HORIZON , DISTANCE
due, que le spectateur comprend facilement que le peintre a dû s’élever sur le sommet de quelque édifice.
La ligne d’horizon une fois tracée , reste invariable ;
et comme c’est le peintre qui l’a déterminée par sa position à lui , il doit conserver le même point de vue et maintenir son œil constamment à la même hauteur, sans détourner son regard à droite ou à gauche , tant qu’il dessine le même site. Quand le dessin est achevé, il doit s’assurer de nouveau que l’ensemble est soumis au même horizon, et raccorder les objets qui, par distraction ou inhabileté de crayon, auraient échappé, dans l’esquisse, à l’unité d’horizon.
L’unité d’horizon est une loi de perspective qu’on ne peut violer sans tomber dans des fautes grossières , même en dessinant d’après nature , car l’unité d’effet du tableau dépend essentiellement de celte loi; et nous ferons observer ici; que la bizarrerie choquante de certains tableau* portraits, d’ailleurs bien peints et fort ressemblans, tient surtout à ce que l’horizon des fonds diffère entièrement de l’horizon de la figure; nous insistons d’autant plus sur cette remarque, que malheureusement elle s’applique à quelques œuvres célèbres de nos peintres d’histoire.
Une distance trop grande a moins d’inconvéniens qu’une distance trop petite; on risque seulement dans le premier cas d’embrasser à la fois une étendue trop
grande pour un seul tableau , tandis que si la distance
est trop petite , il y a déformation désagréable , surtout pour les objets des premiers plans dont les angles droits
2o8 • DESSIN.
perspectifs deviennent trop aigus , les côtés fuyans trop» profonds ou trop précipités, et les niveaux perspectifs trop brusquement inclinés.