‹ Nouveau manuel complet des sorcier ou La magie blanche dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique par m. ComteChapitre 150 sur 173 · HOMMES ET BETES MECANIQUES · texte numérisé non relu

HOMMES ET BETES MECANIQUES

demande la carte choisie, la fait passer subitement sons le jeu, et y substitue celle qu’il vient de préparer, et qu’il brûle* à la place de la première. Quand le pistolet est entièrement chargé, il le prend sous prétexte de montrer comment il faut le manier ; il profite de ce moment pour ouvrir une coulisse qni s'y trouve sous le canon ; le clou lui tombe daus la main par sou propre poids ; et, faisant ensuite glisser la coulisse sur cette ouverture, il l’assujettit et la fixe en cet endroit, pour qu’ou ne s’aperçoive de rien. Il choisit alors un prétexte pour retourner à son cabinet, et apporter la carte et le clou à sou compère. Celui-ci s’empresse de la clouer sur un morceau de bois qui sert à boucher hermétiquement un trou pratiqué dans la cloison et la tapisserie, mais qu’on ne voit point, parce qu’il est couvert par un morceau de tapisserie pareil. Par ce moyen, la carte qu’on vient d’appliquer au mur ne paraît point encore; le morceau de tapisserie qui la couvre est faiblement attaché d’un côté avec deux épingles, et de l’autre il tient à un fil dont le compère a un bout dans la main* Aussitôt que celui-ci entend le coup, il tire le fil pour faire passer rapidement le morceau de tapisserie derrière une glace ou ailleurs. La carte paraît, on la décloue : il est clair que le morceau déchiré s’adapte parfaitement à la carte, et le clou est reconnu le mépae par celui qui l’a marqué,

Hommes et Bêtes mécaniques.

On Ht dans le Journal des Savants (année 1680), la description d’un cheval artificiel capable de faire dans une plate campagne 3 myriamètres 172 à 4 myriaraètres (7 à 8 lieues) par jour. On y trouve aussi (aunée 1 683) une figure humaine et une statue de fer, inventée par un prisonnier, laquelle étant sortie de la prison, alla, par plusieurs dé tours,’ présenter à genoux une requête au roi de Maroc dans son palais. Sans parler de la tête construite par Albert-le-Grand, laquelle, diton, proféra quelques paroles, ni celle de Vaucanson, si connue de tous les mécaniciens, nous dirons que l’art a fait des serpents qui sifflaient, des pigeons et des oiseaux- qui volaient (Gellius, liv. 10). On trouve dans l’ouvrage intitulé Maqia unwersatis , qu’un artiste avait fabriqué un vase ayant une figure humaine, laquelle allait d’elle-même, sur la table, verser du vin aux convives. Le P. Schntt dit qu’il a vu, »° un petit lézard de çartoa qui.se promenait, montait, descendait

!$00 LE JOÜEUR d’ÉCHECS.

sur la surface d’une colonne ; a0 des hommes mécaniques qni exerçaient des professions diverses avec tant de dextérité qu’on les eût crus animés ; 3° une jeune fille automate jouant très-bien du luth, chantant et dansant en mesure, et faisaut ensuite une révérence à la compagnie. L’on a vu aussi un canard fuyant devant un chien, et plongeant à plusieurs reprises dans l’eau, et le chien plongeant eu même temps et le saisissant; des cygnes allongeant le cou et s’enfonçant dans l’eau comme pour pécher, etc.

Nous allons faire connaître les automates ou androïdes les plus connus.

Le joueur d Echecs.

La construction de machines capables d’imiter les mouvements du corps humain exige, de la part du mécanicien, l’habileté la plus grande. M. de Rempeien, de Presbourg en Hongrie, est parvenu à exécuter un audroïde capable de jouer aux échecs. Tous ceux qui connaissent tant soit peu le jeu dont il s’agit savent bien aussi que ce n’est pas un jeu de hasard, et qu’il exige de la part des joueurs une tension d’esprit beaucoup plus grande, un effort de raison et déjugeaient plus paissant que bien des choses qui ont plus d’importance en elles-mêmes. L’inventeur vint en Angleterre en 1785, et exposa sou automate à l'admiratiou d’un an. A sa mort, M. Maelzel s’en porta de nouveau en te pays, en 1 8 1 ration non moins grande, non moins générale, malgré les progrès immeuses qu’avait faits la science de la mécanique pendant l’intervalle.

Dans la salle d’exposition se trouvait une autre petite salle en amphithéâtre, où l’on voyait assis un turc, grand comme nature, habillé à l’orientale, et devant lui un coffre de 1 mètre i3 7 millimètres (3 pieds 1/2) de loug, 620 millimètres (a pieds) de large et 812 millimètres ( 2 pieds 1/2) de haut. L’automate communiquait à ce coffre par le siège sur lequel il était assis. Le coffre était posé sur quatre roulettes, et on pouvait le transporter, ainsi que l’androïde, dans toutes les parties de la chambre. .

Au centre de la surface supérieure du coffre se trouvait un échiquier fixe, de grande dimension, sur lequel l’automate semblait fixer les yeux. Sa main et sou bras droits étaient étendus sur le coffre, taudis que son bras gauche, un peu

des curieux pendant plus rendit acquéreur, et l’apq, où il excita une admi-

LE fOUECn d’échecs* 4oi

élevé, semblait soutenir une pipe turque qui avait autrefois été placée daus sa main droite.

La personne chargée de montrer cette pièce mécanique curieuse commençait par la rouler à l’entrée de l’amphithéâtre où elle était placée, vis-à-vis des spectateurs. Elle ouvrait ensuite certaines portes pratiquées dans le coffre, deux devant, deux derrière, et tirait un tiroir long et profond qui contenait les échecs, un coussin pour le bras de l’automate, et quelques jetons. Elle ouvrait encore deux tiroirs plus petits et un rideau ou écran de drap vert pratiqués dans le corps de l’automate et à sa partie inférieure, après avoir relevé la robe turque qui les recouvrait; de cette manière elle montrait la construction de la figure et du coffre, et rendait leur intérieur visible, en y plaçant une lumière.

Le coffre étant divisé en deux compartiments par une cloison, celui de droite était le plus petit ; il occupait à peine ua tiers de la capacité du coffre. Il était rempli de petites roues, de leviers, de cylindres, et de toutes les parties du mécanisme des ouvrages d'horlogerie. Le compartiment à gauche de la figure contenait deux roues, de petits barillets avec des ressorts, et deux quarts de cercles placés horizontalement. Le corps et la partie inférieure de la figure contenaient des tuyaux qui semblaient servir à transmettre le mouvement. Après un espace de temps, employé par les spectateurs à satisfaire leur curiosité et à lever tous leurs doutes par l'évidence, on fermait les portes et les tiroirs, on faisait quelques arrangements dans le corps de la figure, on remontait les mouvements placés dans le coffre, en insinuant la clef dans une petite ouverture pratiquée dans la paroi, et on plaçait le coussin sous le bras gauche de l'automate qui s’appuyait de ce côté.

En jouant une partie, l’automate choisissait les blancs; c’était aussi lui qui commençait à jouer. U jouait avec la maiu gauche , et sa droite restait constamment fixée sur le coffre. Ce léger défaut provenait de l’inadvertance de l’inventeur, qui ne s’aperçut de sa méprise que lorsqu’il ne fut plus temps de la réparer. En commençant une partie , la figure faisait un mouvement de tête , comme pour examiner si tout était en ordre ; le même mouvement se renouvelait à la fin de la partie. Pour pousser une pièce, il levait lentement le bras gauche de dessus le coussin, et le dirigeait vers la case de la pièce qu'il voulait jouer ; après le mouvement , le bras retournait

'4oa LE JOUEDR D’ÉCHECS.

à sa position naturelle sur le coussin. Il ouvrait la main et les doigts pour prendre la pièce, et la portait avec soin à là case nouvelle ou à toute case qu’on proposait. Les tnouvejnents étaient exécutés avec la plus grande perfection, et l'indécision qui régnait dans le mouvement du bras , et les précautions qu’il semblait prendre , surtout lorsqu’il s'agissait de l’opération délicate dérocher, semblaient être le résultat de la réflexion ; lepauie, lè coude, les jointures se prêtaient avec facilité à toutes les positions; il évitait soigneusement de toucher une pièce autre que celle qu’il voulait jouer, ou qu’il avait jouée.

Eu faisant un échec au roi, il remuait la tête pour avertir son adversaire. Quand celui-ci faisait un faux mouvemeut, ce qu’on essayait fréquemment pour observer la conduite de l’automate, par exemple, si on faisait marcher un cavalier comme une tour, l’automate frappait avec impatience sur le coffre, replaçait le cavalier sur sa case, et sans permettre à son adversaire de jouer une autre pièce, il jouait lui-méme comme pour le punir de son inattention.

On avertissait l’adversaire de l’automate de faire grande attention de placer bien exactement au centre de la case,' car -• on aurait risqué de causer la rupture du mécanisme délicat des doigts de l'automate, lorsqu’il aurait cherché à enlever la pièce mal posée. Si l’adversaire hésitait longtemps pour jouer, il frappait fortement sur le coffre avec la main droite, ponr témoigner son impatience. 1 • ‘

Pendant que l’automate faisait nn mouvement, on entendait le bruit d’un mécanisme d’horlogerie, qui cessait bientôt après que le bras était replacé sur le coussin. On remontait le mécanisme après une donzaiue de mouvements; pendant la partie, la personne chargée de montrer l’automate se promenait dans la salle, et cependant s'approchait de temps en temps du côté droit. On a pensé que l’automate ne pouvait jouer sans que M. de Kempelen ou Son remplaçant fût présent et dirigeât les coups ; mais il est certain que tout le mystère était dans le coffre, et qu’il ne pouvait y avoir d* compérage sous le parquet, puisque le propriétaire manifesta sa volonté de faire voir sa figure dans des maisons particulières. •

Lorsqu’on avait affaire à un joueur inattentif, qui, sur sa négligence à poser les pièces immédiatement au centre de leurs cases, faisait appréhender que quelque accident arrivât au mécanisme, ou prenait la précaution de lui donner nn

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