‹ Nouveau manuel complet des instruments d'agriculture et de jardinage les plus modernes contenant la gravure et la description détaillée des instruments nouvellement inventés ou perfectionnés, la plupart dessinés dans les meilleurs ateliers de la capitaleChapitre 4 sur 31 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Il serait toul-à-fail inutile de parler ici des avantages de l’agriculture, de l’inlluence qu’elle a sur la civilisation et les mœurs ; celte question a été tellement discutée dans tous les temps , elle est encore agitée aujourd'hui par un si grand nombre d’écrivains , qu’elle est pour ainsi dire devenue banale , et les conséquences qu'on en tire sont heureusement tout-àfait vulgaires. Mais il n'en est pas de même si l'on considère l’agriculture sous le rapport historique , et , nous devons le dire, nous ne possédons pas un écrit satisfaisant sur cette matière dont l'antiquité se perd dans la nuit des temps.

D'anciens auteurs nous ont transmis quelques détails intéressants sur plusieurs pratiques de culture , mais ils se placent à une époque où l'art agricole avait déjà fait quelques progrès. S'ils veulent remonter à son origine , ils entrent dans le domaine de la mythologie grecque, nous parlent de Gérés, de Triptolcme, et par conséquent ne nous apprennent rien de certain.

Nous en sommes sur ce point, réduits aux conjectures les plus hasardées. Cependant , je crois qu'il serait un moyen de saisir un fil conducteur pour se diriger à travers les épaisses ténèbres qui embrassent les premiers siècles: il consisterait à étudier les antiques monuments sur lesquels sont figurés des instruments aratoires, et, par la forme plus ou moins parfaite de ces instruments , nous jugerions, presque avec certitude, de l'état de l'agriculture dans l'antiquité. Le célèbre Monge a publié, sur les instruments aratoires des anciens , deux Mémoires insérés dans les recueils de l'Institut , et ces Mémoires pourraient déjà mettre sur la bonne voie.

On ne peut révoquer en doute que les hommes, avant le premier degré de civilisation, ne vécussent de fruits, de chasse et de pèche, comme font encore aujourd’hui beaucoup de peuplades sauvages. Mais la prévoyance, fille du besoin, enseigna ensuite l’art de conserver vivantes, pour les trouver sous la main dans des moments de disette , les bétes sauvages que l'on poursuivait quelquefois vainement dans les forêts , et dès-lors , avec les moins farouches et les plus faciles à dompter, on forma des troupeaux. On réunitaussi, dans un petit espace, les végétaux dont les fruits formaient la base la plus assurée de la nourriture , et l'agriculture fut inventée. Mais quel moyeu, ou plutôt quel instrument employa-t-on pour

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