CHANGEMENT DE CARTES
du doigt l’endroit C , on fait voir le trois de cœur; on baisse de nouveau la carte, et couvrant de nouveau avec le doigt l’endroit B, on tait voir l’as de cœur.
On peut changer de même l'as de pique en cinq de cœur. [Voyez l afig. 75).
Nota. Il ne faut pas se servir de cartes où l’on ait effacé ces points, attendu que la carte perd à cet endroit son poli; il vaut mieux faire faire ces sottes de cartes exprès par les cartiers; autrement on s’apercevrait facilement de cette subtilité.
Pour changer un as de cœur en as de trèfle.
On prènd deux as, un de cœur et un de trèfle; on colle un petit morceau de papier blanc bien mince sur les deux as avec de là ciré blanche. Sur l’as de cœur on peint un as de trèflé, et sur l'as de trèfle où peint un as de cœur. On montre les as à tout lé monde l’un après l'autre, et on les passe vite, afin que l’on né s'aperçoive pas qu’ils sont ajoutés. On montre d’abord l’as de cœur, et l’on dit: Messieurs, vous voyez bien que dest [as de cœùr? On tait mettre le pied dessus, et en le mettant sous le pied , on tire avec te doigt le petit papier qui est attaché sur la Carte ; on montre ensuite l’as de trèfle , et le faisant mettre sous le pied d’une autre personne qui soit éloignée de la première, on ôte aussi le papier de dessus la carte. On commande ensuite à l’as de cœur de changer de place et d’al* lét à celle de l’as de trèfle, et à l’as de trèfle d’aller à celle de l’as de cœur ; enfin on dit à celui qni a mis le pied sur l’as de cœnr de montrer sa carte* et il trouve las Je trèfle ; et celui qui a mis le pied sur t’as de trèfle trouve l’as de cœur, ce qui surprend la compagnie.
Faire changer le trois de pique eti as de pique et en as de
cœur.
Préparation. — Il faut préparer un as de coeur, en y collant! avec du savon trois points de pique, que l’on découpe le plus, mince qu’il est possible, en se servant, pour cet effet, d’une carte dédoublée, et dout on forme un trois de pique. ( Voye: ; la fig. 76.)
RÉCRÉATION
Cette préparation faite, on montré cette carte à la comp»> gnie; on reprend la carte, et on fait glisser avec le doigt le point de pique D; et couvraut avec le doigt le point de pique A (fig. 77), ou fait voir l’as de pique ; on met ensuite le doigt i l’endroit A (fig. 78), et on dit, Voilà le trois de pique revenu
t’HÔTESSE ET tES TE01S BUVEURS. 335
on fait glisser avec le doigt l’autre pique , et ou fait voir que l’as de pique est revenu (voyez fig. 79); enfin on fait glisser le pique qui couvre l’as de cœur, et 011 le fait changer en as de cœur (voyez figure So); on met ensuite cette carte sur la table, afin qu’on puisse l’examiner.
Nota. Il faut faire tous ces changements avec beaucoup de subtilité, si l’on veut que ces sortes de récréations paraissent agréables; et il vaut mieux s’abstenir de les faire que de laisser apercevoir aux autres le moyen dont on se sert pour y parvenir.
Faire trouver trois valets ensemble avec une dame, quoiqu'on ait mis un valet avec la damesyr le jeu , \tr\ valet dessous , et l’autre dans le milieu du jeu.
On ôte trois valets et une dame du jeu , que l’on met sur la table ; ensuite on dit, en montrant les trois valets: Messieurs, voilà trois drôles qui se sont bien divertis au cabaret ; après avoir bien bu et bien mangé , ils s’entre-demandent l'un Contre s’ils ont de l’argent : il se trouve que tous trois n’ont pas un sou. Comment faire? dit l’un d’eux , il faut demander encore du vin it l'hôtesse , et tandis quelle ira à la cave, nous nous enjuirons. Fous trois y consentent, appellent C hôtesse qui est la darne qu’ça montre, et l’envoient à la cave. Pour cela, vous retournez la dame sur la table; après quoi vous dites : Allons, il faut fuite enfuir nos trois gaillards. Vous en mettez un sur le jeu, un dessous, et l’autre au milieu. Notez qu’avant de faire le tour, il faut faire eu sorte que le quatrième valet se trouve dessous ou sur le jeu de cartes. L’bôtesse étant de retour, et ne trouvant pas ses trois gaillards, se met en état de courir après. Faites-la donc courir, dites-vous ; noyons si elle pourra attraper nos trois drôles. Pour cela, vous la mettez sur le jeu; après quoi vous donnez à couper à quelqu'un de la compagnie. U est certain qu’en jetant les cartes les unes après les autres, ou trouvera trois valets avec ia dame, ,
• <■ L’hôtesse et les trois buveurs.
On met secrètement un des quatre valets au-dessus du jeu ; on prend les trois autres et une dame que l’on met sur la table; montrant ces trois valets, on dit : Voilà trois drôles qui se sont bien divertis, et ont bien bu au cabaret, mais qui n'unt pas d'argent pour payer; ils complotent ensemble de s’enfuir sans payer C hôtesse que voilà (on montre la daiueï; à cet effet , ils lut disent d’aller chercher du vin à ta cave , et pendant ce temps-là.
33 6 la carte dans la poché.
ils s'enfuient chacun de leur côté (on met alors un des valets aii-» dessus du jeu , un autre au-dessous, et le dernier an-milieu du jeu). L'hôtesse étant de retour , et ne les trouvant plus , veut courir après eux (on met la dame au-dessus du jeu), et elle rattrape mes trois gaillards. On bit couper et remarquer que la dame se trouve avec les trois valets.
Nota. Comme il se trouve un valet qui n’est pas de la couleur de ceux qu’on a fait voir, il faut reformer le jeu aussitôt qu’on a laissé apercevoir cette dame avec les trois valets.
, Les quatre as indivisibles.
Otez et étalez sur la table les quatre as d’un jeu de cartes, et tenant le jeu de votre main gauche , enlevez adroitement, avec la main droite, trois cartes de dessus ce jeu, et les tenez cachées sous ia main droite ; mettez ensuite oes quatre as audessus dn jeu . et en prenant le jeu, remettez au-dessus d’eux les trois cartes que vous tenez cachées dans votre main : ôtez ensuite les quatres cartes qui se trouvent au-dessus du jeu, et mettez-les sur la table sans les découvrir, excepté la quatrième, qui est un des as , et que vous laisserez même tomber à terre , afin de donner le change , et que l’on croie plus fermement que ces quatre cartes sont effectivement les quatre as. Faites mettre un de ces as au-dessus du jeu, et les trois autres dans les endroits de ce jeu qu’on voudra (cependant il ne faut pas les laisser mettre parmi les quatre as qui sont alors au-dessus du jeu); et faisant alors sauter la coupe, vous ferez voir qu’ils se trouvent encore tous les quatre ensemble, au milieu du jen.
La Carte dans la poche.
Cette récréation ne peut se faire qu’en s’entendant avec une personne qui a été prévenue à l'avance de la carte qne l'on a retirée a un jeu et mise dans sa poche; on présente le jeu à cette personne (ou l’on suppose ici qu’on a ôté la dame de cœur), et on lui propose de regarder et penser une carte: on lui fait remettre elle-même le jeu sur la table, et ou lai demande quelle est la carte pensée ; elle nomme celle dont on est convenu ; on lui remet le jeu en main, en feignant d’en escamoter une carte, et on lui dit: Votre carte n’est déjà pins dans le jeu; alors cette personne examinant le jeu, dira : Effectivement ma carte ne s’y trouve plus ; alors on la tirera de sa poche en disant; Elle ne doit pas y être, puisque la voici dans votre poche.