foulante dont la construction est connue ; elle sert à fournir de l'eau à la chaudière; le bout du tuyau qui

se rend dans la chaudière doit plonger dans l'eau jusqu'à 33centim.du fond; c'est par le tuyau de cette pompe qu'il est nécessaire de tenir l'aiguille de la roue du flotteur en dedans de l'espace gradué de 1 à 6, comme on Ta dit plus haut.

fc, baquet ou réservoir en tôle composé de plusieurs pièces ; il représente un fond à surface unie ; sa place est fixe au bout de la chaudière ; on le remplit d'eau chauffée par la chaleur qui se perd dans le tirage du foyer et par la fumée que l'on fait circuler dessous avant qu'elle gagne le tuyau de la cheminée; on fait communiquer ce réservoir, à l'aide d'un tuyau à robinet, avec celui de la pompe foulante, pour ne pas se trouver dans le cas d'être obligé d'alimenter la chaudière avec de l'eau froide.

I, foyer consistant en grille et support de grille, porte du fourneau et châssis de fonte.

Un registre ou tiroir en fonte s'élève et s'abaisse à volonté, pour augmenter où diminuer le tirage du foyer.

Le tambour e est un vase sphérique en forte tôle et à double rivet, ayant 3 mètres de diamètre, et qui est capable de résister à une pression de vapeur de six à sept atmosphères ; ce vase sert à réduire les os à l'état friable à l'aide de là vapeur qu'on y introduit et qui vient de la chaudière a. Ce tambour a, comme la chaudière a, un trou par lequel s'introduit un homme et qui se ferme par un couvercle m pareil à celui delà chaudière.

n, axe en fer battu traversant horizontalement le tambour e. et roulant dans les coussinets o; cet axe est percé d'un bout pour correspondre, à l'aide d'une boîte à étoupe, avec le tuyau à vapeur p. Les deux coussinets o sont fixés sur une plaque de fonte et à la maçonnerie.

l q (fig. 62), engrenage avec manivelle, à l'aide duquel le

I vase e reçoit le mouvement de rotation; la force de cet

engrenage doit être calculée de manière à ce qu'un homme

i puisse le tourner lorsqu'il est rempli d'eau, et qu'il contient

| neuf à dix milliers de matière en sus.

1 r, tamis ou faux-fond en fonte, percé, dans toute son

I étendue, de trous de 12 millimètres de diamètre et placé à

15 centimètres du fond du vase : ce tamis est formé de deux

pièces et attaché par deux écrous, de manière à ce qu'on peut

l'enlever et le rétablir en place aisément; son usage est

d'empêcher les os d'obstruer l'ouverture du tuyau s et des

robinets t 3 «.

Le tuyau s est un tuyau à vapeur en fonte , adapté h

l'endroit percé de Taxe, pour conduire la vapeur sous le tamis r.

v (fig. 62), languettes angulaires en fer attachées aux parois intérieures du tambour e, pour faciliter le déplacement des % os dans le mouvement de rotation.

x (tig. 60), robinet placé près de l'entrée de l'homme, et auquel on donne 2 millimètres d'ouverture pendant le temps que dure l'opération dans le tambour ; il sert aussi pour laisser échapper la vapeur du vase lorsque l'opération est finie ; à cet effet, on y adapte un tuyau mobile en plomb, pour conduire la vapeur à l'extrémité de l'usine ou dans le tuyau de la cheminée.

• Les robinets t, u, placés sous la partie inférieure du tambour, servent à l'écoulement de la vapeur condensée pendant l'opération.

Le tuyau à vapeur p (fig. 60), qui est en fonte, sert an passage de la vapeur du vaisseau a dans le tambour e.

y (tig. 60), robinet gradué en huit parties égales et adapté au tuyau à vapeur p, pour introduire la vapeur, par la caisse %, dans la boîte à étoupe a', et de là dans le tuyau s, puis dans le tambour e, sous le tamis r.

La caisse en fonte % a, sur son couvercle, une soupape de sûreté chargée d'un poids correspondant à la pression d'une atmosphère; cette soupape est placée là par mesure de prudence. Dans l'intérieur de la caisse %, se trouve une soupape »à clapet destinée à empêcher la vapeur de rétrograder du tambour e dans la chaudière a, dans le cas où, par une cause quelconque, la pression deviendrait moindre dans la chaudière que dans le tambour.

6', thermomètre centigrade, fixé contre l'une des parois de la caisse % et communiquant avec l'intérieur; il sert à faire connaître les degrés de chaleur de la vapeur dans le tambour e.

c' (fig. 60), tuyau à vapeur en fonte par lequel passe la vapeur dont on a besoin pour l'opération à faire dans les vaisseaux d', e', f; il est convenable d'enfermer ce tuyau, dans toutes ses parties, depuis le robinet g* jusqu'aux robinets h% i' et &', et de l'envelopper d'une couche de poussier de charbon sec de 7 à 8 centimètres d'épaisseur, afin d'empêcher la vapeur de s'y condenser trop vite.

V, robinet servant à faire échapper la vapeur de la chaudière a, lorsqu'on n'en a plus besoin, dans le cas où, par l'insouciance ou l'étourderie de l'ouvrier, le feu aurait été poussé avec trop d'activité et au point d'avoir dépassé le degré de pression exigé parle manomètre.

Le, robinet tf sert à interrompre la communication de la chaudière a avec les vaisseaux d' s e*, /*, dans le cas où il arrive, pendant l'opération, un dérangement dans les robinets h', t', fc\

m'j soupape de sûreté placée, par mesure de précaution, sur le tuyau c', et servant de sauve-garde à tous les tuyaux et robinets communiquant avec la droite de ce tuyau ; on la charge d'un poids qui correspond à la pression d'une atmosphère.

Le vase ou baquet d* } qui est en bois, et dont le plan s* voit (fig. 63), sert à la cuisson de la farine d'os pour en extraire la gélatine ; voici les parties qui composent ce baquet :

ra', tuyau à vapeur en fonte, couché et serpentant horizontalement à des distances égales sur toute la surface du fond du vase, où il représente la figure d'une grille ; ce tuyau est composé de plusieurs pièces communiquant 1 une avec l'autre par des pièces hémisphériques ajustées à leur extrémité; la vapeur que l'on fait circuler dans ce tuyau, pour produire l'ébullition du liquide dans lequel il se trouve plongé, y est introduite par Tune de ses extrémités montant verticalement et fixée au robinet K ; l'autre bout, dans sa position horizontale, est solidement fixé, par son collet, contre la paroi intérieure du baquet, percé en cet endroit, et est fait à filet, pour qu'on puisse y visser, à l'extérieur du baquet, le robinet o\ Sur ce serpentin est placé un châssis en bois de la dimension de l'intérieur du vase, sur lequel est cloué un canevas, pour empêcher la substance farineuse soumise à l'ébullition de tomber sous le serpentin.

Le robinet h', gradué en huit parties égales, sert à introduire la vapeur dans le serpentin n' ; on l'ouvre, soit entièrement ou à moitié, à un quart, à un huitième, selon le plus ou moins d'ébullition que l'on veut produire.

Le robinet o' laisse constamment échapper, pendant l'ébullition, le plus petit filet de vapeur possible, pour qu'elle ne reste pas dans l'état stagnant dans le serpentin ; il sert aussi pour faire écouler, de temps en temps, du serpentin, la vapeur condensée, lorsqu'elle ne possède plus le calorique nécessaire pour entretenir l'ébullition, et que l'on conduit, à l'aide d'un tuyau de plomb, dans le réservoir placé près de la pompe foulante t, pour en alimenter la chaudière a.

p' (fig. 63), robinet placé au fond du baquet du vase cf (fig. èO), par lequel on soutire la gélatine du marc.

La caisse en bois e', dont on voit le plan (fig. 64), est une poêle qui sert à Févaporation de la gélatine ; son fond <£, en fer coulé, est composé de plusieurs pièces à surface hori-

Fabricant de Cottes. r4*

zontale de dimensions égales, placées les unes à côté des autres sur le fond de la caisse et présentant un plancher à surface unie, chaque pièce est percée, d'un double trou de la forme d'une portion de cercle, représentant un tuyau dans lequel circule la vapeur : toutes ces pièces sont ajustées Tune à l'autre par leur extrémité et communiquent ensemble de la même manière que le tuyau-serpentin du baquet d* ; on a soin, avant de s'en servir, de boucher les jointures forcées par la juste position des pièces.

Le robinet *', est gradué et semblable à celui h',

r> (fig. 64), robinet semblable à celui o' (fig. 60 et 63).

s* (fig. 64), robinet placé sur le fond de fer pour soutirer la colle évaporée.

Le baquet en bois f , dont le plan se voit (fig. 65), sert à recevoir la gélatine évaporée et à la laisser déposer avant de la soutirer dans les moules; son fond est le même que le fond g* du baquet e'.

Le robinet k' est semblable à celui t. •

*', robinet pareil à celui r* (fig. 64).

u % robinet plaaé à 14 millimètres du fond du baquet, et par lequel on soutire la colle dans des moules de bois.

Préparation des os. — Au fur et à mesure qu'on reçoit des os, on les étend sur le pavé pour en ôter ceux de cheval qui n'ont point été enterrés; l'état de ces os présente souvent un aspect dégoûtant, n'ayant pas été bouillis comme la plus grande partie des autres os qui ont passé par nos ménages; ils conservent encore les fibres charnus de l'animal auquel ils ont appartenu, et exhalent une odeur fétide qu'il est nécessaire de leur enlever en les jetant pendant quelques jours dans de l'eau de chaux; on les met ensuite sécher, et lorsqu'ils sont parfaitement secs, on les entasse avec les autres dans le grenier au-dessus de l'usine, pour s'en servir au besoin. •

Réduction des os. — On remplit, aux deux tiers d'eau, la chaudière cylindrique a hermétiquement fermée , on la chauffe jusqu'à ce que le manomètre indique 30 degrés de pression ; dans l'intervalle, on aura rempli d'os parfaitement Secs les sept huitièmes du tambour e dans lequel on ne mettra pas d'eau ; on introduira la vapeur de la chaudière a dans le tambour, au moyen du robinet gradué y, et lorsque le thermomètre ô', placé entre ce robinet et le tambour, marquera 250°, on connaîtra que cette température est celle à laquelle les os sont soumis dans le tambour.

Pour empêcher que la vapeur ne reste pas dans un état «de stagnation dans le tambour, on aura soin d'en laisser

échapper continuellement, pendant l'opération, un filet par le robinet x; par ce moyen la vapeur se trouvant constamment alimentée, l'intensité de la chaleur sera partout la môme dans ce vase. Il faut .avoir soin en ouvrant le robinet y, de ne lui donner pas plus d'ouverture qu'il n'est nécessaire pour tenir constamment le thermomètre à 250° F. ; si on l'ouvrait trop, on dépasserait ce degré et on altérerait la matière animale contenue dans les os et de laquelle on tire la gélatine : en restant au-dessous de ce degré, on ne réduirait pas convenablement les os; ce dernier cas arriverait si on fermait trop le robinet y et si même, en l'ouvrant entièrement, on n'avait pas eu soin de ménager le feu au point que le manomètre marque constamment 30 degrés de pression; la quantité de vapeur engendrée par la chaleur qui correspond à ce degré de pression suffit pour faire face aux besoins de tous les vaisseaux de l'usine. Un quart-d'heure après avoir introduit la vapeur dans le tambour, on ouvrira son robinet t ; la petite portion de vapeur condensée tombant sur le robinet m, on refermera le robinet t, et en ouvrant à son tour le robinet ju, on recueillera la liqueur dans un baquet, xm renouvellera celte besogne tous les quarts-d'heure.

Pour que les os se déplacent dans l'intérieur $Lu tambour, on lui fera faire, toutes les demi-heures, deux tours par le xnoven de l'engrenage q ; il est entendu que l'on fermera entièrement le robinet x, pendant tout le temps que l'on tournera, et cra'on lui redonnera sa petite ouverture après, comme il est dit plus haut.

En suivant à la lettre ce qui vient d'être dit, les os seront convenablement réduits en quatre heures, ainsi en supposant qu'on ait commencé à introduire la vapeur dans le tambour à cinq heures du matin, cette opération sera finie à neuf heures; alors on fermera le robinet y, et on laissera échapper la vapeur du tambour par le robinet x, en y adaptant un tuyau mobile, comme il est plus haut. La vapeur étant sortie du tambour, on ôtera son couvercle, on le tournera sens dessus dessous pour en faire tomber les os, on le remplira de nouveau d'os bien secs, et on continuera d'opérer comme il est dit ci-dessus, ayant eu soin, pendant les intervalles, de tenir le manomètre au degré de pression requis : cette opération et les suivantes sont continuées, et se font jour et nuit.

Extraction de la gélatine. — Les os étant sortis du tambour, on les étendra sur un pavé couvert ou à l'air, s'il fait beau; lorsqu'ils seront refroidis, on les broiera dans un mou- Un à meules verticales en fonte, tournant sur un disque »»ssi

124 Chapitre h.

en fonte ; la farine que Ton obtiendra de ce travail, contenant la substance animale dont se forme la gélatine, sera portée dans le baquet d', dans lequel on aura mis pendant les intervalles et fait bouillir, à l'aide du robinet h', assez d'eau pour que la farine en soit couverte de 65 centimètres ; on laissera bouillir ce mélange pendant trois qûarts-d'heure, ayant soin de remuer constamment pour empêcher la farine de se former en une masse lourde et Compacte qui retarderait l'extraction prompte de la gélatine ; on cessera l'ébullition en fermant le robinet h', on écumera la graisse et on laissera un peu déposer la liqueur, puis on la soutirera au moyen d'un robinet placé à la surface de la farine. Cette liqueur est la gélatine, dont on mettra de sujte trente seaux

- ordinaires dans un tonneau ouvert ou cuve, on y mêlera la vapeur condensée obtenue par les robinets t, u, pendant la réduction des os dans le tambour, et lorsque le mélange sera descendu à la température de 160 à 155° de Fahrenheit, on y mettra tout à la fois, et avec toute la promptitude possible, 20 kilogrammes d'alun pulvérisé, on remuera très-vite pour que l'alun agisse de suite sur toutes les parties de la liqueur; celle-ci étant devenue transparente, on la soutirera dans le baquet e' t on jettera sur le dépQt formé au fond de

-la cuve, quelques seaux d'eau chaude, pour lui enlever la gélatine qu'il contient encore, on remuera et on laissera déposer jusqu'à ce que l'eau soit claire; on peut ajouter cette' eau à celle que l'on chauffe dans le baquet d', avant d'y mettre de la farine d'os.

Evaporation de la gélatine. — Après avoir disposé des trente seaux de gélatine, comme on vient de l'expliquer, on destinera le restant à être évaporé ; pour cette opération, on se servira de la poêle e', dans laquelle on versera la gélatine, mais qu'on ne remplira que jusqu'à 8 centimètres de hauteur; cette liqueur, qui en ce moment sera d'une consistance trop faible pour prendre en gelée capable d'être coupée en feuilles, devra être concentrée jusqu'à ce qu'elle ait acquis le degré de consistance requis; il faut donc avoir soin, en l'évaporant, de n'ouvrir le robinet i' qu'autant qu'il le faut pour tenir constamment, la liqueur dans un état de légère ébullition, pour aider l'évaporation et tenir la liqueur homogène dans toutes ses parties; on la remuera souvent à l'aide d'une planchette unie de 8 centimètres de largeur sur 65 centimètres de longueur, fixée au bout d'une perche, et représentant la forme d'un râteau; plus on approche du degré requis de concentration; plus il faut doubler de soin pour empêcher que la liqueur ne cuise trop,

précaution qui est de toute rigueur pour obtenir un beau produit, et dont il sera encore parlé dans la suite. On reconnaîtra que la gélatine est parvenue au degré de consistance convenable, en en remplissant à moitié une soucoupe à café, qu'on exposera à l'air et hors du soleil ; si au bout de quelques minutes elle est prise en gelée d'une consistance assez ferme et élastique pour repousser le doigt qui la touche, ce sera le moment de fermer le robinet t' et de la soutirer de suite k l'aide d'une gouttière en bois, dans le baquet d', contenant les trente seaux de gélatine clarifiée mentionnée plus haut; on aura soin d'amalgamer les deux liqueurs avec toute la promptitude possible au fur et à mesure qu'il en tombe de la gouttière dans le baquet; si on opérait lentement, la clarification de la gélatine qu'on ajoute n'aurait lieu qu'imparfaitement. Toute la gélatine étant évaporée et mêlée de la sorte on aura achevé la confection de la colle-forte, qui étant dans ce moment toute réunie dans le baquet d', sera chauffée à la température de 70° du thermomètre centigrade par le moyen du robinet fc', qu'on n'oubliera pas de fermer quand on aura atteint ce degré ; on remuera la liqueur pour la dernière fois, et on la laissera reposer pendant trois heures ; au bout de ce temps les sels calcaires, qui se trouvaient dans la gélatine évaporée, et que l'alun aura décomposés, seront précipités, et la liqueur sera transparente, d'un beau jaune foncé; on la coulera par le moyen d'un robinet u*, dans des moules de bois de 2 mètres à 2 mètres 50 de long sur 20 centimètres de large et 16 centimètres de profondeur; on jettera quelques, seaux d'eau chaude sur le dépôt formé au fond du baquet, on remuera et on laissera courir ce marc dans un baquet par un second robinet placé tout au fond du baquet; l'eau étant devenue claire, on la décantera pour l'ajouter à celle que l'on chauffe dans le baquet &' 9 avant d'y mettre la farine d'os. Le lendemain on coupera la colle par des moyens connus, en feuilles de 25 centimètres de longueur sur 12 millimètres d'épaisseur, qu'on mettra sécher sur des filets; lorsqu'elle sera presque sèche, on la portera dans la chambre chaude chauffée à l'aide du tuyau g, pour y achever sa dessiccation.

Pressurage. — La farine d'os, que l'on a laissée dans le baquet d', contient encore beaucoup de gélatine, que l'on ne peut extraire qu'à l'aide d'un pressoir; on s'occupe de cette besogne aussitôt que l'on a soutiré la gélatine de dessus la farine d'os; on recueille celle égouttée au travers du canevas par le robinet p'(fig. 63) ; on enveloppe alors le marc dans des sacs de grosse toile qu'on soumet à l'action d'une forte

126 chapitre n.

presse à vis en fer, pour en extraire toute la partie liquide, que Ton mêle avec la gélatine à évaporer, en ayant soin de laisser déposer les premiers seaux, qui sont toujours troubles, avant de~ les jeter dans la poêle q' ; le marc ainsi pressé, est un excellent engrais pour fumer les terres.

Comparaison entre cette nouvelle méthode et les procédés usuels. — Nous commencerons cette comparaison par la préparation des os; ces substances que Ton faisait hacher en petits fragments, ce qui occasionnait de grands frais de main-d'œu-» vre, s'emploient aujourd'hui dans leur entier, telles qu'on les ramasse et qu'on les porte à l'usine ; la raison en sera démontrée lorsqu'on parlera de leur réduction dans le tambour. Par les premiers procédés, les os, après être brisés, étaient submergés d'eau et dégraissés avant de les mettre dans le tambour, opération préjudiciable, puisqu'elle enlève, par la forte ébullition à laquelle les os sont soumis dans une grande masse d'eau, toute la matière gélatineuse extérieure que la décoction, aans le ménage, n'a pu leur enlever, et dont les os crus, et principalement les os de cheval, sont abondamment pourvus. Par la nouvelle méthode, on ne dégraisse plus, par h raison toute simple que la • graisse se présente d'elle-même a la surface de la gélatine dans le baquet d% comme on l'a vu plus haut.

Réduction des os dans le tambour e. — Par les anciens moyens, les os, après avoir été brisés et dégraissés, étaient portés dans le tambour; on y ajoutait de l'eau, en quantité suffisante pour les couvrir environ d'un quart; puis on soumettait le tout, pendant 1 heure et 1/2 à 2 heures, à une pression de vapeur correspondant à une chaleur de deux cent cinquante degrés de Fahrenheit; après ce temps on soutirait la liqueur, on ajoutait un peu de nouvelle eau aux os, et on les soumettait de nouveau, pendant une heure, à la même pression; on soutirait encore la liqueur, et on continuait ainsi l'extraction d'heure en heure jusqu'à ce que la liqueur n'offrit plus de corps, on vidait le tambour; dans cette opération, l'eau que l'on ajoutait aux os servait pour tes arroser continuellement pendant la rotation du tambour ; par ce moyen, la dissolution de la gélatine s'opérait au fur et à mesure que la vapeur s'insinuait dans les parties mouillées de l'os; mais cette dissolution n'était jamais complète, comme on s'en est souvent assuré, en réduisant en poudre des os, qui avaient été soumis pendant sept ou huit heures à là température susdite du tambour ; cette poudre, traitée par l'eau bouillante donnait encore de 5 à 6 pour 100 de gélatine, et ce qui, par parenthèse, parut alors singulier, c'était que la gélatine ob-

tenue de cette poudre était infiniment plus belle que celle qui provenait de l'os soumis dans l'état entier à la haute température de tambour. En dépassant le degré de pression prescrit, on pouvait bien réduire les os à l'état de pâte et extraire jusqu'à la dernière goutte de gélatine ; mais alors on gâtait celle-ci au point qu'elle n'était bonne à rien ; ce ne fut pas le seul défaut des anciens procédés ; ils en offraient d'autres plus graves que voici : la gélatine, après sa dissolution lente et graduelle, étant obligée de rester exposée à une température élevée et soutenue, avant qu'on ait pu la soutirer du tambour, en acquérait un degré sensible d'altération, qui la rendait toujours de beaucoup inférieure à celle obtenue des rognures de peaux par la simple ébullition, confectionnée en colle-forte et séchée ; sa couleur d'un rouge brun trop foncé, sa facilité à se délayer dans l'eau froide, son degré inférieur de ténacité, étaient autant de défauts qu'il était impossible de corriger à moins de changer les procédés .

Comme toute gélatine s'altère en la laissant exposée à l'action de la chaleur, après que sa solution est opérée, on voulut s'assurer si la matière dont se forme la gélatine résistait mieux à cette action : des expériences faites avec soin et répétées souvent convainquirent que cette matière n'était pas aussi délicate que sa solution : effectivement, elle subissait mes épreuves à des températures élevées sans s'altérer sensiblement, et auxquelles la gélatine en dissolution ne pouvait résister sans être complètement gâtée. De là vint l'idée de ne plus chercher à s'emparer d'abord de la gélatine des os, mais de chercher le moyen, en portant ceux-ci à l'état friable, à l'aide de la chaleur, d'y conserver intacte, sans la dissoudre, la matière animale dont se forme la gélatine. Ce moyen fut trouvé en emplissant le tambour e (fig. 60 et 62) d'os bien secs, sans aucune addition d'eau, et moyennant quelques améliorations apportées à ce tambour, consistant dans les deux robinets t, u, et en une toile cufte dans une dissolution d'alun, dans. laquelle on .enveloppa le tambour, en bourrant l'espace entre les parois extérieures et la toile ayec du poussier de charbon sec, pour empêcher la vapeur de se condenser ; on soumet les os pendant quatre heures à une, pression de vapeur équivalente à une température de 120 degrés centigrades ; après quoi on les mit sous la meule pour les réduire en farine, qui, soumise à l'action de l'eau bouillante, donnait sur-le-champ une belle gélatine qui, à l'état de gelée, était transparente et d'une belle couleur blonde, indice infaillible qu'elle avait su braver, dans son état brut, la température élevée du tambour.

Tel est aujourd'hui ce vase amélioré a l'aide duquel les procédés se trouvent perfectionnés ; il ne sert plus, comme autrefois, à extraire la gélatine, mais à rendre les os à l'état de pouvoir être broyés; il devient donc inutile de les concasser comme cela était nécessaire auparavant pour mieux opérer leur décomposition. Autant on cherchait autrefois à opérer sur des os bien humectés, autant on double de soin aujourd'hui pour les tenir dans le plus grand état de siccité possible. La vapeur n'ayant plus d'autre fonction à remplir que de communiquer aux os le degré de chaleur nécessaire pour les porter à l'état friable sans les décomposer. Il faut empêcher, autant que possible, la formation de l'eau dans le tambour, qui, créant à son tour de la vapeur, y entretiendrait assez d'humidité pour dissoudre plus ou moins la matière animale dans la superficie des os. On aura donc soin de retirer promptement, tous les quarts-d'heure, par les robinets t, u, la vapeur condensée formée dans le tambour, et de ne jamais tourner celui-ci avant d'en avoir extrait cette liqueur.

Extraction de la gélatine dans le baquet d'. — On a va que, par l'ancien procédé, on ne pouvait dissoudre la gélatine dans l'eau qu'à l'aide d'une température élevée de 250 degrés de Fahrenheit, température nuisible qui devait infailliblement altérer la gélatine, non-seulement par la nécessité de l'y laisser exposée après sa solution, mais même à l'instant que celle-ci s'opère. Quel immense avantage le procédé actuel n'offre-t-il pas ? On njonge la farine d'os contenant la gélatine brute dans l'eau bouillante, sa solution totale s'opère dans le moment et donne un produit dont la beauté et la qualité ne laissent rien à désirer.

Clarification de la gélatine, • — 11 existe plusieurs méthodes pour clarifier la gélatine d'os, mais toutes ne conviennent pas également bien à cette substance; le lait, le blanc d'œuf, ou toute autre matière semblable qu'on peut facilement faire coaguler, le charbon animal, la potasse, l'ammoniaque, l'acide oxalique, etc., appliqués en doses et à des températures convenables, lui enlèvent ou font précipiter les substances hérérogènes et calcaires qui troublent sa transparence; mais tous ces réactifs sont loin d'offrir les avantages que présente l'alun. Ce sel, employé à la dose et de la manière décrite plus haut, non-seulement opère la clarification de la gélatine, mais, en faisant corps avec elle, lui donne de la consistance, en augmente la force et la ténacité, la préserve d'altération pendant son dessèchement, la rend moins propre à absorber l'humidité de l'air dans son état de

siccité et possède même la vertu de restaurer une cuisson manquée. On peut dire que l'alun est à la gélatine ce que le ciment est à la brique ; il doit assurément avoir la préférence sur toute autre substance.

Evaporation de la gélatine dans la poêle e\ — D'après l'ancien procédé, la gélatine sortant du tambour était portée dans un baquet à tuyau à serpentin, pareil à celui que Ton voit en »' (fig. 60 et 63) ; l'épaisseur de ce tuyau, y compris sa distance du fond du baquet, était de 9 centimètres et ne permettait pas de le couvrir de moins de 9 à 11 centimètres de liqueur; il fallait donc évaporer une masse de liquide de 19 à 22 centimètres d'épaisseur, et dans son état altéré par l'opération du tambour, l'exposer de nouveau à l'action de la vapeur pour là porter au degré de concentration convenable, et l'y laisser pendant un temps très-long qu'on ne pouvait abréger par la construction de l'appareil qui ne permettait pas d'évaporer moins de liqueur à la fois et qui était, en outre, sujet à d'autres désagréments. La liqueur étant suffisamment concentrée s'attachait aux parois des tuyaux au fur et à mesure qu'on le soutirait du baquet, et y formait une croûte difficile à détacher après l'opération. La disposition horizontale et sinueuse du tuyau empêchait encore de pouvoir arriver dessous pour laver et nettoyer convenablement le baquet ;*il fallait chercher sérieusement à supprimer ces défauts, parce que Févaporation de la gélatine est une opération qui demande le plus grand soin dont dépendent en partie la beauté et la qualité de la colle. L'appareil à fond de poêle e' remplit cet objet; sa surface unie permet qu'on évapore dedans la moindre quantité de gélatine, c'est-à-dire aussi peu de liqueur qu'on veut, avantage infini, puisqu'on n'évaporant à la fois que 8 centimètres de liqueur au lieu de 19 à 22 centimètres, comme on était obligé de te faire auparavant, elle ne restera exposée à l'action de la chaleur, pour la concentrer convenablement, qu'un peu plus du tiers de temps qu'elle était obligée d'y rester dans l'ancien appareil; mais, comme on l'a dit plus haut, ce n'est pas tout d'évaporer, on peut gâter la plus petite quantité de liqueur en donnant trop de chaleur, et quoiqu'on puisse commander celle-ci par le moyen du robinet i\, il faut encore avoir soin que le bouillonnement soit régulier dans toutes les parties du liquide et se montre légèrement et uniformément sur toute sa surface, chose facile à observer quand on ne néglige pas de manier convenablement les robinets t', r* (fig. 60 et 64), comme on l'a recommandé précédemment.

Observations. — Les vaisseaux et tuyaux accessoires, ainsi

que toutes les pièces à vapeur du nouvel appareil, doivent, avant de s'en servir, avoir été essayés à une pression de 100 degrés atmosphériques; il faut que la chaudière à vapeur ait la forme d'un cylindre terminé par des hémisphères pour offrir le plus de résistance. Pour éviter que le dépôt séléniteux formé par l'eau n'adhère au fond de la chaudière, on y jette des pommes de terre découpées en morceaux pour empêcher le dépôt de se pétrifier.

Par suite du prinéipe d'après lequel le premier appareil était établi, les robinets o', r', f devraient être immédiatement précédés chacun d'une soupape de sûreté ; on a supprimé, dans le dernier appareil, la multiplicité inutile de ces pièces par le placement d'une seule soupape m' sur le tuyau (?, qui veille tant à la sûreté de ce tuyau qu'à celle de tous les vaisseaux qu'il alimente, et qui, à son tour, est commandée par le robinet g*, que l'on n'ouvre qu'autant qu'il est nécessaire pour produire une pression équivalente au poids d'une atmosphère dont cette soupape est chargée, en supposant que la pression dans la chaudière a' fût audessus de ce degré.

Si l'on a supprimé le tuyau-serpentin n* dans les baquets e', f, pour des motifs exprimés plus haut, on a cru devoir le conserver dans le baquet d', pour mieux laisser égoutter le marc au travers du canevas placé sur ce tuyau après l'extraction de la gélatine.

L'expérience ayant appris que, pendant là rotation du tambour, les os ne se déplaçaient pas de la manière voulue et n'obéissaient qu'en masse à l'impulsion qui, ne faisant que glisser sur les parois du tambour, revenait se mettre à h peu près dans la même position où elle se trouvait au commencement de la rotation, on a corrigé ce défaut par l'adaptation des lames angulaires v (fig. 62), aux parois intérieures . du tambour et placées à des distances égales l'une de l'autre. Cette amélioration a rempli le but; les os se trouvaient arrêtés par ces lames, ne glissant plus, mais bouleversant pêle-mêle les uns sur les autres et se déplaçant individuellement dans toutes les directions.

Quoiqu'on ait prescrit de tenir constamment la pression de la chaudière a à 30 degrés du manomètre, il ne s'ensuit pas qu'on ne puisse cuire ou produire l'ébullition à un moindre degré ; si on n'avait qu'un vaisseau à cuire, 4 ou 5 degrés suffiraient ; mais, comme différents vaisseaux vont à la fois et qu'il faut une pression élevée pour réduire les os dans le tambour, il est nécessaire d'avoir constamment ample provision de vapeur pour pouvoir fournir à tous. Le

degré indiqué a donc été calculé pour ne jamais manquer de vapeur.

Pour opérer avec précision, il convient que tous les robinets à -vapeur soient gradués ; on peut, par leur moyen, régler les différentes températures dont on a besoin.

Quoique les figures décrites n'offrent qu'une seule poêlée', il est nécessaire d'en avoir trois et même plus pour que la gélatine soit évaporée lestement ; il en est de même du baquet d\ qu'il convient d'avoir double.

On n'est pas tenu de suivre exactement l'ordre dans lequel les ustensiles sont placés sur le plan ; on les placera comme les localités le permettront.

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