CLAIR-OBSCUR , COLORIS
les points fortement éclairés jusqu’à l’espace occupé par l'ombre pure ou proprement dite. On a donné le nom de pénombre à cette lumière graduellement décroissante qui dépend de l’étendue du corps lumineux et de sa position par l'apport au corps éclairé. * *
Lorsqu’une ombré, sans pénombre, est portée sur un plan, et que ni ce plan, ni les .surfaces environnantes ne peuvent réfléchir: la lumière , le contour de cette ombre est vigoureux et noir, comme toute l’ombre ; mais s’il y a réflexion de la lumière , le contour de l’ombre* est plus indécis, la vigueur de l’ombre n’est plus uniforme.
Le pénombre est d’autant plus considérable que-le corps lumineux est plus éloigné, et que la lumière frappe plus obliquement le corps qui porte ombre.
Le coloris assigne à chaque objet le ton de couleur qui lui est propre, avèc toutes les nuances que détèr-minent directement l’interposition de l’air atmosphérique et les accidens de là lumière.
Réunir l’entente du clair-obscur à la vérité du coloris, faire qu’on distingue à travers l’ombre la couleur qu’aurait un corps s’il était éclairé, voilà ce qui fait de la perspective aérienne une science magique que le génie seul de la peinture peut révéler entièremént à ses adeptes : il est toutefois des observations posiâves, simples, et en petit nombre , qui peuvent, en guidant les élèves dans l’étude élémentaire de la perspective aérièune , empêcher au moins de s’égarer tout à -fait ceux que la nature n’a pas destinés à cette sublime révélation.
PEINTURE
a»4 PEINTURE. *
C’est donc à' ces observations intéressantes que nous bornerons forcément ce que nous ayons à dire sur la perspective aérienne.
Les couleurs qu’emploie la peinture , malgré leur transparence-, leur brillant et leur finesse, ne peuvent jamais atteindre à 1 éclat du ciel > aussi les coloristes, en empâtant fortement leur ciel pour lui conserver la plus grande pureté et là plus grande richesse , se gardent-ils
bien ensuite de donner aux autres tons de la nature la
plus grande valeur que pourrait fournir la palette^afin de lutter avec moins de désavantage contre une difficulté réellement insurmontable , l’éclat de la lumière ; c’est sur le ciel peint qu’ils règlent avec art toutes les autres teintes du tabloau, et c’est ainsi qu’ils réussissent d’autant mieux à saisir l'harmonie de l’ensemble, à copier la nature , à la rendre avec toute l’énergie et la fidélité possibles ; qu’ils ne prétendent pas à i’cclat étincelant de la lumière solaire, et à la vigueur dè ses tons éblouissons et inimitables.
Si l’on s’efforce de rendre, en y employant toutes les ressources de la palette , les tons véritables de quelques détails des premiers plans, il n’y a pas de dpute que l’on ne puisse y arriver ; mais on détruit infailliblement par ce contre-sens ridicule , et l’effet et l’harmonie de l’ensemble : le ciel pâlit et se décolore, les lointains deviennent noirs et ternes, les plans intermédiaires n’ont plus de ressort , et rien ne les lie aux premiers plans qui, durs et tranchés, jurent aigrement avec le reste du tableau.