‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 144 sur 173 · LES VEUX PORTEFEUILLES MAGIQUES · texte numérisé non relu

LES VEUX PORTEFEUILLES MAGIQUES

Les deux portefeuilles magiques.

Deux cartes librement choisies, ayant été renfermées dans deux endroits séparés, les faire passer réciproquement de l’un dans l’autre. ,

Préparation. — Coupez deux morceaux de carton A et B, d’égale grandeur et de 8 1 millimètres (3 pouces) de largeur, sur g5 millimètres (3 pouces 171) de longueur : piacez-Jes l’un < à côté de l’autre, comme l’indique la figure 95; ayez du ruban de soie fort étroit, et ajustez-en une bande vers le bord du carton A, depuis C jusqu’en E, et une autre depuis D jusqu’en F, de manière quelles excèdent ce carton, afin de pouvoir les reployer par les deux bouts, et les coller au revers du carton A aux endroits C et D, et au revers du carton Ë aux endroits E et F. Prenez deux autres bandes et les placez de même sur le carton Ë, en les reployant sur le revers de ce même cartou aux endroits I et L; et au revers de celui A aux endroits G et H. Cette première opération étant faite, si vous reployez ces deux cartons l'un après l’autre, cela formera une espèce de portefeuille , dont un des côtés fera toujours charnière lorsqu’on Touvrira de l’autre.

Mettez quatre petites bandes de ruban aux quatre extrémités des côtés M N QR de ces deux cartons, en observant qu’elles

{lassent en-dessous des bandes que vous avez déjà mises ; cotez de même leurs extrémités aux revers de ces cartons ; garnissez aussi de ce même ruban les deux côtés O et P du carton B. Ces six dernières bandes ne servent point au jeu de ces cartons, et sont ajoutées afin que chacun d'eux paraisse également bordé de ruban.

Ayez deux papiers taillés de même que l'enveloppe d’une lettre dont la grandeur soit telle qu’elle couvre en entier les deux rubans GI et HL, ainsi que l’espace contenu entre eux; àppliquez-en un, et le collez seulement sur ces deux rubans; collez et appliquez l’autre au-dessous de celui-ci, de façon que le dessus de ces deux enveloppes soit appliqué l’un sous l'autre, et qu’elles renferment et masquent exactement ces deux rubans. Ayez un deuxième portefeuille semblablement construit, et couvrez-les tous deux d’un papier de couleur du côté où les rubans sont collés et reployés.

Effet. — Le tout étant ainsi ajusté, si vous ouvrez ce portefeuille d'un côté ou de l'autre, on verra toujours une de ces enveloppes ; et comme elle paraîtra adhérente à un des côtés, il sera naturel de croire qu’il n’en contient qu’une.

LE PETIT CÜLBÜTEÜR.

RÉCRÉATION

Ayant secrètement renfermé une carte dans chacune des enveloppes de ces deux portefeuilles, prenez un jeu et faites tirer forcément, à deux différentes personnes, deux cartes semblables à ces premières; présentez ensuite le premier portefeuille ouvert à la personne qui a tiré une carte pareille à celle qui a été insérée dans la deuxième, et dites-lui de l'insérer dans l’enveloppe qui se trouve vide; reprenez le portefeuille, et, en le posant sur la table, retournez-le subtile* ment. Faites mettre pareillement dans l’enveloppe vide dix deuxième portefeuille la carte tirée par la deuxième personne, et reuiettez-le de même sur la table; proposez ensuite de faire réciproquement passer ces cartes d’un portefeuille dans l’autre, et ouvrez les afin que chacune de ces personnes, en déployant elle-mêoie l’enveloppe, eu tire celle que l’autre y & insérée.

Le petit culbuteur.

AB (fig. 96) est une petite pièce de bois creusée et un peu coudée en forme d’S vers les deux extrémités A et B ; elle est fermée exactement de tous côtés, et divisée intérieurement en deux parties par une traverse où l’on fait quelques petits trous pour laisser passer un peu de vif-argent qui doit couler assez promptement du côté A au côté B, et de celui B au côté A, selon la position où cette pièce se trouve placée : elle doit servir encore à former extérieurement le corps d’une figure représentant un petit sauteur dont la tête est en B.

Vers C sont ajustées de part et d’autre (fig. 9-) deux petites poulies de bois, fixées sur un axe, qui traverse cette figure à l'endroit des épaules, sans entrer dans celui où la pièce ci-dessus a été creusée; les bras D de cette figure sont collés sur ces poulies; il faut qu’ils soient très-légers, et les mains doivent être fort larges et plates, afin que la figure puisse se tenir en équilibre (fig. 97). Un fil de soie fixé sur chacune de ces poulies passe au travers d’un trou fait à une petite éminence de bois ajustée vers D, d’où passant par-dessous l'habillement de la figure , ils se réunissent vers A, et sont attachés ensemble à une petite traverse A qui joint ensemble ses deux jambes (fig. 98); ces fils de soie sont retenus par une petite cheville, afin de pouvoir les rallonger ou les raccourcir selon qu’il est nécessaire pour le mouvement ci-après : les jambes F sont mobiles en A, et fixées sur un axe qui traverse le corps de la figure.

tES frETÎTS PILIERS» 383

Éffet. — Cette figure ainsi construite étant placée dans la situation (fig. 96), c’est-à-dire au haut d’un gradin composé de plusieurs marches, dont la hauteur doit être proportionnée à la grandeur, le vif-argent qui coule vers B, fait, par sa pesanteur, baisser la tête de cette figure, dont les bras servent alors de point d’appui, et elle s’élève droite sur ses mains : ce mouvement raccourcissant les fils de soie, les pieds se penchent vers G (fig. 99), et alors leur pojds et celui du corps de la figure étant plus pesants que le mercure, en ce qu'ils sont plus éloignés que lui du point d’appui B, ils viennent se poser sur la deuxième marche H de ce gradin ; aussitôt qu’ils y sont placés, le vif-argent descendant vers A fait pencher les bras et le corps de la figure, et elle se pose alors sur cette marche H (fig. 99) dans la même position qu'on lui avait donnée d’abord sur la première marche ; elle recommence cette manœuvre en retombant sur la troisième, marche 1 et de cette marche sur la table K où ce gradin est placé ; et comme elle se trouve alors sur ces pieds, elle fait encore une culbute sur la table, où enfin elle reste couchée. Si l'on veut qu’eu finissant ses sauts elle se trouve debout, il suffit de mettre une petite planchette un peu inclinée à quelque distance de la troisième marche.

On construit la boîte qui renferme cette figure de façon qu’elle serve à former le gradiu sur lequel elle fait ses petits exercices. La marche I sert de tiroir pour la renfermer, et la pièce L pour couvrir la boîte en la retournant sens dessus dessous.

Nota. Quoique celte pièce ne soit en quelque sorte qu’un jouet d’enfant , la mécanique en étant fort ingénieuse, on a cru qu’on en verrait ici avec plaisir la description.

Les petits piliers.

Construction. — Faites tourner deux petits piliers A et B (fig. 100) qui soient percés dans toute leur longueur, c’est-àdire depuis A jusqu’eu B : percez-les encore sur le côté vers C et D, afin de pouvoir y introduire un cordon qui communique de l’un à l’autre par les deux trous C et D. (Voy. celle figurt.) Introduisez vers E et E un petit bout de ce même cordon, en sorte qu’il semble que ce soit le cordon ci-dessus (que vous supposez passer de C en C) qui soit coupé.

RÉCRÉATION

Ces deux petits piliers étant appliqués l’un auprès de l’au-

384 iNTÉtUGENCS AVEC ONE PERSONNE ENFERMEE.1

tre, on les joint par les côtés B, et tirant le cordon vers F et le ramenaot vers 6, on donne à présumer qu’il passe à travers les endroits A et A ; on feint ensuite de le couper entre ces deux endroits, et ou fait voir les deux petits bouts de cordon E et £ : ou applique de nouveau ces deux piliers l’un contre l’autre, et on suppose que le cordon s’est repris à l’endroit qui a été coupé.

Faire paraître à une personne enfermée dans une chambre , ce que quelqu'un désirera.

Cet amusement se fait par intelligence avec une personne de la compagnie.

Convenez secrètement, avec une personne de la compagnie, que lorsqu’elle sera enfermée dans une chambre voisine, et tfu’elle vous entendra frapper un coup, cela lui désignera la lettre A; que si vous en frappez deux, ce sera la lettre B, et ainsi de suite selon l’ordre des vingt-quatre lettres de l’alphabet ; proposez ensuite de faire voir à la personne qni voudra s’enfermer dans une chambre voisine, tel animal qu’une autre de la compagnie désirera; et, afin qu’un autre que celui avec lequel vous vous entendez ne vienne à s’offrir, annoncez qu’il faut que celle qui va y entrer soit bien hardie, sans quoi elle ne doit pas s’y exposer. La personne convenue s’offrira; alors, ayant allumé nue lampe qui répande une clarté lugubre., donnez-la lui eu lui disant de la mettre au milieu de la chambre, et de u’avoir aucune frayeur de ce qu’elle verra. . > • .

La personne étant enfermée dans la chambre, vous prendrez un carré de papier noir , avec un morceau de crayoa blanc, et vous proposerez à une personne d’y écrire lè nom de l’animal quelle vouhaite qu’on voie : vous reprendrez ce papier pour le brûler à une lampe, et vous mettrez sa cendre dans nu mortiet sur lequel vous jetterez une poadre à laquelle vous attribuerez beaucoup de vertu; vons lirez ce qni aura été écrit, qu'on suppose ici être un coq : alors, prenant un pilon, comme pour triturer le tout dans un mortier, vous frapperez trois coups pour désiguer à la personne cachée 4a lettre C, et vous ferez ensuite quelques roulades avec le pilon, pbùt l’avertir qu’il n’y a plus de coup à donner ; vous recommencerez ensuite à frapper quatorze coups pour désigner la lettre O, et vous répéterez la roulade , et ainsi de suite : vous demanderez alors à la personne ce qa’eüe voit ; elle ne ré-

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