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COLLE-FORTE À LA GLYCÉRINE

Puisque nous ayons parlé des solutions de caoutchouc et de gutta-percha, il n'est pas superflu de dire, qu'on peut trèsbien ajouter de ces solutions aux colles-fortes ordinaires après qu'elles ont été fondues. Après cette addition, on agite avec soin pour bien incorporer les deux substances- et on se sert du mélange comme de colle-forte ordinaire. Le caoutchouc donne du liant et de la souplesse aux colles-fortes et leur communique en môme temps une plus grande ténacité.

Glu translucide. — Une substance transparente, et propre à remplacer la glu marine de Jeffery dans beaucoup de circonstances, surtout quand il s'agit de soudures ou de collages translucides, comme pour unir des morceaux de verre, a été inventée par M. S. Lenher, de Philadelphie, et présentée à ' l'Institut de Franklin, dans sa séance mensuelle du 8 septembre 1850, où le président, M. G. W. Smith, a fait remarquer que cette matière serait probablement trèspropre à unir les diverses portions qui composent les lentilles polyionales des phares, etc. Voici sa composition.

On prend 8 décigrammes de caoutchouc, 60 grammes de chloroforme et 1$, grammes de mastic. On combine d'abopd les deux premiers ingrédients, puis, après la dissolution du caoutchouc, on ajoute le mastic en laissant le tout macérer pendant huit jours, temps nécessaire pour la dissolution du mastic à froid. On peut augmenter la dose du caoutchouc- si on veut une plus grande élasticité. On applique au pinceau et à froid.

SECTION V

Colle-forte à la Glycérine.

Un industriel^ M. Th. de la Rue, vient de proposer de fabriquer de la colle-forte à la glycérine, dont il se sert pour faire des rouleaux d'imprimerie et des moules flexibles. Voici comment il s'exprime dans la patente qu'il a prise en Angleterre pour cet objet.

« Pour préparer les rouleaux d'imprimerie qu'on a fabriqués jusqu'à présent avec la gélatine et la mélasse, je me sers de ce que j'appelle une colle-forte à la glycérine. Pour préparer cette colle, je prends des rognures de peaux qu^on fait tremper plusieurs jours dans l'eau pour les nettoyer, qu'on hache ensuite menu et introduit dans une chaudière en cuivre avec la quantité de glycérine nécessaire pour les couvrir, en élevant et .maintenant à une température d'environ 80° à 90° C. Quand les rognures sont dissoutes, on verse

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dans un vase et on laisse refroidir la composition qui est alors propre à être coulée dans les moules à la manière ordinaire.

» Au lieu des rognures de peaux, on peut préparer la composition en se servant de glycérine pour dissoudre delà colle-forte, de la gélatine ou de la colle de poisson, en aidant la solution par une chaleur modérée.

» Pour faire des moules flexibles, on se sert de la colle à la glycérine dont on a donné ci-dessus la préparation. Cette colle ayant été fondue, on en enduit les pièces dont on veut prendre des moulages. Quand l'enduit est sec on -enlève la pièce comme cela se pratique ordinairement. »

SECTION VI

Colle blanche à froid, pouvant adhérer à tous les corps durs, métalliques ou autres.

M. Planier a pris, en date du 4 avril 1851, un brevet d'invcuîion pour une colle composée et à froid pouvant adhérer, dit-il,- à tous les corps durs métalliques ou autres, et qu'il compose ainsi qu'il suit :

On fait un mélange de 46k* .50 d'acétate de plomb ei 46s r .50 d'alun, qu'on fait dissoudre dans l'eau ;

On prend 76 grammes de gomme arabique ;

On répand dessus 2 litres d'eau chaude ;

On délaie le tout et on le verse dans un vase de capacité suffisante;

On délaie ensuite dans une casserole 500 grammes de farine de blé avec l'eau de gomme refroidie, jusqu'à l'état de bouillie ;

On place la casserole sur un feu de fourneau ;

On y verse le restant du vase contenant le mélange d'acétate de plomb et d'alun ;

On agite avec une cuillère en bois, pour éviter qu'il se forme des grumeaux ;

On retire la casserole du feu avant aucun bouillonnement, à la première ébullition ;

On laisse le tout refroidir et la colle est faite.

Si la colle refroidie se trouvait trop' épaisse, on la rendrait plus liquide avec de l'eau préparée comme on l'a indiqué déjà, ayant soin de bien agiter le vase dans lequel elle est contenue.

COIXB DE GOMMES. 173 ^^

SECTION VII

Fabrication d'une bonne colle pour Etiquettes.

On prépare une excellente colle, pour les étiquettes sur verre, bois et papier, de la manière suivante : On fait fondre 25 grammes de bonne colle qu'on a fait macérer depuis la veille dans l'eau, avec 50 grammes de sucre candi et 12 grammes de gomme arabique, dans une capsule sur une lampe à esprit-de-vin, en agitant continuellement dans 100 grammes d'eau. On fait bouillir jusqu'à ce que la masse soit, bien fluide. On enduit les étiquettes avec cette colle et on laisse sécher^ Ces étiquettes adhèrent ensuite fortement sur le verre et le bois quand on les applique en les mouillant simplement avec de la .salive.

SECTION vin.

Colles de Gommes.

Les gommes sont, comme on sait, des, produits solides qui exsudent de différentes espèces d'arbres et qui jouissent de la propriété de se. dissoudre ou de se développer dans l'eau, mais qui ont aussi pour caractère principal d'être insolubles dans l'alcool. ,

Sans entrer ici dans des détails étendus sur l'origine et la composition des gommes, nous dirons de suite que la plupart d'entre elles lorsqu'elles ont été dissoutes dans l'eau en quantité suffisante, forment une liqueur qui jouit de la propriété mécanique de la colle et qu'on peut en conséquence s'en servir pour en coller des papiers, réunir des feuilles ensemble, coller des étiquettes et de petits .objets et apprêter un grand nombre de tissus. ,

Les gommes qu'on emploie le plus communément pour cet objet sont : la gomme arabique, qui est aujourd'hui assez rare dans le commerce, la gomme du Sénégal* à laquelle on donne la préférence à raison de son prix modéré. Le mucilage de gomme adragante pourrait être employé au même objet et présente même plus de ténacité, mais il est plus cher et plus difficile à préparer.

On prépare quelquefois la colle de pâte avec une eau gommée pour augmenter ses propriétés adhésives et lui

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donner, quand elle est sèche, un certain éclat qu'on recherche

dans quelques préparations du confiseur et du chef d'office.

On prépare aussi, comme nous l'avons vu au chapitre des colles végétales, des matières adhésives avec les fécules traitées de différentes manières et dont les produits sont connus sous le nom général de gomme de fécule. Pour cela, on traite les fécules par divers agents, tels que l'acide sulfurique, l'infusion de malt ou la chaleur.

Pour faire une gomme avec la fécule, et l'acide sulfurique, il faut ajoutera delà fécule environ un quarantième de son poids d'acide, délayer et chauffer jusqu'à ce que l'empois qui s'était d'abord formé ait disparu. A cette époque on cesse de chauffer la liqueur, on sature l'acide sulfurique par la craie, on filtre et la gomme dissoute peut être employée immédiatement ou desséchée pour être redissoute au besoin.

Pour préparer de la gomme de fécule par une infusion de malt on fait macérer de l'orge germéé dans l'eau à une température qui ne dépasse pas 60° G. La liqueur ain9i obtenue jouit de la propriété de fluidifier l'empois et de l'amener immédiatement à l'état gommeux. Comme la précédente, cette liqueur peut être employée immédiatement ou desséchée pour être conservée.

Quand on veut préparer de la gomme avec la fécule au moyen de la chaleur, on place la fécule ou de l'amidon dans une poêle bien propre et on torréfie sur un feu doux. Il faut avoir soin d'agiter constamment pour que la matière ne brûle pas. ou ne s'attache pas au fond du vase. Cet amidon, quand il a été suffisamment bien préparé, se dissout dans l'eau froide, mais sa dissolution est souvent colorée.

Nous n'entrerons pas dans plus de détails sur la préparation des gommes de fécule qui fait aujourd'hui l'objet d'industries distinctes , à raison de l'emploi étendu qu'on en fait dans l'impression des tissus et dans leur apprêt, et qu'on trouve, par conséquent sous toutes les qualités dans le commerce.

SECTION IX

Colle de Collodîon.

' Le collodion est une matière qu'on peut obtenir à l'état plus ou moins fluide, qui jouit de propriétés adhésives trèsremarquables dont on a cherché à profiter dans la chirurgie, et qui se prépare avec le coton-poudre et autres substances analogues. Nous allons d'abord indiquer la préparation de

COLLE DE GOLLODION. 175

e dernier produit d'après la description qu'en t a donnée [. Schœnbein qui en a fait la découverte.

Préparation du coton-poudre. — Le coton-poudre se préare avec du coton tel qu'il arrive en Europe, mais débarassé de toute matière étrangère, et les acides azotique et nlfurique.

L'acide azotique doit avoir de 1.45 à 1.50 de poids spécifique, et l'acide sulfurique 1. 85.

Les deux acides doivent être mêlés ensemble dans la roportion de 1 d'acide azotique pour 3 d'acide sulfurique . fne grande élévation de chaleur est produite par le mélane; on le laisse refroidir jusqu'à ce qu'il retombe à 12 ou 5° C. Le coton est alors immergé dans les acides jusqu'à b qu'il en soit complètement imprégné ou saturé. On le 3 mue avec une baguette de verre ou autre matière non jsceptible d'être attaquée par les acides. Le coton doit tre introduit dans le mélange acide, aussi ouvert que posible. On décante alors le liquide, et le coton est doucement ressé au moyen d'un instrument de porcelaine pour en faire Drtir les acides, puis on le couvre et on le laisse reposer une eure dans le vase; il est ensuite lavé à l'eau courante, jusu'à ce que la présence de l'acide ne soit plus indiquée parle apier tournesol. Pour enlever les portions non combinées d'aide qui peuvent rester après le lavage, on plonge le coton ans une faible dissolution de carbonate de potasse, compose de 6.22 grammes de carbonate par litre, et on le sèche n partie en le pressant comme il a été dit ci-desus . Le coton st alors fortement -explosif et peut servir dans cet état; iais,si on voulait le rendre plus explosif encore, on le plonerait dans une dissolution de nitrate de potasse, et on le echerait enfin dans une chambre chauffée à l'air chaud ou

la vapeur, à la température de 64 ou 65° C. L'emploi du itrate de potasse pourrait être supprimé .

Il est bon de remarquer que l'acide azotique peut être mployé seul à la fabrication des combinaisons explosives; îai s /autant qu'on peut en juger par l'expérience, le prouit ainsi obtenu n'est pas aussi bon et revient beaucoup plus her.

Le coton-poudre, poudre coton, pyroxyline, pyroocyle, distoxyde, ainsi préparé, jouit de propriétés fulminantes -es -énergiques, mais celui fourni par des mélanges à irties égales d'acide azotique et d'acide sulfurique est plus oient encore ; il vaut mieux , en conséquence, se borner, sur éviter le danger, à la première recette.

On peut préparer aussi du pyroxyle au moyen du linge,

de la pâte à papier, du papier lui-même et autres matières analogues ; celles-ci ne sont, ainsi que le coton, que de la cellulose presque pure et le pyroxyle n'est en résumé que le produit résultant de l'action des acides sur la cellulose.

Un autre produit du même genre est le pyroxam qu'on prépare avec l'amidon et la fécule. Pour cela, on fait sécher la fécule dans une étuve pour la débarrasser entièrement de i'^au hygrométrique qu'elle renferme, et on la traite par le mélange des acides sulfurique et azotique qui la convertit en matière fulminante. On fait écouler l'excès d'acide et ou lato à plusieurs reprises avec de l'eau; on fait séchtr et on conserve pour l'usage.

Dans tous les cas, on ne saurait prendre trop de précautions quand on veut préparer, surtout en grand, du pyroxyte ou du pyroxam, car ces matières sont tellement explosives et leurs effets si violents qu'elles occasionnent souvent de* dommages considérables ou des blessures graves.

Préparation du collodion. — Le collodion se prépare en faisant dissoudre, par ou mélangé en diverses proportions avec l'alcool, du coton-poudre dans l'éther; il est nécessaire pour' le succès complet de cette préparation, que le cotoupoudre et l'éther employés soient parfaitement purs, c'e£à-dire qu'ils ne contiennent pas de traces d'acide sulft* rique et d'acide azotique. Le collodion est plus ou mou) liquide, suivant les proportions d'étber et de coton-poudi* qufon emploie. Quand on le trouve trop épais pour l'usa* qu'on veut en faire, on l'étend avec de l'éther jusqu'à t< qu'il ait la fluidité nécessaire.

MM. E.-M. Plessy et I. Schlumberger ont annoncé en 185*. qu'ils avaient découvert un dissolvant du coton-poudre. Ct dissolvant est l'esprit de bois ou alcool méthylique.

En employant l'esprit de bois seul on peut faire dissoudn

avec facilité 80 grammes de coton-poudre par litre d'esprii

de bois, ce qui donne une dissolution gélatineuse épaisse

Avec 40 grammes par litre on a une dissolution sirupwsl

«que l'on peut étendre à volonté.

Le collodion à l'éther sulfurique est très-volatil, celui l'esprit de bois l'est beaucoup moins et peut en dissolutioi plus épaisse s'étendre avec facilité en l'additionnant d'alcftc à 40 degrés. '

Le collodion, surtout celui à l'éther pur, a reçu depuï quelque temps des applications fort étendues dans la photo graphie sur verre; on l'emploie aussi pour agglutiner U bandelettes qui servent à envelopper les membres blessé

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