AIR
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Quand, après avoir long-tems étudié la nature, •l'homme de génie, pénétré de la grandeur de ce sublime spectacle , en sent le plus vivement les beautés, et qu’il comprend bien toute la difficulté de les faire passer sur la toile, il hésite, il essaie sans succès, il recommence ; la vue des tableaux des grands maîtres peut seule lé préserver du découragement; il devine enfip à cet aspect, toutes, les ressources de l’art , et ejest alors que brûlant d'une noble ambition, il s’écrie fièrement dans son enthousiasme : et moi aussi je suis peintre ! anch’ iq sono pitlore.
• C^n’est pas en s’occupant à faire des couleurs sur la palette, à les appliquer et à lés fondre sur la toile, qu'on apprend à devenir coloriste ; c’est en méditant sur les phénomènes delà nature, en se rendant .compte de la valeur relative des tons les uns par rapport aux- autres, en essayant hardiment d’obtenir les teintes les plus lumineuses possibles , en luttant sans cesse contre les difficultés, et en leur opposant, sans se décourager, toutes
les ressources que fournit la nature par l'opposition des
lumières et des ombres qui, quoique fortement contrastées, n’en offrent pas moins, au moyen du clair-obscur, l’accord le plus heureux de tons, et la plus grande harmonie.