CHAPITRE VI
DES BliOtETTES , CIVIERES, HOTTES ET CERCALS.
Il n’csi point d’instriimcns appropriés à un plus grand nombre d usage que ceux-ci, et cependant il en est peu qui soient aussi peu répandus hors de leurs localités particulières. C’est ainsi, par exemple, que les brouettes, au nombre de près de trente , sont tout-à-fait inconnues aux cultivateurs des environs de Paris, à l’exception de trois ou quatre, que l’on est forcé d’employer à des usages pour lesquels elles sont fort peu appropriées.
Les comportes, les baincs , si commodes pour transporter les liquides; les chariots et paniers à fourrages , les ccrcals , et beaucoup d’autres instrumens tellement utiles qu’on croirait impossible de s’en passer dans les pays où on a l'habitude d’en faire usage, sont restés inconnus dans les dcpartemens qui entourent la capitale, et dans la plupart des autres. On ne peut attribuer cette singularité malheureuse qu’à l’ignorance dans laquelle sc trouvent nos cultivateurs, relativement à l'existence de ces objets , et cette idée n’a pas peu contribue' à nous faire entreprendre la tâche longue et pénible que nous avons accomplie dans la publication de cet ■ouvrage.
Instrumens de transport.
i. Ècheüc-brouellc. Celte machine est très-employée en Piémont, dans le midi «le la France, et devrait l’être partout où l’on cultive le mûrier pour la nourriture des vers à soie. Elle peut avoir 10 à 1 5 pieds de longueur. Lorsqu'on s’en sert comme échelle simple , on la développe comme nous le montrons, fîg. i-B. Le barreau, a, b, sert de point d’appui aux montans c, d.
Si on n’a besoin que d’une moindre hauteur, on la ploie en échelle double, comme dans la ligure i-A. Enfin, quand la feuille de mûrier est cueillie et mise dans des sacs, on place ces sacs sur le montant, e : on saisit les bras, c, d, et on a une véritable brouette, comme dans la (ig. i. Nous ferons observer que les bouts des bras, y, g, doivent être assez longs pour que la roue, ne touche pas la terre lorsque la brouette est développée en échelle, comme dans les lig. A. R.
Dans la iig. i-C, nous montrous par un profil ruminent la roue est adaptée. Cet instrument a été perfectionné par M1NT. Arnheiter et Petit , pour l’usage des jardiniers. Voyez planche 98, fig. ti.
3. Brouette ordinaire des jardiniers. Fille est trop généralement connue pour que nous nous étendions sur son utilité. Nous nous bornerons à dire qu'elle est indispensable pour transporter la terre, les pierrailles, les raclures d’allée, etc., etc. On en fait de plus ou moins grandes, selon la force des gens qui doivent s’en servir.
3. Brouette-civière. Fille est très-utile pour transporter un grand nombre d’objets, tels que fouillée, fourrage , grands légumes, etc., etc. Elle est très-commode pour les jardiniers surtout. Les avantages que l'on doit chercher dans sa fabrication sont la légèreté, la grandeur et la solidité.
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Instrument > r/e transport.
i . Brouette parisienne. Elle est fort en usage dans les environs de la capitale, surtout chez les jardiuiers, pour lesquels elle est indispensable. Elle sc compose d’une caisse en bois léger, faisant corps avec les brancards , maintenue par des montans sur les côtés , et par trois traverses sous le fond. On l’emploie à toutes sortes de transports.
Brouette à baquet. Dans quelques provinces , on s’ en sert trèsavantageusement pour transporter la vendange et le vin. Dans d’autres, elle sert au transport de l’eau et des engrais liquides. Le baquet est ordinairement en bois de sapin, rarement en chêne, avec deux larges cercles de fer. Il est soutenu en devant par un dossier plein ; en dessous, par un plancher ou trois larges traverses ; sur ses côtes, parle crochet de fer, a, dont l’cxtrcmité sc fixe dans un anneau de fer tenant au premier cercle.
3. Brouette à six châssis. Dans les pays chauds, en Espagne , et particuliérement à Alicante , on s’en sert pour porter les vases à rafraîchir dans lesquels on transporte l’eau. Chaque châssis en contient un. Les jardiniers français pourraient s’en servir avantageusement pour transporter leurs arrosoirs, si l’on faisait éprouver une légère modification à la forme des châssis.
4. Brouette en forme de trémie. Les deux brancards sont liés par deux traverses, et soutenus par deux pieds, qui, en sc prolongeant, forment quatre montans trcs-élovcs, propres à retenir les objets légers et volumineux que cette brouette sert à transporter.
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i . Brouette à auget. Elle duit cire construite en planches de bois blanc cl léger, tels que peuplier, châtaignier, etc. Les joints doivent cire laits avec assez de soin pour que l’augel, et, puisse retenir des liquides qui n’ont guère plus de consistance que de l’eau. Elle est fort utile pour transporter la vase que l’on retire du récurage des mares, étangs, et autres pièces d’eau. Dans de certains départemens, les maçons s’ en servent pour transporter le mortier de chaux, lorsqu’il est très-délaye.
a. Brouette-civière sans pieds. On s’en sert beaucoup dans les environs de Paris, pour transporter les pierres, le bois et autres objets. Son dossier, incliné sur la roue , est soutenu par deux supports.
3. Brouette en gondole. Dans la Suisse , on en fait usage comine à Paris de la brouette des jardiniers, sur laquelle elle a l’avantage de la légèreté. Le devant et le derrière de la caisse, a, b , sont en planches légères. Le fond est quelquefois en planches, plus souvent en clayonnage, comme les côtés.
Brouette en êclisses. Elle est fort employée en Suisse , particulièrement dans le canton de Dcrnc, aux memes usages que la précédente. Sa construction est facile, cl cependant à l’avantage d’etre légère elle réunit une suffisante solidité. Quelquefois, au lien de la construire en éclisscs, comme nous l’avons figurée, on remplace celles-ci par un clayonnage en osier.
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