GLU 00 COLLE MARINE DE JEFFERT
plateau de la balance jusqu'à 17 de ces gueuses, qui formaient ainsi un poids total de 860 kilogrammes. La dix-huitième gueuse menait d'être placée, lorsque le bloc a cédé. En examinant les morceaux, on a constaté que la glu marine avait une si grande adhérence que le granit avait été entraîné et s'était séparé du bloc, sans que la glu ait été altérée.
Cette épreuve 'atteste, d'une manière évidente, que la glu' marine peut être employée avec le plus grand succès dans les constructions en pierre.
Deuxième épreuve. — Cette seconde, épreuve a été faite sur un bloc de pierre calcaire, espèce de marbre, ayant environ 50 centimètres de long sur .25 de haut. La cassure avait été faite à peu près au milieu. On l'a placée de la même manière que dans l'expérience précédente, et on a chargé le plateau de la balance avec 500 kilogrammes.
Le bloc est resté ainsi, en porte à-faux, pendant vingtdeux heures. Le lendemain, 8 décembre, à une heure, la commission et les ingénieurs adjoints se sont réunis au grand arsenal pour vérifier l'état du bloc de marbre. 11 présentait alors un phénomène assez singulier : une disjonction d'environ 1 centimètre avait eu lieu dans Ja partie inférieure, et allait en s amoindrissant jusqu'à la partie supérieure qui restait encore fortement adhérente dans presque toute la largeur de la pierre. On crut que c'était l'arc-boutant formé par les deux pierres lors de l'écartement qui les maintenait en équilibre ; mais on put bientôt se convaincre qu'il n'en était point ainsi, et- que c'était, au contraire, encore une force d'adhésion qui pour ainsi dire, combattait pied à pied, et ne cédait qu'à la dernière extrémité. On fit décharger, avec précaution, le plateau du poids énorme qu'il supportait, et la pierre, libre, fut mise à terre sans se disjoindre. Ce ne fut même que sous une forte pression, au milieu de la cassure, que l'on parvint à séparer complètement les deux morceaux. Alors on put se livrer facilement à l'examen produit. Plusieurs parties du marbre avaient été arrachées du bloc et étaient adhérentes à la coUe marine, comme dans l'épreuve du granit.
On doit tirer de cette expérience les mêmes conclusions que la précédente, et en déduire que l'application de la glu marine dans les travaux de constructions en pierre, et particulièrement dans ceux où l'eau joue un grand rôle, peut devenir très-utile.
Fabricant de CoUes. 15
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SECTION IV
Colle au caoutchouc et au gutta-percha.
Tout le monde connaît aujourd'hui l'origine et les propriétés du caoutchouc, et sait qu'on s'en sert, après l'avoir mis en dissolution, comme d'une matière adhésive d'une grande force, principalement en Angleterre, pour la reliure. Le caoutchouc se dissout dans l'éther pur et sa dissolution est incolore. Dans l'huile de pétrole, le caoutchouc se gonfle au point d'occuper jusqu'à 30 fois son volume et s'y dissout en grande partie par l'éhullition. Parmi ses dissolvants les plus énergiques, il faut compter le sulfure de carbone, la benzine et le chloroforme, l'essence du caoutchouc lui-même, et l'huile essentielle de goudron de gaz.
On trouve aujourd'hui dans le commerce du caoutchouc dissous qui peut servir à unir des feuilles de papier, du bois, du cuir, à la brochure et ia reliure des livres, des registres, etc.
Si on voulait une colle plus forte, on pourrait ne pas opérer complètement la dissolution du caoutchouc, ou plutôt profiter de la propriété dont il. jouit de se gonfler énormément dans ses dissolvants avant de se dissoudre entièrement, l'enlever de ceux-ci et l'écraser et le pétrir pour en faire une sorte de magma qui, appliqué sur les substances et séché à i'étuve serait très-adhérent et très-élastique en même temps. On peut traiter de la même manière le gutta-percha, qui est susceptible de donner encore une masse d'une plus grande force adhésive.
On peut se servir du caoutchouc liquide tel qu'on leVencontre chez les fabricants, pour coller les dessins sur carton ou dans les livres; cette colle a l'avantage de bien fixer le dessin sans faire goder le papier, de ne pas se détériorer à l'humidité, de se décoller aisément en passant une lame de couteau mince entre le dessin et le carton, et enfin de ne pas tacher le papier. Quand on colle le dessin, la colle s'étend un peu au-delà ; dans ce cas on la laisse sécher pendant deux ou trois heures, puis on l'enlève aisément en frottant avec de la gomme élastique.
M. Perra a présenté à la Société d'encouragement, dans sa séance du 2 novembre 1853, des chaussures faites sans couture ou rapiécées à l'aide d'un collage au gutta-percha ; et il a aussi employé la colle de gutta-percha pour la restauration des courroies.