‹ Nouveau manuel complet de perspective, du dessinatuer et du peintre contenant les elements de geometrieChapitre 114 sur 126 · VOTE SUR LES COULEURS · texte numérisé non relu

VOTE SUR LES COULEURS

tières colorantes , et que l’on employait .presque exclusivement autrefois. Le.bitunae conserve une assez grande fixité à l’action de la lumière ; mais il varie . *.de nuance j de solidité et de transparence , suivant les bitumes naturels dont on se sert, et le mode qu’on emploie pour l’en extraire ; les bitumes qu’on rencontre le plus souvent dans le -commerce sont ceux de Judée , de Grenoble et de Strasbourg. Dans leur état de pureté , ils brûlent , en laissant très peu

ou même point de cendre.

Blanc plomb. — C’est un sous-carbonate de plomb que

l’on forme artificiellement. Le meilleur est celui qui

se fabrique à.Clichy près Paris , par le procédé de

MM. Roard et Brechoz. Il se broie beaucoup mieux

et plus promptement que celui de Hollande; il est

d’un plus beau blanc , et il conservé mieux cette

blancheur en séchant : c’est une conquête précieuse

faite par l’industrie française sur les Hollandais. Si

le blanc de plomb est mêlé avec du carbonate de

chaux , on reconnaîtra la fraude en essayant de revi-

vifier le métal au moyen du chalumeau. On placera ,

à cet effet , le blanc de plomb dans le creux d’un

charbon qu’on allumera, et dont on animera le feu

avec le chalumeau ; s’il est pur, il jaunira d’abord ;

et le plomb , en se revivifiant , formera des globules

métalliques et brillans ; s’il est mêlé de craie , cette

craie restera blanche et inaltérable au feu.

Blanc-argent. — C’est un blanc de plomb épuré que

l’on prépare avec le plus grand goin ; il ne s’altère

HOTE SD R IiES couleurs. »a4Î

que faiblement et lentement par son exposition à la lumière ; cependant *ÿ finit par noircir à la longue , quand on n'a pas soin de le soutenir par un peu d’oère ou de cobalt.

Blanc-léger. — C’est, encore un blanc de plomb que l’on rend plus léger et plus pur par une préparation particulière. On ne l'emploie que -pour la gouache et la miniature.

Bleu-cobalt . — Cette couleur très fine , et qui n’acquîert toute son ; intensité que par son exposition à l’air, se forme artificiellement par une combinaison de sousphosphate de cobalt et d’alumine; elle remplace avantageusement l’outremer naturel qui est d’un prix • infiniment plus élevé, et elle n’a d’autre inconvénient que d’offrir le soir à la lumière une nuance tirant sur le violet. On obtient le sous-pliosphate de cobalt par la décomposition du nitrate de cobalt, an moyen du phosphate de soude. La couleur du cobalt est inalterable par l’acide nitrique. . ,

Bleu outre mer „ — C’est la plus durable et la plus belle dé toutes les couleurs ; on 1? trouve naturellement formée, dans le lapis lazuli > substance minérale appelée aujourd’hui lazuhte, bien reconnaissable par sa belle' couleur bleue d’azur qu’elle conserve à un

. Yen très violent , c’est sûr cette propriété d’être inaltérable au feu qu’est fondé le procédé au moyen duquel on parvient à pulvériser le lazulite et à prépa- . rer l 'outremer.

*44 * HOTE SUR UES COUtEURS.

Si le bleu d’outremer est méjé avec du cobalt, il

sera facile de s'en assurer, enen mettant un pincée

en digestion pendant quelques instans avec de l'acide

nitrique ; l’outremer est entièrement décoloré par

l’acide, et le bleu de cobalt conserve sa couleur.

Si le bleu d’outremer ou de cobalt est mêlé avec

du bleu de Prusse , on reconnaîtra la fraude en es- • *

sayanl de décolorer le bleu de Prusse par l’eàu de cbaux qui n’a aucune action sur l’outremer et le cobalt. A cet effet on mettra en digestion, pendant une heure environ , une pincée d’oulremtr ou de bleu de cobalt dans un peu d’eau de chaux clarifiée , et si

d’une part l’eau de chaux prend une couleur citron ,

que de l’autre il se produise un précipité de couleur • •

d’ocrer, c’est un signe certain de la présence du bien de Prusse.

Outremetffabriqùé avec lès élémçns de la lazulite. — La

lazulite ayant été analysée par divers chimistes ,

on avait souvent .tenté , sans succès, de recomposer de toutes pièces le bel outremer, que l’on savait cependant être composq de ,

Silice. . % 34 parties. •

Alumine .* . 33

Soude. . 22 , •

Soufre. 3 '

* Lorsque la Société d'.cncoumgcment pour l’industrie nationale proposa , en 1824 , un prix de S, 000 francs

MOTR SUR li ES GOBLEURS. ^5,

pour la fabrication d’un outremer réunissant Lotîtes |Jes . qualités de celui qu'on retire du lapis lazuli ce. , prit a été décerné , le mercredi ,3 décembre 1828 , à Mf. (Jjai* met , ancien élève de l’école polytechnique. . !{ &kl .

Nous croyons faire plaisir au lecteur en citant ici textuellement l’extrait 4 » rapport fait pafM. Merïmee,

, . , , 1.. - * * >tl éCO r

an nom du Comité des arts chimiques : *

. ■ il 4(103 " t

* Messieurs, en 1824 » vous proposâtes un prix de

•jy / 1 ^

• 6,000 francs pour la fabrication d’un outremer réu- « nissant toutes les qualités de celui qu’on relire du « lapis lazuli ; ce problème , auquel vous attachiez une « haute importance , est complètement résolu, et quatre

• années ont suffi pour procurer aux arts cet heureux

« résultat. rK *

« Si votre confiance eût été moins fondée , . dîë éût « pu être ébranlée par les essais qui vous furent âdrés- « ses tes années précédentes. Aucun des concurrens ne « paraissait avoir compris votre programme. Gette^m- « née , M. Guimet, anoien élève de l’école polyteoh* l • nique , est le seul concurrent qui se soit présep té*

« Dès l’année dernière , il avait obtenu des rp^VtUajtf « auxquels vous auriez sans doute applaudi ; mais'il jq- « gea qpe sa tâche n’était pas remplie tant qq’jljP/Jj^; « rail espérei; de bouveaux perfectionnemens. ,,,

«A cette époque, plusieurs artistes firent l’çgsaiide «•son outremer , et assurèrent qu’ils le trouvaiuBfcyégtd « à celui qu'ils tiraient d’Italie, on peut ciK; Vovrütui « essai très en grand dans le plafond représentât! 1 « potheose d’Homère , peint par M. Ingres,

a 46 HOTft SGR LES COULE GRS.

« de» salles du Musée Charles X. La> drapérie d’une « des principales figures est peinte avec V outremer de « M. Guimet, et daBS aucun tableau on ne voit un « bleu plus éclatant.

• De son côté , votre Comité des arts Chimiques n’a « pas négligé les expériences par lesquelles il pouvait « constater l’identitç de qualité de la nouvelle couleur ; r avec celle extraite dii lazulite. Il a vérifié qu’elle

• offrait tous les caractères auxquels ou reconnaît la

. « pureté de l 'outremer. • .

« Cette découvert ^ , messieurs , fera époque dans « l’histoire de la peinture ; elle est une de celles dont

■ les arts chimiques peuvent se glorifier à plus juste

• titre. Telle est l’opinion unanime de votre Comité ;

■ il estime que le prix est bien mérité. # •

■ En conséquence , j’ai l’honneur de vous proposer

• de décerner ce prix à M. Guimet , dans la séance de

• ce jour. * '

M. le comte Chaptal , pair de France , président de la Société , en remettant le prix à tyl. Guimet , ajoute que M. Horace Vernet , dans un tableau de très grande dimension , la Bataille de Fontenoi , a fait exclusivement usage de V outremer de M. Guimet \ auquel il reconnaît une qualité supérieure à celui préparé avec le lazulite. M. le comte Chaptal observe , en outre , que le nouvel outremer ne se vend que a 5 francs l’once , quoique bien supérieur par sa richesse en principes colo sans , tandis qüe le prix de l 'outremer ordinaire , ,de

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