VIE DE CLAUSE LE L0RRAIÎT
était parvenu à reproduire sur la toile les objets qui l’avaient frappé. Aussi peut- on dire que ses tableaux rivalisent avec la nature : plus on les regarde, plus on trouve l’imitation parfaite;
C’est surtout dans les effets du matin et du soir que brillent la richesse et la puissance de la palette de Claude le Lorrain , il ne' craint point d’aborder les plus grandes difficultés du coloris. La lumière jaillit de ses pinceaux, sans effort , sans contraste , et toujours avec l’harmonie sublime de la nature.
S’il peint, un soleil ‘levant, le jour s’ouvre à peine pour éclairer une belle matinée d’automne , et la nuit escortée de ses ombres semble fuir devant le soleil ,
dont le disque majestueux s’échappant des nuées de
TOrient décèle l’éternel Souverain de' la nature. Des nuages de pourpre , ctincelans de lumière , se détachent sur l’azur du ciel , dont la' voûte paraît s’entr’ouvrir et. montrer la Divinité versant ses bienfaits sur tous les mortels ; des milliers de plantes et de fleurs soulèvebt-peu à peu leurs têtes humides ; les arbres sont agités d’un doux frémissement , et la lumière , en se jouant à travers le feuillage , le brillante des gouttes transparentes de la rosée. On croit enteudre se confondre dans une harmonie solennelle le bruit des equx et du feuillage , le chant des oiseaux , le mugissement des troupeaux et les. cris de ceux qui lés conduisent aux travaux champêtres; et cependant on respire les exhalaisons r embaumées qué du fond des vallées et de la cime des monts , la terre.