‹ Nouveau manuel complet de perspective, du dessinatuer et du peintre contenant les elements de geometrieChapitre 36 sur 126 · GRANDEUR DES PERSONNAGES · texte numérisé non relu

GRANDEUR DES PERSONNAGES

a et b sont deux personnages sur une même ligne a b, parallèle à l’horizon ou à la hase du tableau , dont l’un , a , est assis , et l'autre b, est debout, sur la mêipe surface horizontale à perte de vue.

Le pe'tntre,est debout. — L’horizon visuel se trouve au niveau de ses yeux ; il est aussi dès lors au niveau des yeux de toui les personnages qui sont debout dansle tableau, sur la même surface horizontale à perte de mue,

• * et passe au-dessus de la tète de ceux .qui y sont assis ,*

à une distance égale à la hauteur qu’ils occupent assis.

* • ■ Ainsi, (ûg. 40) AP est , sur la base du tableau., la

hauteur du personnage deboftt ; a et b, tous deux sur

une horizontale a b, sont deux personnages , dont l’uu ,

a, est debout, et l’autre, b, est assis sur la même surface

horizontale à perte de vue; '

Le peintre est élevé et debout sur une estrade de sa taille. — L’horizon se trouve toujours au niveau de ses yeux ; mais il passe alors au-dessus de la tête de tous les personnages placés sur la même surface horizontale à perte de vue, d’une quantité égale à la taille de chacun d’eux.

Ainsi, (fig. 41) AP est, sur la*base du tableau , la hauteur d’un personnage debout sur une estrade A E de même hauteur que lui ; a et a’ sont deux personnages • placés sur deux estrades a e, a’c, de leur taille ; mais a $’y trouve debout, tandis que a’ s’y trouve assis ; b etc sont deux personnages, l’uu debout et l’autre assis sur le sol où reposent les estrades et sur une même horizontale parallèle à la base du tableau.

On comprend , à la seple inspection de la gravure ,

Jü6 GRA>Dt.LR DES rtRSOXWAGtS.

que si l’estrade avait plus ou moins de hauteur que ta

taille d’uu homme, le rapport de cette hauteur de l’es-

trade à la taille d’un homme suffiront également pour

déterminer la grandeur de tous les personnages. *

Les objets de même grandeur sont représentés avec des

grandeurs égales , lors//u r its soûl dans te même plan ver-

tical parallèle au tableau. ■ — Il est cependant vrai que

les images de Ces objets peuvent différer de grandeur en Venant se peindre dans l’œil, si l’œil les considère sous différens angles visuels ; mais dans les limites du champ

que l’œil peut embrasser, et que le tableau doit représenter avec un angle visuel, ces différences de grandeurs toujours très peu marquées avec des angles visuels peu dissemblables, ne peuvent même pas exister. .

Par exemple, un personnage placé sur la plate-forme ou à différens étages d’un bâtiment, y conserve la* môme grandeur que s’il était au bas de l’édifice, dans un même plan vertical parallèle au tableau', et passant par l’axe de sou corps dans ces diverses positions. On détermine donc, pour placer des personnages en un point quelconque du bâtimeut, le plan horizontal sur lequel reposent leurs pieds, le plan horizontal qui passe immédiatement .au-dessus de leurs tètes, et leur hauteur est dès lors

comprise entre ces deux plans.

Ainsi, (fîg, 4») A P est la hauteur d’un personnage, sur la base du tableau ; ac est la hauteur d’un personnage sur la plate-forme ou bien au bas de l’édifice M ; b t est la hauteur d’un personnage eu un point quelconque b du bâtimënt ; est le plan horizontal sur lequel

GRANDEUR DES r&R SONNAGES. • IO7

reposent les pieds de b, et t T le plan horizontal qui

passe immédiatement au-dessus de sa tète.

Si des gens placés sur un édifice très élevé nous paraissent parfois plus petits qui ceux qui sont en bas , c’est que tout prés de cet édifice, nous sommes forcés de lever les yeux pour apercevoir ceux qui sont en haut, «t que nous changeons ainsi machinalement, sans y songer et sans bouger de place, l’angle optique sous lequel nous- considérons ceux qui sont en bas, en un angle bien plus aigu, qui nous les fait dès lors paraître d’autant

plus petits que nous sommes forcés de lever davantage les yeu?.. Mais si nous nous reculions assez pourvoir les uns et les autres, en embrassant tout l’édifice d’un seul coup-d’œil, comme dans un tableau, alors ces différences de stalure.disparaitraient, et ainsi que nous l’avons %

dit tout-à-l’héure , le personnage placé sur le faîte d’un bâtiment y est sensiblement de même grandeur que celui placé en bas dans un même plan .vertical. * .

Pour bien faire comprendre au dessinateur la nécessité d’embrasser sous un seul et même angle optique, la totalité des objets qu’il veut représenter dans un tableau, nous mettrons sous ses yeux, à l’appui, des réflexions générales qui précèdent , un exemple particulier. À P (fig. 4 : î)*est la hauteur d’un spectateur assez éloigne pour comprendre dans le même angle optique le bas et le sommet de l’édifice M N; le personnage E T, ouef, placé au pied de l’édifice ou sur la plate-forme est pour lui de même hauteur ; mais s’il s’avance en p, n’embrassant plus le bas. et le sommet de l’édifice M 'N*

xe$ ; GRANDEUR. DES PERSONNAGES.

le colosse, e T’, qu’il ne peut apercevoir sans lever les yeux, lui semble de même hauteur que ET, sur lequel il reporte la vue en baissant les yeux, ou qu’il voit sous un autre angle optique; ainsi e/, qui n'est autre que ET, lui parait beaucoup plus petit , e d par exemple, lorsqu’il lève les yeux pour le regarder de nouveau. Ces apparences, différentes d’une même grandeur, tiennent à la différence des angles visuels sous lesquels l’œil la considèfe, et ici l’on peut remarquer combien en effet l’angle visuel epd e . st un angle aigu et plus petit que E’/? k ou son égal B P k\ •

Les .statues colossales que l’on place sur les édifices très élevés sont, indépendamment de l’intention de mettre leur masse en rapport avec celle du bâtiment , une concession faite à cette irréflexion du public , à son habitude de regarder les édifices de très près, de lever

dès lors les yeux forcément pour apercevoir les statues .

qui les dominent ; habitude qu’on le contraint d’ailleurs à prendre , en encombrant les alentours de ces édifices de manière à l’empêcher de se placer convenablement pour en considérer l’ensemble dans son vrai point de vue.

C’est ainsi qu’un édifice qui semble massif, parce que,

vu dé trop près, il perd de sa hardiesse imposante , reprend sa grandeur quand on a déblayé les alentours dont l’encombrement gênait la vue. En général la beauté du style d’un édifice, ou sa véritable valeur, si je puis m’exprimer ainsi , ne peut être appréciée qu’à sou vrai point de' vue, et les modernes se sont trop souvent écartés de ce principe que les anciens ont toujours

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