EMPLOI DES COLLES ANIMALES
avec du fiel de bœuf, parce qu'autrement le retrait occasionné par la dessiccation de la colle dépolirait le verre. Après le refroidissement, on découpe la gélatine en carrés, en rectangles ou en pain s à cacheter ronds avec des emporte-pièce, et on porte au séchoir.
On se sert de feuilles de gélatine blanche et colorée pour imiter les vitraux peints.
Le papier-glace, à l'usage des graveurs et des metteurs sur bois, se prépare de la même manière.
C'est encore par ce moyen qu'on prépare les feuilles de gélatine blanche et colorée, ainsi que les gélatines filées de toute couleur qui servent à faire des fleurs artificielles et qui entrent en si grande abondance dans la confiserie, la bonbonnerie fine de gélatine dite bonbons anglais et dans les élégantes préparations d'office
On prépare aussi un% colle-forte liquide, dans laquelle on plonge l'extrémité des allumettes chimiques après qu'elfes ont été garnies de la composition pyrophorique pour la préserver de l'humidité de l'air et prévenir l'inflammation spontanée.
On prend aussi des empreintes de médailles sur gélatine ou un stuc de gélatine et de plâtre.
Les belles gélatines servent encore à préparer la colle liquide, rendue imputrescible par une addition d'alcool et de 4 pour 100. d'acide chiorhydrique dont on se sert pour fixer l'essence d'Orient, c'est-à-dire une matière brillante fournie par l'ablette dont on garnit l'intérieur des perles fausses.
Mais ces diverses applications ne sont encore rien en comparaison de l'emploi qu'on fait de la colle-forte dans une foule d'arts divers. Il suffira de citer à cet égard l'ébéniste, qui en fait une consommation considérable pour les assemblages et les placages, le menuisier, le marqueteur, le sellier, le facteur d'orgues, le luthier, le peintre en bâtiments, le doreur sur bois et sur métaux, le relieur, le chapelier, le cartonnier, • l'évantailliste, le carrossier, le tabletier, le cartier, le fabricant de jouets d'enfants, etc.
La colle-forte entre encore dans la fabrication du cartonpierre, dans celle de l'écaillé factice, dans le collage du papier, etc.
La colle de poisson était, il y a quelques années, exclusivement employée aux usages suivants : l'apprêt des étoffes de soie, des rubans et des gazes ; la préparation des gelées alimentaires; la fabrication du carmin; l'imitation des perles fines et la monture des pierreries dans la joaillerie; la préparation du taffetas d'Angleterre, des fleurs artificielles, du
Fabricant de Colles.
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papier-glace et des lanternes Rochon destinées à la marine et à la clarification de la bière.
Mais on est parvenu à, lui substituer, dans la plupart de ces applications, nos belles gélatines incolores. C'est ainsi qu'à Lyon et à Saint-Étienne on emploie exclusivement ces dernières, depuis quelque temps, pour l'apprêt des rubans et des autres étoffes de soie.
Nous ne pousserons pas plus loin cette nomenclature des emplois de la colle-forte , de la gélatine et de la colle de poisson, d'autant mieux que nous reviendrons plus loin sur quelques-uns d'entre eux,
SECTION XIV
Classement des Fabriques de colle-forte.
Divers décrets émanés de l'autorité ont, comme on tait, partagé tous les établissements industriels qui peuvent être dangereux pour la sécurité ou la salubrité publiques en trois classes. La première de ces classes comprend les établissements qui doivent être éloignés des habitations particulières. La seconde, les manufactures et ateliers dont l'élpignement des habitations n'est pas entièrement nécessaire, mais dont il importe néanmoins de né permettre la formation qu'après avoir acquis la certitude que les opérations qu'on y pratique sont exécutées de manière h ne pas incommoder les propriétaires ou habitants du voisinage, et à ne pas leur occasionner de dommages. Dans la troisième classe sont placés les établissements qui peuvent être construits sans inconvénient auprès des habitations, mais qui doivent rester soumis à la surveillance de la police.
Le décret du 15 octobre 1810 a rangé les fabriques de colle-forte dans la première classe à raison de la mauvaise odeur et des émanations insalubres qu'elles répandent. Le même décret n'a pas vu les mêmes inconvénients dans la fabrication des colles de parchemin et d'amidon, qui sont rangées dans la troisième classe ; enfin, le décret da 9 février .1825 range les fabriques de colle de peau de lapin dans la deuxième classe, parce qu'elles exhalent toujours un peu de mauvaise odeur.
Quant aux autres fabriques de diverses colles particulières, elles n'ont pas été classées, parce qu'elles sont généralement établies sur une petite échelle ou n'emploient pas des matières premières insalubres par elles-mêmes.