GLU OU COLLE-MARINE DE JEFFERT
ter ni la moindre gerçure ni la plus petite altération dans l'adhérence* Alors on poussa la courbure jusqu'à près de 48 centimètres; mais à ce moment le bois' fut obligé de céder; le mât se brisa près de la lunftte. On donna Tordre d'achever la cassure en halant plus fortement. Une fois le mât entièrement brisé, ou constata qu'aucune des parties collées n'avait cédé; toutes les fentes ^'étaient faites dans les fibres du bois, et la glu marinen' avait bougé nulle part ^On prit même des petites parties de ce mât, que Ton fit ouvrir, avec un coin, à l'endroit des soudures; le bois fut séparé, comme cela devait être; mais Tadbérence était si intime, que les fibres du bois se séparèrent partout à côté de la colle, et la partie collée ne se désunit pas.
Ainsi semble résolu le problème proposé par le gouvernement pour l'établissement des mâts de hune, d'assemblage. Bu reste, on s'occupe, dans les ateliers du gouvernement anglais, de mettre en pratique ce résultat si important et si bien constaté de nouveau par l'expérience que nous venons de rapporter. Il démontre, en outre, d'une manière évidente, la possibilité ou même l'extrême facilité de réparer les cassures faites à la mer dans la mâture, les vergues, etc., etc., avec une économie immense en comparaison des moyens employés jusqu'à ce jour et beaucoup plus promptement.
Sixième épreuve. — Deux énormes poutres en bois de chêne, coupées sur une longueur de 1 mètre et une largeur de 65 centimètres, ayant été réunies par la glu en un bloc, qui formait ainsi une masse de l m .30 d'épaisseur, on Ta lancé gur des rochers, et de là roulé avec violence sur un tertre, sans que ce choc brusque, opéré sur une aussi grosse masse, fît éprouver au point de jonction la plus légère altération.
Ensuite le bloc fut miné avec de la poudre, et on le fit éclater : mais, il se sépara en une multitude de petits morceaux disséminés au loin, et on ne put réussir que très-imparfaitement à recomposer ce bloc. Cependant il a été reconnu que les morceaux réunis avait conservé leur adhérence avec la colle marine.
Septième épreuve. —M. Jeffery a aussi démontré, à Cherbourg, l'utilité et l'efficacité de la glu marine pour remplacer le brai dans les coutures sur le pont des bâtiments. Ces coutures (intervalles existant entre les planches dont se compose le pont d'un navire) se remplissent avec de Tétoupe, après quoi on verse le brai pour boucher les vides et empêcher Teau de pénétrer. Ces moyens exigent des réparations réitérées et fort coûteuses. En outre le brai a un in- • convénient immense, c'est qu'il fond et coule à une chaleur
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de 30° ; et mèm£, à une chaleur bien moindre, il devient adhérent, poisseux et fort désagréable pour l'équipage, surtout pendant l'été. Or, M. Jeffery a composé sa glu dans des proportions telles, qu'il faudrait pour la fondre une chaleur deux ou trois foil plus forte que pour le goudron m brai communément employé dans la marine.
Afin d'en fournir la preuve, il a fait pratiquer, dans un morceau de bois de sapin, des rainures imitant les coutures d'un pont de bâtiment. Dans une de ces rainures, on a coulé du brai; dans une seconde rainure, on a introduit de la coUt marine préparée pour résister à une certaine température : et enfin, dans une troisième rainure, on a coulé la cotte marine composée pour résister à une température plus élevée.
Le tout a été approché du feu. Au bout de quelques minutes, la chaleur a fait dissoudre et fondre le brai, qui a coulé le long de la rainure, tandis que la glu marine n'a éprouvé aucune altération dans les deux applications.