DIVISION, OD BRANCHES DIVERSES
Cette science serait-elle même exacte, que nous ne voyons pas les avantages qui auraient pu en résulter pour les hommes* en général, de connaître leur avenir, puisqu’ils ne pourraient point aller contre les lois du destin; tandis qu’ils ne pourraient y trouver au contraire qu’une source de chagrins prématurés, quand un avenir sinistre les attendrait. En effet, quel plaisir auraient eu à connaître leur destinée, Socrate, Phocion* César, Pompée, Charles Ier, Henri II!, Henri IV, Louis XVI* et tant d'autres infortunés dont les noms sont inscrits sur les pages sanglantes de notre histoire? Si l’astrologie judiciaire n’était point un art trompeur," ce serait une connaissance malheureuse, en général. Quoi qù'en dise Hérodote, qui en attri* hue l’invention aux Egyptiens, tout atteste, et surtout son nom de science chaldaique, quelle avait pris naissance dans la Chaldée. Bérose et Eupolèroe, au rapport d’Eusèbe, l’éfttri» huent même à Abraham, tandis que, suivant Suidas, Zoroastra et Ostanès eu ont été les inventeurs.
Parmi les Grecs, Chiion, lacédéruonien, passe pour le premier qui se soit appliqué à l’astrologie judiciaire. Il soutenait que le chaud, l’humide, le froid et le sec, sont les qnatre qualités dont le mélange différent fait toute la diversité des tempéraments des hommes ; que lechand et l’humide servent à la génération, et le froid et le sec à la destruction du corps^ que ces quatre qualités sont disposées dans les hommes suivant les influences célestes; que le soleil est le principe de la chaleur, et la lune le principe de l’humidité ; et que, suivant la disposition dé ces deux grands luminaires dans le moment de la naissance de l’enfant, il apporte an monde le ferment de la maladie qui doit détruire sou composé , ou lui causer de temps en temps des altérations. L’on voit que dès le principe l’astrologie judiciaire fut, pour ainsi dire, une superstition médicale; mais on ne s’en tint pas longtemps à cet unique bat, on y rattacha bientôt les prédictions générales sur tous les sujets, et toujours d’après lés influences célestes. Nous allons donner une idée de l’influence de ses corps célestes sur le cotps humain. D’après la tradition des Arabes, le Soleil préside àil cerveau, au cœur, à la moelle des os et à l’œil droit ; Mercure, à la langue, à la bouche, aux mains, aux jambes, aux nerfs et à l’imagination; Saturne, à la rate, au foie, à l’oreille droite^ Jupiter, au nombril, à la poitrine, aux intestins; Mars, au sang, aux reins, au chyle, aux narines^ aux passions; Véuu$ à la génération, à la chair, à l’embonpoint; la Lune, sur tous
les membres, mais principalement sur le cerveau, le poumon, l'estomac, l’œil gauche et la croissance.
D’après cela, Buxtorf assure que le naturel de chaque homme est en rapport direct avec la planète sous laquelle il a pris naissance. Ainsi, celui qui est né sous la domination du soleil, est beau, franc, généreux; celui qui a été dominé par Vénus, est riche et lascif ; par Mercure.il est adroit, intelligent et doué d’une excellente mémoire; par la Lune, il est valétudinaire et inconstant; par Saturne, infortuné; par .Jupiter, équitable et célèbre; par Mars, heureux et vaillant. Les cou* leurs même appartiennent à différentes planètes :
Le noir, à Saturne.
Le bleu, à Jupiter.
Le rouge, à Mars.
La couleur d’or, au Soleil.
Le vert, à Vénus.
Le blanc, à la Lune.
Les couleurs mêlées, à Mercure.
Voici la manière de tirer l'horoscope d’un enfant nouveau né; supposons que ce soit sous la domination du Soleil. Suivant les astrologues, la progression que fait cet astre depuis le moment de la naissance de l’enfant, fait, jour par jour, la principale détermination de sa fortune pour chaque année. Ainsi un enfant venant de naître à une heure et dix minutes après-midi, l’on dresse sa figure rjénèthliaque sur ce moment ; c’est la racine de sa vie, et la figure générale qu’il faut suivre pour toujours. Mais si l’on dresse la figure de l’état auquel le soleil et toutes les planètes se trouvent le lendemain à la inéihe heure, cette seconde figure combinée avec la première, qui est toujours la principale, désignera la fortune de la seconde année de la vie de l'enfant. Si l’on continue ainsi de jour en jour, l’ou obtiendra le rapport de ce que désignera la figure de chaque jour à chaque année qui lui répond. Nous ne pousserons pas plus loin l’examen de ces doctes rêveries, qui, de tous temps, ont trouvé de nombreux sectateurs et des critiques éclairés, lesquels ont démontré, par des faits sans répliques, l’absurdité des prétentions des astrologues : parmi ces critiques, l’on voit figurer le célébré Jean Pic, comte de la Mirandole. Maintenant que la saine raison et les progrès des sciences on fait justice de ces niaiseries, chercher à les réfuter, ce Serait prendre la massue d’iiercule pour tuer une puce.
Les premiers astrologues étaient en même temps médecins^
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et lorsque, dans des siècles de barbarie, certains liommes firent leur unique étude de chercher un remède universel pour nos maux, et la pierre philosophale, ce nouveau genre de folie rattacha intimement ses adeptes à l’astrologie judiciaire, et l'alchimie devint dès-lor$ un art à la mode, qui ne tarda pas à donner naissance à des charlatans et à des fourbes qui abusèrent souvent de la crédulité publique, et qui possédant, disaient- ils, le secret de faire de l’or, vous demandaient un écu en vous promettant leur secret. L’on connaît le trop fameux Cagliostro, l’influence qu’il exerçait sur le faible cardinal de Rohan, et les suites terribles qu’eut cette liaison alchimique. Nous croyons inutile d’en citer d’autres exemples. Nous nous bornerons donc à dire qu’il y eut un grand nombre d’alchimistes de bonne foi qui mangèrent leur fortune à la recherche du grand œuvre, et qui, s’ils ne trouvèrent ni le remède universel, ni la pierre philosophale, firent du moins une infinité de découvertes qui ont contribué puissamment aux progrès de la chimie. Nous ne disconvenons point que les variations atmosphériques, les observations astronomiques ont pu et peuveut présager les vents, la pluie, les orages ou le beau temps ; mais il serait absurde de rattacher ces faits à l’astrologie, qui cependant s’en est emparée pour établir ses jongleries h l’abri de ces vérités.
Axinomancie. . ■
Divination par la hache. Ou plaçait cet instrument en éqnh libre sur uu pieu rond ; après quoi l’on prononçait les noms suspects. Quand la bâche faisait quelque mouvement, lors de la prononciation d’un de ces noms, c’était la preuve évidente que c’était celui du coupable.
Bélomancie.
Divination par les flèches ; ce mode était fort en usage dans l’Orient, suivant Mac Paul. Ezéchiel dit que Nabuchodonosor se servit de cette divination pour counaître l’événement de la guerre qu’il faisait aux Juifs.
Voici la manière dont saint Jérôme dit qu’on pratiquait cette divination : on mettait dans un carquois, confusément, des flèches sur lesquelles les noms des villes ennemies étaieilt écrits; on les tirait au sort, et la ville dont le nom était sur la première flèche tirée était aussi la première dont on faisait le siège. Les Turcs, au rapport de Thévenot, cherchent à deviner 1’évéaement d’une guerre de la manière suivante : ils
DES 6CIESCES OCCDLtâs. 3t
prennent quatre (lèches qu’ils placent deux à deux et contre les pointes ; ils attachent à deux de ces (lèches la destinée de leurs armes, et aux deux autres celle des armes de leurs enuemis. lis placent ensuite sur un coussin une épée nue, et lisent un certain chapitre de l’Alcoran. Iis poussent ensuite ces (lèches les unes contre les autres, et celles qui montent sur les autres sont pour eux le présage de la victoire pour le parti quelles représentent.
D’autres peuples se contentent de prendre trois flèches. Ils écrivent sur l'une. Dieu, l’ordonne, sur l’autre, Dieu le défend ; et rien sur là troisième. Iis tirent ensuite l'une de ces (lèches, et se conforment à ce qu'indique l’écrit qu’elle porte ; si c’est celle qui n’en a point, c’est une preuve que l’entreprise doit être différée, et soumise, dans un autre temps, à une nouvelle épreuve.
Botanomancie.
Divination par les plantés. Cette partie devrait exiger des connaissances en histoire naturelle, si elle était basée sur l’observation des phénomènes que présentent certaines plantes. L’on sait qu’il est des fleurs qui ont aussi la propriété d’annoncer le changement de temps. Ainsi, le souci d’Afrique peut être regardé comme un baromètre végétal par la propriété dont il jouit d’annoncer la pluie ou le beau temps ; le jour sera pur et serein si sa fleur s’épanouit de bonne heure t si elle reste fermée après sept heures du matin, on aura de |a pluie. La fleur du laitron de Sibérie reste ouverte toute la nuit la veille des jours de pluie; mais ces plantes ne sauraient indiquer IeB jours d’orage , tandis que les trèfles et l’oxalis replient leurs feuilles quelque temps avant les tempêtes, etc. Nous pourrions multiplier ces curieuses observations si elles ne nous écartaient pas de notre but.
Nous devons ajouter que la floraison de certaines plantes annonce l’époque de l’année à laquelle on se trouve, à cause de la différence du degré de température qu’elles exigent pour fleurir et fructifier. Ainsi, l’on voit des végétaux qui né sont en fleur que pendant la rigueur de l’hiver, et d’aütres pendant les chaleurs de l'été, etc. Ces faits ont été fort Lien observés par les botanistes, et l’un d'eux, M. de Lamark, en a recueilli quelques-uns pour en former son calendrier de Flore que nous allons faire connaître à la page suivante.
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