COLLES DU COMMERCE
Voici les principales variétés de colles que Ton rencontre dans le commerce :
1° Colle blanche diaphane, dite grenetine. — Cette colle, fabriquée par M. Grenet, de Rouen, avec des peaux de jeune» animaux et des cartilages de veau non desséchés, se trouve dans le commerce en feuilles extrêmement minces , flexibles, brillantes et portant les marques des filets sur lesquels on les a exposées pendant leur dessiccation. Elle sert à la préparation des gelées alimentaires et aux apprêts des tissus blancs. On remploie aussi, à cause de sa qualité supérieure, pour le collage des vins qu'elle clarifie aussi bien que les blancs d'oeufs ou la colla de poisson ;
2° Colle claire ou coUe, de duché. — Elle est peu colorée, très-résistante et à cassure nerveuse. C'est une colle de première cuite plus forte que toutes les autres colles du commerce. Elle convient surtout aux menuisiers, aux emballeurs, aux peintres, aux .ébénistes, et en général pour tous les ouvrages qui doivent présenter une grande solidité ;
3° Colle forte des os, ou gélatine d'os obtenue par l'acide chlorhydrique. — On la met au même rang que les meilleures colles de parchemins et de peaux minces, et elle sert aux mêmes usages, gelées alimentaires, menuiserie, ébénisterie, peinture, apprêts des étoffes, collage du papier, etc. On l'emploie aussi en assez grande quantité, depuis quelque temps , pour la préparation de l'écaillé factice, du cartonpierre et du stuc qui, comme on sait, n'est que du plâtre gâché avec une dissolution de gélatine;
4° CoUe de Flandre, blonde, très-mince et assez transparente. Elle est en feuilles minces, offrant des festons ou dentelures laiérales qui proviennent de son adhérence aux filets. On l'emploie principalement pour les apprêts ordinaires des étoffes et pour les peintures en détrempe ;
5° Colle de Hollande, mêmes caractères et mêmes usages que la précédente, mais présentant de plus une teinte d'un assez beau jaune que l'on recherche dans le commerce :
6° Colle anglaise, plus colorée que les précédentes. On la vend en feuilles assez épaisses, carrées et un peu voilées ;
7° CoUe de Givet, transparente, rougeâtre, fragile, à cassure nette. C'est une des variétés dont il se fait le plus de consommation, à cause de son bas prix. On l'emploie pour
le collage des bois, les peintures communes, etc. Une ébullition prolongée dans l'eau l'altère et lui fait perdre une partie de sa solidité. Elle est presque entièrement soluble . dans l'eau froide ;
8° Colle de Paris ou colle des chapeliers ; c'est la plus mauvaise de toutes. Elle est très-brune, sans transparence, presque toujours molle et humide ; sa dissolution répana une odeur très-désagréable. On ne l'emploie que dans la chapellerie, où elle est même l'objet d'une certaine préférence , parce qu'étant très-hygrométrique, elle conserve au feutre une souplesse convenable;
9° Colle des os ou ostéocolle. — On l'extrait des os par le procédé de la marmite de Papin ;
10° Colle au baquet. — C'est une colle forte prise en gelée dans les baquets et qu'on expédie ainsi aux peintres et aux marchands de couleurs. Cette colle s'altère vite en été : on y ajoute un peu d'alun pour prévenir sa décomposition;
11° Colle-forte liquide. — C'est une colle obtenu» en faisant fondre une des plus belles variétés précédentes au bainmarie avec un égal volume de vinaigre, un quart d'alcool et une petite quantité d'alun. Sous l'influence d'un acide, cette colle conserve sa fluidité à froid. Elle est très-commode pour une multitude de petites opérations qui n'exigent pas l'emploi d'une matière très-tenace, car elle est toujours prête à servir et se conserve très-longtemps. Les fabricants de perles fausses, par exemple, en font une assez grande consommation (1) :
12° Colle à bouche. — C'est une préparation faite avec la gélatine d'os aromatisée de quelques gouttes d'essence de citron, et additionnée d'un peu de sucre pour rendre sa saveur plus agréable. Elle se vend sous forme de petites tablettes rectangulaires avec les autres fournitures de bureau.
La colle de poisson ou ichthyocolle, doit la préférence dont
fi) Pour cette fabrication, on incorpore de l'eiience dWrieat avec une propartie* déterminé» de gélatine, et l'on en tapisse soigneusement le* paroU internée de bouta de Terre très-minces, auxquelles l'on* donné le* forme* que l'on détire. Quand «et endnit est bien sec, et que la fausse perle a acquis l'éclat convenable, en coule, dan* l'intérieur, de la cire blanche fondue pour lui donner la solidité et le poida eoav ▼eaables.
La* perles fausse* ont été inventées par on nommé JaquiB, de Paris, vers la fin do reçue de Henri IV. Le bant degré de perfection auquel on a porté cette indostrio depals quelques années a singulièrement accru son importance. Aujourd'hui, les sanlee fabrique* de département de la Seine expédient annuellement pour plus de 800 saille 'tmsos de parles fausses aux colonies.