GRANDEUR DES PERSONNAGES. IO
respecté. Une masse , comme celle des pyramides, con* serve sa grandeur imposante , au milieu du désert, à une distance infinie ; elle la perd lorsque, vue de trop près, le regard n’en peut plus embrasser l’ensemble. Un édifice grêle au contraire, semble encore plus mesquin
quand on l’isole au milieu d’une vaste plate.
Occupons-nous maintenant , avec un horizon fictif,
' de déterminer dans le tableau d’un site quiconque la grandeur de tous les personnages qui s’y trouvent disséminés, et abandonnons cette hypothèse de la mer ou d’une plaine sans fin ,‘ que nous n’avions choisie que pour fixer les idées du peintre sur un horizon visuel tracé distinctement dans la nature.
Dans le cas d’un horizon fictif, le peintre indique sa position par un personnage que l’on voit ou que l’on suppose debout sur la base du tableau . Si les yeux de ce personnage sont sur l’horizon, le peintre a travaillé debout et sur un terrain parfaitement de niveau avec la ligne de terre ; si les yeux du personnage sont au-dessus de l’horizon, le peintre était dans un bas-fond ; s’ils sont au-dessous, le peintre était sur une hauteur, toujours relativement au niveau de la ligne de terre.
Ainsi, (fig. 44), en supposant les personnages d’une taille égale, dans la même attitude, et sans accidens de terrain : i° a t, sur la base du tableau, indique le peintre A P sur un terrain de niveau avec cette base , le spectateur voit l’horizon au niveau des yeux de chaque personnage; a° a t indique le peintre À P sur un 1er*
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z io geahdeur des rsasonsAGEs.
rain au-dessous du niveau de la base, de À B égale à ti , et le spectateur voit l’horizon abaissé au niveau de ses yeux, paraître au-dessous de la tête de chaque personnage ; 3« a t indique le peintre A P sur un terrain audessus du niveau de la base , de A B égale à t i , et le spectateur voit l’horizon élevé au niveau 3e ses yeux , paraître au-dessus de la tête de chaque personnage.
Quels que soient les plis*du terrain , l’élévation des, montagne*s , la profondeur des vallées , le bas-fond des rivières , l’abîme des ravins , la hauteur des arbres et . des édifices où l’on voudra placer des personnages , il suffira , comme dans l’exemple donné (fig. 42 ) de personnages placés à différens étages d’un bâtiment , de • déterminer le plan horizontal qui passe sous leurs pieds, et le plan horizontal qui passe sur leurs têtes, puisqu’ils seront dès lors forcément compris entre ces deux plans*
Tout se réduit donc à examiner la hauteur du plan où
ils se trouvent relativement à l’horizon , et le rapport
numérique qui existe entre cette hauteur et la stature d’un homme : cela fait , et la stature d’un homme étant donnée sur la base , ou bien en tout autre point du tableau , le reste s’en déduit sans difficulté.
Ainsi , (Gg. 45) , AP étant la hauteur d’un personnage sur la base du tableau , 3 t est la hauteur d’un personnage élevé au-dessus du niveau de la ligne de terre de trois statures d’homme, etlechêneKqui a son pied également élevé au-dessus du niveau delà ligne de terre, de trois statures d’homme , est un arbre grand de cinq statures d’homme environ : t' est un bas-fond de deux statures
GRAKDEUR SES PERSOHSAGES. I f I
d’homme au-dessous du niveau de la ligne de terre ,
et /’ i , moitié de a 1 t ’ , est la hauteur du personnage
placé en t ’ , le bateau B ayant une longueur d’environ
deux statures d’homme : a” 12, est un rocher de douze
statures d’homme au-dessus du niveau de la ligne de
terre, <”12, douzième de a” 12, est la hauteur du *
personnage placé en 12, et le sapin S qui a soii pied
également élevé , au-dessus du niveau de la ligne de
terre , de douze statures d’homme, est un arbre grand
de dix statures d’homme environ : t ’” est un bas-fond
de deux septièmes de stature d’homme au-dessous du
niveau de la ligne de terre , t ” 5 sera la hauteur du
personnage , dont la tète sera de deux septièmes de cette
hauteur au-dessous de l’horizon.
Le peintre remarquera , dans cet exemple , combien
il lui serait facile de grandir un objet en approchant sa
base de l’horizon , sans en changer le sommet ; car le • * rocher a' pourrait ainsi prendre 24 ou 48 statures
d’homme, en rapprochant sa base seulement au milieu
de a’ r, ou bien plus près encore de la ligne d’horizon,
aux deux tiers de a’ 1 .
On observera d’ailleurs qu’à raison des inégalités d’un
sol qui place quelques parties de terrain au-dessus et au-
dessous du niveau de la ligne dé terre , les personnages
debout sur ce terrain n’ont plus la tête au niveau de la
ligne d’horizon , ainsi que cela aurait lieu dans une
plaine horizontale, AP désignant la hauteur d’un. personnage debout sur la ligne de terre. Il est donc toujours nécessaire , pour déterminer la grandeur d’un
lia ÉCHELLE -UI rROPOBTÏOir.
personnage , <le connaître la position du plan où il se trouve , par rapport aù niveau de la ligne de terre.
Enûn il est d’autant plus essentiel pour un paysagiste, de déterminer ainsi la grandeur perspective des personnages , qu’il donne alors , en les plàçant- avec discernement , du relief aux accidens de terrain et une puissance d’effet, souvent difficile à atteindre par tout autremoyen.
Échelle de proportion. — Un personnage étant placé de grandeur convenable en un point du* tableau , cette dimension donne celle d’autres personnages placés au même niveau par une simple échelle de proportion qu’on trace sur le tableau en menant deux droites ^ l’une par les pieds, l’autre par la tête du personnage, et aboutissant toutes deux à un même point de l’horizon» On peut même rapporter .cette échelle en un autre point du tableau par un quart de cercle.
Ainsi, (fig. 46), AT étant la grandeur convenable d’un personnage quelconque , on mène parles pieds A, et par la tête T deux droites AF, TF qui aboutissent sur un même point F pris au hasard sur l’horizon ; toutes les verticales at comprises entre AF et TF sont perspectivement de même grandeur que AT, et ce sont les hauteurs de différens personnages , placés sur des plans plus ou moins reculés du tableau , au même niveau A , par rapport à la base du tableau , ou à la Jigne de terre ;
mais si l’un quelconque des points a indiquait d’ailleurs , *
sur le tableau , une élévation ou un bas-fond d’un niveau au-dessus ou an-dessous de celui de A , alors a t ne' serait plus la grandeur perspective du personnage , et il
ÏCHELt-E D* raOPORTIOIT. Xl3
faudrait opérer comme le montre la figure 45 , c’est-àdire, déterminer la position de ce plan a- par rapport
au niveau de la ligne de terre.
Il ne faut donc jamais oublier que cette éclielle de . proportion n’est applicable qu’aux personnages placés au même niveau , relativement à l’horizon; car on commettrait de graves erreurs si on l’employait , sans les modifications indiquées figure 45 , pour les personnages placés sur un soj inégal et très accidenté.
On rapportera l’éclielle de proportion en un autre point du tableau , par un quart de cercle TT’ faisant l’horizontale A T’ égale à AT et joignant T’ F; alors tous les at' seront perspectivement de même grandeur et représenteront les hauteurs at par des longueurs horizontales.
On sent avec quelle facilité ce que nous venons de dire pour la hauteur des personnages s’applique à celle de tous les objets de la nature , en établissant le rapport numérique qui existe entre la hauteur de ces objets et la stature de l’homme. Que l’on fixe cette stature à 2 m eu à 10“ en seront le quintuple ou le sex?
tuple , etc.
Quand on compose un tableau , il est bon , pour donner aux objets toute la grandeur que l’on veut, d’observer la position qu’occupent les pieds de ces objets par rapport à l’horizon, et leur hauteur par rapport à celle des personnages placés à ces pieds , dans un même plan vertical parallèle au tableau ; par exemple,, (fig. 47) AP étant la hauteur d’un personnage placé sur le tableau , les arbres a ’ plantés sur le terrain horizontal ad