GLU OU COLLE MARINE DE JEFFERT
du vase de fer par le tuyau de décharge, et qu'on étend ensuite sur des dajles pour refroidir, après quoi on la brise et on la conserve pour l'usage.
2° On prépare une seconde espèce de colle sans caoutchouc, en mêlant ensemble une partie en poids de naphte brut, et deux parties aussi en poids de gomme-laque ou plutôt de laque en écailles, et en opérant comme ci-dessus.
Quand on veut se servir de cette colle, on la fait chauffer dans un vase de fera la température de 121° C. environ, et on l'applique chaude à l'aide d'une brosse sur les surfaces qu'on se propose de réunir, en ayant soin de l'étendre en couche bien uniforme. On rapproche ensuite les pièces de bois et on les serre fortement ; comme la température de la celle s'abaisse aussitôt qu'elle est étendue et qu'elle durcit, il faut la ramollir en la ramenant à 60° G., ce qui se fait en passant dessus des fers chauds ; on doit alors saisir le moment pour rapprocher les surfaces et les serrer à l'aide de frettes chassées par des coins.
Lorsque les surfaces de contact sont-bien dressées, l'auteur applique une couche mince de colle sur chacune ; mais si elles présentent des inégalités^ la couche de colle doit être assez épaisse pour remplir ces inégalités.
On emploie cette colle marine non-seulement pour la réunion des pièces de mâtures et autres, mais aussi pour la réparation des pièces fendues en remplissant les crevasses de colle portée a 121° C. On peut iaire varier la proportion des ingrédients suivant les circonstances. Ainsi, en employant une plus grande quantité de laque, la coite prendra plus de consistance, sera plus dure et résistera mieux aux intempéries de l'air; tandis qu'en augmentant les doses de naphte ou de caoutchouc, la colle acquerra plus de douceur et d'élasticité.
Aux détails que nous avons présentés précédemment, nous ajouterons, sur l'emploi de la glu-marine, les suivants qui sont empruntés à une instruction publiée par M. A.-M.-S.-C. Lakeman, importateur de cette invention en France, et crai y a fondé une usine pour sa fabrication.
Glu solide. — Cette substance, que sa force, sa ténacité, son insolubilité dans l'eau et ses propriétés hydrofuges, rendent précieuse-, pour le collage, l'assemblage, la consolidation et la conservation du bois/ est d'une application facile, mais qu'il importe néanmoins d'indiquer d'une manière claire et précise, pour éviter les écoles et les tâtonnements. La glu se liquéfie à une température de 100° à 110° qu'il Importe de ne pas dépasser, car une chaleur supérieure
pourrait, en désagrégeant les molécules, nuire k ses propriétés.
Lorsqu'on veut procéder à un collage, il faut donc faire liquéfier à feu nu et sur un feu doux, dans un vase de cuivre ou de fonte d'une certaine épaisseur (car un vase trop mince expose souvent la couche inférieure à brûler avant que la supérieure ne soit entièrement fondue), sans aucune addition, une quantité de glu en rapport avec l'importance du collage à opérer, afin de n'être pas obligé de porter à plusieurs reprises la même glu sur le feu, ce qui la dessèche. La glu, aussitôt fondue, doit être retirée du feu et employée immédiatement* à l'aide d'un pinceau.
Lorsque le collage que l'on a à faire doit être de longue durée, il est nécessaire d'avoir un pot à colle à bain-marie, dans lequel on verse la glu fondue ; par ce moyen, on peut s'en servir aussi longtemps que de besoin, sans crainte d'altération.
Il est bien que les parties de bois que l'on veut réunir puissent être légèrement échauffées,- avant l'application de la glu, et soumises ensuite à une certaine pression jusqu'à ce qu'elle soit refroidie.
La quantité de glu employée pour le collage est variable, suivant la manière dont les bois sont dressés ; mais elle est toujours peu considérable, car il suffit pour faire un bon collage d'une couche très-mince sur chacune des parties que Ton veut réunir.
Pour faire un icalfatage de 8 mètres de longueur sur 1 centimètre de largeur et 1 centimètre et demi de profondeur, on n'emploie que 1 kilogramme de glu. Cet exemple suffira pour permettre à chacun de calculer combien on en emploiera pour telle ou telle opération.
Glu liquide. — Cette substance n'est qu'une modification de la glu solide, pour en permettre l'emploi dans les travaux où l'état solide présenterait trop de difficultés, ou deviendrait trop dispendieux.
Son application sur le bois, le fer, le plâtre, la brique, etc., communique à ces corps un aspect vernissé, les rend inaccessibles à l'humidité, préserve par conséquent le bois de la pourriture et des insectes, et prémunit le fer contre l'oxydation. Une simple couche sur la toile, les cordages, sans en atténuer la souplesse, ni altérer le tissu, le rend aussi imperméable; cet enduit se durcit au soleil, sans se gercer, ni éprouver aucune altération.
L'application est d'une grande simplicité. Il suffit de foire chauffer, dans un vase de cuivre ou de fonte, la glu que Ton