‹ Nouveau manuel complet de perspective, du dessinatuer et du peintre contenant les elements de geometrieChapitre 100 sur 126 · XXVII. ENSEMBLE} ET DETAILS , EBAUCHE , ESQUISSE CROQUIS, DESSIN · texte numérisé non relu

XXVII. ENSEMBLE} ET DETAILS , EBAUCHE , ESQUISSE CROQUIS, DESSIN

Ensemble et détails. — Tous les traits d’un dessin doivent concourir à l’effet général; les détails sont des accessoires utiles sans doute, mais qu’il faut, au besoin , savoir sacrifier pour donner plus d’harmonie à l'ensemble.

A mesure que les objets s’éloignent de la ligne de terre , leurs formes deviennent plus incertaines , et les traits qui en déterminent les contours doivent être conséquemment moins prononcés. Mais tous ces objets doivent être liés entre eux daus le dessin, comme ils le sont dans la nature, et ne former qu’un tout, sans cesse' embrassé par l’œil du dessinateur, lors même qu’il en dé* taille les différentes parties.

Nous insistons d’autant plus sur cette nécessité de s’occuper continuellement de l’effet général, de n’avoir qu’une seule et même pensée pour un même tableau , que trop souvent ce défaut d’unité dépare des ouvrages fort remarquables d’ailleurs et justement admirés. Il suffit' d’examiner la nature pour se convaincre que chaque partie concourt à l’effet' de l’ensemble, et que, dans un tableau, le moindre détail, dès qu’il est inutile, devient nuisible par cela même , et doit être proscrit sévèrement.

ébauché, etc.

Ébauche , esquisse , croquis , dessin . — C’est par la disposition des masses principales que l’on doit commencer l’exécution d’un dessin , après avoir invariablement fixé l’horizon et la distance : ces masses qui servent a à établir les lignes du plus grand développement, déterminent en même tems la perspective générale et la physionomie caractéristique de la copie , si je puis m'exprimer ainsi.

On choisit, autant que possible, sur la ligne de terre, une masse immobile, invariable et d’une grandeur bien déterminée, à laquelle on rapporte tous les autres objets , tels que les offre la perspective de la nature ; on dessine cette masse sur la base du tableau; elle y sert également d’échelle de proportion à laquelle on assujettit ensuite, sans effort , tous les traits de la perspective que l’on a sous les yeux, et dont on obtient ainsi une copie aussi fidèle que rapidement exécutée.

Ce sont les lointains qui doivent être reproduits d’abord , et ensuite tous les autres objets viennent se ranger successivement dans l’ordre naturel où ils sont répartis sur le terrain. Un simple trait, fin, délié et très * peu apparent , uniquement destiné à exprimer cette disposition générale et les contours principaux , compose l'ébauche, à laquelle on ajoute, pour terminer l'esquisse , les séparations d’ombre et 'de lumière, les détails principaux des masses les plus rapprochées de la ligne de terre, et la forme des nuages»

Cette esquisse bien arrêtée , dont le trait ne renferme

que les détails vraiment indispensables à la disposition .

DESSIS.

des masses principales les plus remarquables , assure la * conformité de la copie avec le modèle, en dirigeant constamment la main du dessinateur, et devient un croquis 4 * ou un dessin , suivant qu’elle est crayonnée avec plus ou moins de rapidité, de vigueur, et plus ôu moins achevée dans toutes ses parties.

Au reste, il faut, dans un croquis comme dans un dessin plus fini , exprimer l’éloignement des objets par . l’uniformité de traits indécis , touchés mollement dans le même sens et à peine frottés sur le papier, tandis que les premiers plans doivent être accusés par des traits , * francs et hardis, largement étalés dans tous les sens , avec la plus grande fermeté , mais sans sécheresse et sans brusquerie, en conservant aux plans intermédiaires la nuance qui les caractérise, saus essayer de faire valoir des fonds trop gris et trop uniformes par des devans trop noirs et trop heurtés.

Le croquis, plus fougueux, plus concis et moins travaillé que le dessin , n’en a pas le moelleux, les détails et le fini; cependant l’un et l’autre doivent être en harmonie , chacun dans leur ensemble , et présenter le même effet général , mais obtenu par des moyens un peu différens.

Un bon croquis exige plus de talent , de verve et d’habitude qu’un bon dessin { l’un ne peut être que l’œuvre du maître , et le second est souvent celui d’un élève habile , patient et laborieux.

Ce mérite particulier aux croquis des grands maîtres, de décéler avec abandon l’esprit dans lequel ils ont été

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